Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Démolir Nisard

demolir_nisard.jpg Éric Chevillard, Démolir Nisard, Paris, Éditions de Minuit, 2006, 176 p.

« Pour se connaître enfin soi-même, il n’est pas de meilleur moyen que de connaître bien son ennemi. Ordinairement, celui-ci ne fait pas mystère de sa personne : on ne voit et on n’entend que lui partout. Mais le narrateur de ce livre va devoir s’employer à débusquer le sien, mort en 1888 et oublié presque aussitôt. Désiré Nisard, critique littéraire académique et compassé, sermonneur versatile, n’en a pour autant pas fini de nuire. Il a pesé de tout son poids sur la trame légère des jours comptés à l’humanité. Il a contribué au malheur de celle-ci, aujourd’hui encore accru par les fatales conséquences de ses moindres opinions et petits gestes mesquins. Tout cela appelle une juste vengeance. Désiré Nisard doit disparaître. L’idéal serait qu’il n’ait jamais vécu. La plus infime trace de son existence sera effacée. Ce livre entend lui régler son compte une bonne fois. »
(Résumé des Éditions de Minuit)

Documentation critique

ROCHE, Anne, « Démolir Chevillard ? », dans Claude PEREZ, Joëlle GLEIZE et Michel BERTRAND [dir.] Hégémonie de l’ironie ? (1980-2008), actes du colloque tenu à Aix en Provence les 8 et 9 novembre 2007 [en ligne]. +++ Chapitre de collectif

###« Pour tenter de décrire l’omniprésence de l’ironie dans les romans de Chevillard, j’ai choisi de tirer un fil autour d’une double construction : construction de la figure de l’auteur, et de celle du lecteur, selon les dispositifs différents mis en jeu dans quelques romans, à partir essentiellement des derniers parus : surtout Démolir Nisard, et aussi, secondairement, Le vaillant petit tailleur ou  Les absences du capitaine Cook. Plan forcément déséquilibré, car l’auteur, c’est naturel, se donne beaucoup plus de place qu’au lecteur, même s’il fait semblant de s’intéresser à ce dernier pour des raisons probablement mercantiles. Mais dans le cas de mon étude, il y est doublement obligé, car, comme vous le savez, l’ironie implique une étroite collaboration des deux personnages. » (Extrait de l’introduction)

Roche, 2008, HTML ###

Dossier critique « Éric Chevillard. L’oeuvre posthume de Thomas Pilaster, Du hérisson, Démolir Nisard », sous la direction de Pascal RIENDEAU, Roman 20-50. Revue d’étude du roman du XXe siècle, n° 46 (décembre 2008), p. 5-102. +++ Dossier de revue

###« Dans ce dossier, nous avons cherché à explorer les nombreuses facettes de [la] mise en scène de l’auteur dans trois romans : L’oeuvre posthume de Thomas Pilaster (1999), Du hérisson (2002) et Démolir Nisard (2006). Ils ont en commun d’être centrés autour de la problématique de l’écrivain, de sa fonction, de sa représentation (ou de son autoreprésentation) dans le texte en train de se constituer. Il paraissait important d’étudier, entre autres, la relation entre l’auteur et son critique, l’invention de soi, la parodie, le rôle de l’emprunt, le jeu des dichotomies, l’auteur tératologique (son langage, son incongruité) et la confusion possible des auteurs. » (Extrait de l’avant-propos, p. 5-6)

Sommaire

« Un inédit d’Éric Chevillard : Un cas de zoolâtrie », Éric Chevillard
« Des leurres ou des hommes de paille. Entretien avec Éric Chevillard », Pascal Riendeau
« “Et si la littérature… ?” Des auteurs en quête d’événement racontent des histoires littéraires », René Audet
« Moi, je, pas tellement. L’autobiographie selon Chevillard », Olivier Bessard-Banquy
« Marges et mutineries. L’oeuvre posthume de Thomas Pilaster», Joëlle Papillon
« Démolir la métafiction ? L’oeuvre posthume de Thomas Pilaster», Pascal Michelucci
« “L’écrivain marche sur le papier” (Une étude du Hérisson), Bruno Blanckeman
« Les jeux intertextuels d’Éric Chevillard ou comment (faire) Démolir Nisard par lui-même », Barbara Havercroft et Pascal Riendeau
« Démolir Nisard. Variations sur la mort de l’auteur », Alain Schaffner
« Bibliographie d’Éric Chevillard », Pascal Riendeau
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AUDET, René, « “Et si la littérature…?” Des auteurs en quête d’événement racontent des histoires littéraires », dans Pascal RIENDEAU (dir.), dossier « Éric Chevillard. L’oeuvre posthume de Thomas Pilaster, Du hérisson, Démolir Nisard », Roman 20-50. Revue d’étude du roman du XXe siècle, n° 46 (décembre 2008), p. 23-32. +++ Article de revue

###« Par une verve désarçonnante, par un discours emballé, le propos [sur la littérature] tend fréquemment à se déplacer à l’intérieur des romans. […] [L]‘examen de certains romans plus récents (dans le cas de cette étude, L’oeuvre posthume de Thomas Pilaster et Démolir Nisard) tend davantage à corroborer l’hypothèse d’un glissement. Une histoire de la littérature se dessine bien dans ces romans, des figures d’auteurs se détachent, mais constamment de biais. À l’intérieur de ces romans opérant une forme de déplacement discursif, les écrivains-narrateurs raconteraient à côté de l’histoire littéraire mais sans jamais la quitter, sacrifiant sur l’autel de la fiction des figures emblématiques de la littérature et mettant en scène ce sacrifice. Cette mise en scène corroborerait ainsi une nouvelle affirmation du pouvoir de la fiction, valorisation de l’imaginaire qui se placerait contre l’absolu d’une référence, d’un réalisme déjoué par la postmodernité - contre la raison, en somme. Si ce déplacement et cette affirmation transitent forcément par le portrait et l’élaboration de figures d’auteurs (leur invention), le geste de la mise en scène doit être envisagé pour lui-même, puisque le récit de cette invention de la littérature nous met sur la trace d’un discours apparemment en déroute, mais explorant de façon indirecte autant de possibles de l’histoire littéraire. » (Extrait de l’introduction, p. 24-25) ###

HAVERCROFT, Barbara, et Pascal RIENDEAU, « Les jeux intertextuels d’Éric Chevillard ou comment (faire) Démolir Nisard par lui-même », dans Pascal RIENDEAU (dir.), dossier « Éric Chevillard. L’oeuvre posthume de Thomas Pilaster, Du hérisson, Démolir Nisard », Roman 20-50. Revue d’étude du roman du XXe siècle, n° 46 (décembre 2008), p. 77-89. +++ Article de revue

###« Si son discours [celui du narrateur-auteur], motivé par la haine, affiche une consistance et une cohérence inébranlables, la construction souple du roman favorise l’hétérogénéité, la fragmentation, l’abondance de citations, la multiplication des fictions ou le montage baroque. Le fait de se concentrer uniquement sur Nisard permet d’accentuer la monomanie de cet auteur et confère ainsi à Démolir Nisard une texture plus romanesque. Face au foisonnement de références intertextuelles, il semble opportun de saisir de quelle façon Chevillard compose une oeuvre faite de matériaux textuels disparates dans laquelle la figure de l’auteur joue un rôle déterminant. » (Extrait de l’introduction, p. 78) ###

SCHAFFNER, Alain, « Démolir Nisard. Variations sur la mort de l’auteur », dans Pascal RIENDEAU (dir.), dossier « Éric Chevillard. L’oeuvre posthume de Thomas Pilaster, Du hérisson, Démolir Nisard », Roman 20-50. Revue d’étude du roman du XXe siècle, n° 46 (décembre 2008), p. 91-99. +++ Article de revue

###« Même si le traitement de la question [de la figure de l’auteur] par Éric Chevillard est bien différent des analyses de Foucault et Barthes, et des nombreux débats qui s’ensuivirent, on considérera ici son livre comme un ensemble de variations sur la mort de l’auteur. En effet, dans la continuité de ses précédents travaux de démolition des genres littéraires, c’est bien cette fois à l’auteur que l’écrivain s’en prend, à un auteur de second rang qu’il incarne de mille manières pour mieux le faire disparaître après lui avoir attribué tous les malheurs du monde. Le livre fonctionne en quelque sorte à l’inverse du suivant, Sans l’orang-outan (2007), où c’est cette fois la disparition d’une seule espèce animale qui entraîne l’humanité dans la catastrophe. Mais quel peut bien être l’intérêt de ressusciter un critique littéraire oublié de tous, pour le renvoyer finalement au néant dont on l’a tiré ? » (Extrait de l’introduction, p. 92) ###

XANTHOS, Nicolas, « Définir Chevillard. L’inconcevable vraisemblance de Démolir Nisard », Temps zéro, n° 2 (2009), [en ligne]. +++ Article de revue

###Résumé
En se fondant sur une conception pragmatique et générique de la vraisemblance romanesque comme ensemble de poétiques concevables pour le roman, le présent article cherche à montrer comment, dans Démolir Nisard, Chevillard s’emploie à se situer en dehors de cet horizon d’attente par toutes sortes de procédés (de l’interférence du narratif et de l’argumentatif à une pratique généralisée de la métalepse, en passant par un usage hors norme de l’intertextualité, une extrême malléabilité de l’univers fictionnel et des postures paradoxales). Dans cet improbable art romanesque et dans la refonte de l’espace littéraire qu’il implique à titre d’aventure constituante, on veut voir une manière de s’opposer, performativement, à la poétique du “bon vieux roman” et de démolir Nisard considéré, par une métonymie de l’homme pour ses idées, comme pratique réaliste à vocation moralisatrice.

Abstract
Based on a pragmatic and generic conception of verisimilitude in the novel, this article seeks to show how, in Démolir Nisard, Chevillard strives to step outside of this horizon of expectations by using a number of textual strategies and devices (ranging from the conflict between narrative and argumentative discourse, to the widespread use of metalepsis, as well as a non-standard use of intertextuality, an extreme malleability of the fictional universe, and the use of paradoxical postures).  In this improbable art of the novel and the recasting of literary space, we can see a way in which Chevillard performatively opposes himself to the poetics of the traditional novel, as well as a way of demolishing Nisard, represented in the novel by the metonymy of the man for his moralistic ideas.

Xanthos, 2009, HTML ###

BURNER, Amandine, « L’assimilation à l’oeuvre dans Démolir Nisard d’Éric Chevillard », mémoire de master 1, département des lettres modernes, Université de Provence, 2009, 34 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« [N]ous nous demanderons comment Démolir Nisard se nourrit d’une multitude  de discours dans un processus d’assimilation visant à faire de la littérature un art vivant. La première étape de notre réflexion nous permettra de cerner par quels moyens le livre incorpore la multidiscursivité. Polyphonie, emprunt aux modèles et importance du contre-modèle constituent les axes principaux autour desquels se déploient les relations transtextuelles. Dans un deuxième temps, nous nous arrêterons sur le processus d’absorption pour tenter d’en cerner les multiples effets. Si le dialogue représente l’effet positif par lequel le discours se développe, le montage des citations incarne en revanche l’effet négatif par lequel le discours se détruit. Un gros plan sur le processus d’absorption dans la narration achèvera de nous convaincre de l’importance qu’il revêt dans la dynamique romanesque. Pour finir, nous examinerons comment le roman se transforme en outil de sa propre synthèse. » (Extrait de l’introduction, p. 3)

Burner, 2009, PDF ###

ANDRÉ, Stéphane, « Démolir Nisard d’Éric Chevillard : la continuation d’une tradition pamphlétaire », mémoire de master II, département de lettres modernes, Université de Caen, 2009, 33 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« [L]‘entreprise de Chevillard se trouve d’emblée placée sous le sceau du paradoxe : car attaquer Nisard, c’est d’une certaine manière ressusciter Nisard. Or, en dehors d’un cercle étroit de spécialistes, qui se souvient aujourd’hui de ce critique littéraire du XIXe siècle ? […] Quelle nécessité y a-t-il aujourd’hui de consacrer un ouvrage à un personnage dont on déplore l’influence, dès lors qu’il a déjà été oublié ? Quel objectif peut bien vouloir poursuivre Chevillard à travers une entreprise aussi inattendue ?

Afin de répondre à ces questions, nous nous efforcerons tout d’abord de mieux comprendre qui était Désiré Nisard à partir des informations qu’en donnent aujourd’hui les dictionnaires encyclopédiques, que nous confronterons aux propos virulents que tenait Pierre Larousse dans son Dictionnaire universel du XIXe siècle. Nous observerons alors la manière dont Chevillard s’inscrit dans la continuité de cette tradition satirique, puis comment il la renouvelle par la forme spécifique qu’il donne à son roman. Nous verrons enfin comment, sous couvert d’une critique de la soumission et du conformisme, il réhabilite une autre tradition : celle du carnaval et de l’insurbordination. » (Extrait de l’introduction, p. 2)

André, 2009, PDF ###

AUDET, René, « Lieux et pragmatique de la monstruosité dans la prose narrative d’Éric Chevillard », Tangence, n° 91 (automne 2009), p. 11-27. +++ Article de revue

### Résumé
Cet article interroge les types de manifestations de la monstruosité dans la prose narrative d’Éric Chevillard (Scalps et Démolir Nisard). Questionnant ses lieux (déclaration de la monstruosité de personnages par l’instance narrative) et sa dynamique dans les œuvres (la violence révélant une performativité déterminante dans l’établissement d’individus monstrueux), il permet de mieux comprendre le déplacement et la subversion associés à la virulence langagière et au dire-monstre dans les récits mis en place par Chevillard.

Abstract
This article examines the types of manifestations of monstrosity in the narrative prose of Éric Chevillard (Scalps and Démolir Nisard). Focusing on monstrosity’s places (the narrative authority’s statement of the characters’ monstrosity) and dynamic in the works (violence that reveals a determinative performativity in the establishment of monstrous individuals), the article allows for a better understanding of the displacement and subversion associated with linguistic virulence and monster-speak in the accounts Chevillard puts into place.

Audet, 2009, HTML ###



Démolir Nisard (oeuvre)
TitreDémolir Nisard
AuteurÉric Chevillard
Parution2006
TriDémolir Nisard
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