Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Albucius

Pascal Quignard Paris, Éditions P.O.L., 1990, 240 p.

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« Ce livre exhume un trésor composé de romans érotiques romains non pas inconnus, mais abandonnés dans le mépris ou l’ombre pour des raisons morales, esthétiques et scolaires. Pascal Quignard reconstitue cinquante-trois d’entre eux. Ce sont les Mille et une nuits du monde romain sous la dictature de César et au début de l’empire. La vie de Caius Albucius Silus – la vie du plus grand et du plus singulier des romanciers d’alors – sert de conte-cadre. Albucius était un citoyen milanais ombrageux, passionné par un vieux compotier de chêne, qui faisait des lieues en litière pour contempler un marabout ou un rhinocéros, qui aimait les choses sordides, qui collectionnait les natures mortes de Peiraikos et qui buvait du lait de femme chaque matin.

Ces cinquante-trois intrigues judiciaires, rudes, sanglantes, sexuelles, déclamatoires peuvent tour à tour être rapprochées des grands dialogues de Pierre Corneille, des romans noirs de Donatien de Sade, ou de la poésie objectiviste de Charles Reznikoff. » (Présentation de l’éditeur)

Documentation critique

GUYON, André, « Vers le matin du monde : Albucius, de Pascal Quignard », Cahiers du Cerf, no 20 (1994), p. 70-82. +++ Article de revue

CHAZAUD, Olivier, « “Le désir d’être Homère” : Quignard, Albucius et la question du tiers », dans Jacques POIRIER, Gilles ERNST et Michel ERMAN (dir.), Écriture de soi et lecture de l’autre, Dijon, Éditions Universitaires de Dijon, 2002, p. 143-151. +++ Chapitre de collectif

LALVÉE-LAURENT, Brigitte, « Pascal Quignard et les fantasmes d’Albucius », Critique, vol. 47, no 527 (avril 1991), p. 276-297. +++ Article de revue

###« L’infance de la langue latine désigne un état beaucoup plus brut, traumatiquement augural, que l’enfance du français. In-fans, “qui ne parle pas” ; in-fantia, “incapacité de parler” : à partir de l’étymologie du mot, c’est-à-dire d’une première figure de l’origine subsidiaire, Quignard met en travail la notion, jusqu’à la transformer en une sorte de prototype mythique : celui d’une cinquième saison : prêtée-empruntée à Albucius, véritable fiction de la “pré-origine” qui le hante, elle-même modèle ou principe de toute fiction, de toute création, de toute retrouvaille avec une jouissance. » (Extrait, p. 276) ###

DEMANZE, Laurent, « Le roman contemporain : filiation et généalogie, l’archéologie de soi : Pierre Bergounioux, Gérard Macé, Pierre Michon, Pascal Quignard », thèse de doctorat, faculté des lettres modernes, Université Charles de Gaulle (Lille 3), 2004, 561 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« Entre inquiétude et mélancolie, le récit français contemporain interroge les figures de l’ascendance. La littérature contemporaine procède en effet du douloureux sentiment d’une défection des origines. Si bien que le récit contemporain tente en vain de dresser la cartographie des emblèmes déchus de la filiation, à rebours d’une modernité qui multiplie les figures du désuet et du révolu. Affronté à un passé manquant, le sujet contemporain ausculte les traces enfouies d’une ascendance, qui font de son identité une identité plurielle. Pour cela, le sujet reconduit dans l’inflexion de son existence les courbures de la vie de ses ancêtres, mais c’est alors une répétition qui déplace les perspectives, et renverse l’obscurité des existences en accomplissement narratif. Ainsi, le sujet se sent mélancoliquement endetté par un passé obsédant dont il lui faut cependant faire son deuil, entre trahison et transfiguration d’un autrefois inaccompli. » (Résumé joint à la thèse) ###

PRÉTA-DE BEAUFORT, Aude, « Albucius de Pascal Quignard : une histoire de famille », La licorne, no 86 (2009), p. 195-208. +++ Article de revue

###« Si […] Albucius peut a priori compter parmi les “fictions d’histoire littéraire”, comment comprendre ce recours à l’Histoire et à l’histoire littéraire de la part d’un écrivain qui ne cesse d’en réaffirmer le refus ? La fiction est-elle le moyen d’une histoire littéraire “de contrebande” ? Ne serait-ce pas plutôt que la fiction, chez Quignard, a besoin de s’abriter sous l’Histoire, qu’elle ne peut se passer d’une histoire littéraire en forme d’“histoire de famille” ? » (Extrait de l’introduction, p. 196) ###

DION, Robert, « Albucius de Pascal Quignard. Un défi à l’autorité », dans Frances FORTIER et An­drée MERCIER (dir.), La transmission narrative. Modalités du pacte romanesque contemporain, Québec, Éditions Nota bene (coll. Contemporanéités), 2011, 63-81. +++ Chapitre de collectif

GORRILLOT, Bénédicte, « Albucius : un roman latin? », L’esprit créateur, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Jean-Louis PAUTROT, vol. 52, no 1 (printemps 2012), p. 22-34. +++ Article de revue

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CLAUDE, Chrystelle, « Maison-roman et roman-stèle : les figurations livresques chez Peter Ackroyd et Pascal Quignard », Voix plurielles, vol. 5, n° 1 (mai 2008), [en ligne]. +++ Article de revue

### « Certains ouvrages narratifs de l’époque contemporaine sont hantés par des ombres errantes. Figures de lettrés en quête de repos éternel, elles ont trouvé auprès de deux écrivains anglais et français les porte-voix pour dire la souffrance tue de leur mort. Peter Ackroyd dans Chatterton et Le Testament d’Oscar Wilde ainsi que Pascal Quignard dans Albucius et La Raison leur créent à cet effet une maison de mots taillée dans les feuillets du livre. » (Résumé joint à l’article)

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Albucius (oeuvre)
TitreAlbucius
AuteurPascal Quignard
Parution1990
TriAlbucius
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