Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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L'Algarabie

Jorge Semprún - Paris, Fayard, 1981, 447 p.

« Raconter le dernier jour de la vie d’un personnage d’Espagnol émigré à Paris, n’est-ce pas, pour l’écrivain qui signe ces pages, comme d’écrire et livrer avant terme quelque roman autobiographique posthume? N’est-ce pas imaginer sa propre fin – ou la donner à se remémorer à d’autres – comme cette journée ordinaire et pourtant bien remplie où, dans un ghetto post-communard dont les éboueurs de l’Histoire ne relèvent plus les poubelles et où se jouent, libertaires et libertins, de nouveaux Mystères de Paris, un clandestin de la vie cherche à recouvrer son identité officielle, les papiers nécessaires à un éventuel mais trop tardif retour à la terre des origines?

“Ce livre que je traîne depuis dix ans sous diverses formes, brouillons et étapes, dans ma tête et sur ma table, écrit alternativement en espagnol et en français, a pendant des mois cherché sa langue, déclarait récemment Jorge Semprún. Son titre témoigne de cette hésitation de la langue. Il s’agit d’une francisation d’algarabia, le charabia: la langue arabe qui finit par devenir le galimatias, la langue incompréhensible, le vacarme, Babel! Mais, au fond, cela dépasse la simple problématique de l’écrivain: tout ne serait-il pas un peu de l’algarabie, ou, comme dirait l’autre, du bruit et de la fureur?” » (Quatrième de couverture)

Documentation critique

BARETAUD, Anne, « L’identité à l’épreuve : babélisme, confusion et altérité dans l’Algarabie de Jorge Semprún », mémoire de maîtrise, département des lettres modernes, Université d’Aix-en-Provence, 1999, 116 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

TÜRSCHMANN, Jörg, « Socialisme délabré et fatalisme littéraire : La “Zone d’Utopie populaire” dans L’Algarabie de Jorge Semprún (1981) », dans Elisabeth AREND, Dagmar REICHARDT et Elke RICHTER (dir.), Histoires inventées : La représentation du passé et de l’histoire dans les littératures française et francophones, Frankfurt, Peter Lang, 2008, p. 253-269. +++ Chapitre de collectif

LOUWAGIE, Fransiska, « L’imaginaire de Jorge Semprún : Narcisse entre miroir et fleur », Orbis Litterarum : International Review of Literary Studies, vol. 63, no 2 (avril 2008), p. 152-171. +++ Article de revue

### Résumé

Jorge Semprún publie en 1980 et 1981 deux textes dont les pactes de lecture et les sujets abordés semblent radicalement différents. Le premier, Quel beau dimanche, constitue un témoignage et fait l’objet d’un pacte autobiographique, tandis que le deuxième, L’algarabie, est une uchronie nantie du sous-titre « roman ». Les deux textes manifestent toutefois des ruptures contractuelles. D’abord, dans Quel beau dimanche, l’identité du protagoniste et le réel en général sont questionnés et fictionnalisés. Ensuite, le protagoniste de L’algarabie, ainsi que deux autres personnages, s’avèrent être des doubles de Semprún. L’un et l’autre livre demandent donc une lecture à l’intérieur de « l’espace autobiographique », domaine intertextuel par excellence. Or, une étude textuelle et intertextuelle dévoilera une parenté profonde entre l’imaginaire des deux récits, en identifiant les clefs de lecture qu’ils s’offrent mutuellement. Face à cette écriture à clef, le lecteur agit comme un héros-quêteur, ce qui n’empêche pas Semprún de se cacher devant lui. L’opération de dénudation effectuée par le lecteur est de ce fait orientée vers le réseau associatif de l’œuvre plutôt que vers l’intimité de l’écrivain.

LUENGO, Lisa A., « Testimony and Mythic Voyage : Memory and Forgetting of the Spanish Civil War », thèse de doctorat, Department of French and Italian, University of Colorado, 2005, 314 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### Abstract

Although the subject of the Spanish Civil War has been frequently developed in Western Literature, Agustin Gomez-Arcos, Jorge Semprún and Fernando Arrabal offer an incomparable approach to the study of the military rebellion against the Second Republic, the three-year long fratricidal war, the defeat, the ensuing exile and the years under Francoist oppression.

Gomez-Arcos, Semprún and Arrabal confront Spain’s past through testimony by studying individual and collective memory. They give voice to a segment of Spanish society silenced under Franco’s regime, as all three writers display in their work a sense of responsibility bridging their personal experience to the collective through historical trauma. In doing so, they act against a collective memory which has fixed the past in specific narrative discourses. Their work displays the historical necessity of involving literature in action, and of creating a new form of narrative to transform history by bearing literary witness to the Spanish Civil War and its aftermath. They consider the Spanish language unsuitable for their work and French language becomes a refuge for these exiles, thereby transforming their testimony. Gomez-Arcos, Semprún and Arrabal believe that this linguistic transformation enables a recovering of the event that would have been lost, or at least damaged, if the transmission had remained in the original language.

In their search to reclaim a segment of Spanish history silenced under Franco, these three authors practice linguistic navigation, escape the confines of binding genre, create a textual no-man’s-land of time and space, confront dogmatic discourses, and use silence as a weapon against the regime. However, in their pursuit of a truthful account of the past, their work escapes into a mythical construction of Spain.

Gomez-Arcos, Semprún and Arrabal confront Spain in its eternal mythical state and their work illustrates the essential significance of the mother as a conduit to Spain. Thus, their unique approach to Spain’s past resides in their distinctive departure into the country’s mythical state enabling a removal from Franco’s silencing and rewriting. They return to Spain’s democracy carrying with them solutions to facilitate its confrontation with the past and the means to build a viable future.

Voir le chapitre 3, « Penelope’s Web : Clandestine Self-Representation in Jorge Semrpún’s L’Algarabie »

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest. ###

LUENGO, Lisa A., « Linguistic Labyrinth in Jorge Semprún’s L’algarabie », Transitions : Journal of Franco-Iberian Studies, vol. 1, no 1 (printemps 2005), p. 93-109. +++ Article de revue

RODIEK, Christoph, « Raumdarstellung im neueren uchronischen Roman », dans Roger BAUER et al. (dir.), Proceedings of the XIIth Congress of the International Comparative Literature Association/Actes du XIIe congrès de l’Association Internationale de Littérature Comparée (München – Munich, 22-27 août 1988), Vol. II : Space and Boundaries in Literature/Espace et frontières dans la littérature, Munich, Ludicium, 1990, p. 491-496. +++ Chapitre de collectif

MOLINA ROMERO, Carmen, « Double langue et création littéraire », Imaginaire & Inconscient, no 14 (2004), p. 189-204. +++ Article de revue

### Résumé

À la suite du fait migratoire provoqué par la guerre civile en Espagne, des auteurs espagnols se sont installés en France et ont adopté comme langue d’écriture le français : Jorge Semprún, Agustin Gomez-Arcos, Michel del Castillo, Rodrigo de Zayas et Adélaïde Blasquez appartiennent à cette catégorie d’écrivains bilingues. Nous cherchons à démêler la relation qu’entretiennent la langue maternelle et l’autre langue qu’ils ont choisie volontairement, et comment cela façonne leurs discours narratifs. La place et l’influence que la langue maternelle et la culture espagnole exercent sur la langue d’écriture et sur leurs univers de fiction; les problèmes d’identité qu’elle produit chez l’écrivain bilingue, « schizophrène » et « sans racines ». Nous nous pencherons sur le cas de Michel del Castillo pour qui le conflit linguistique se double d’une quête identitaire spécialement intense et dangereuse, sans oublier de souligner des points en commun ou des différences avec le groupe d’auteurs que nous avons formé.

KHORDOC, Catherine, « Chapitre 2 – L’Algarabie ou “La Tour de Babel” de Jorge Semprún », Tours et détours : Le mythe de Babel dans la littérature contemporaine, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 2012, 282 p. +++ Monographie

### Présentation de l’ouvrage

Tours et détours examine l’inscription du mythe de Babel dans la littérature contemporaine de langue française. Le mythe s’avère une source d’inspiration pour les auteurs examinés qui évoquent justement des phénomènes sociaux actuels, tels que le multiculturalisme, l’immigration, l’exil, la pluralité des langues, la traduction et l’identité. Les ouvrages étudiés, tous écrits en français mais issus de différents contextes linguistiques et culturels, mettent en lumière de nouvelles interprétations du mythe de Babel. Pendant longtemps le mythe de Babel et la pluralité linguistique et culturelle qui s’ensuivent ont été considérés une malédiction pour l’humanité, mais les romans à l’étude remettent en question cette vision négative. Sans exalter les bienfaits de la multiplicité, ils considèrent comment la pluralité linguistique et culturelle enrichit et façonne la production littéraire ainsi que le monde contemporain. ###

SEMILLA DURÁN, María Angélica, « La división de las aguas : dialéctica del bilingüismo en L’Algarabie de Jorge Semprún », dans Axel GASQUET et Modesta SUÁREZ (dir.), Écrivains multilingues et écritures métisses : L’hospitalité des langues, Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise Pascal (Littératures), 2007, p. 245-254. +++ Chapitre de collectif

### Présentation du collectif

La plupart des écrivains d’expression littéraire autre que leur langue maternelle expriment aussi bien leur sentiment d’inconfort dans leur langue d’origine, que devant leur classement comme écrivains appartenant à leur langue d’adoption. Inclassables pour la critique spécialisée, demeurant en dehors tant des corpus littéraires de leur pays d’origine que de ceux de leur pays d’adoption, ils se conçoivent eux-mêmes comme des “passeurs” qui, sans choisir entre deux univers linguistiques, bâtissent leur territoire dans ce terrain vague de l’entre-deux. Entre l’inconfort de la langue d’origine et l’hospitalité de la langue d’adoption peut s’instaurer une polarité conflictuelle, traversée d’attraction et de répulsion, constituant chez l’écrivain multilingue une sorte d’identité littéraire désaxée, qui en général dissocie les problèmes propres à la pratique d’une langue, de l’identité littéraire nationale. Quelques questions constituent le fil rouge de ce recueil : y a-t-il une spécificité littéraire propre à l’écrivain bilingue ou plurilingue ? Peut-on considérer l’écrivain plurilingue comme le germe d’une citoyenneté exilée et cosmopolite ? L’écrivain bilingue ou plurilingue est-il un phénomène propre aux cultures périphériques ? Inversement : l’hospitalité de la langue d’accueil est-elle un phénomène propre aux cultures du centre ? L’écrivain bilingue est-il le paria par excellence des différentes histoires littéraires nationales ? Devons-nous donc réformer le carcan des histoires littéraires nationales ? ###

KHORDOC, Catherine, « Le camouflage autobiographique dans L’algarabie de Jorge Semprún », dans Patrick BERGERON et Marie CARRIÈRE (dir.), Les Réécrivains : Enjeux transtextuels dans la littérature moderne d’expression française, Berne, Peter Lang (Littératures de langue française), 2011, p. 121-138. +++ Chapitre de collectif

MOLINA ROMERO, Carmen, « Problèmes de traduction dans L’Algarabie de Jorge Semprún », Cuadernos de filología francesa, no 15 (2003), 149-163. +++ Article de revue

MOLINA ROMERO, Carmen, « Jorge Semprún : de l’algarabie linguistique à l’algarabie narrative », dans Isla ABIERTA (dir.), Estudios franceses en memoria de Alejandro Cioranescu, Universidad de La Laguna, AFUE – Asociación de Francecistas de la Universidad Española, 2004, p. 879-893. +++ Chapitre de collectif

CÉSPEDES GALLEGO, Jaime, « La algarabía (1981) », La obra de Jorge Semprún : Claves de interpretación. Vol. 1 : Autobiografía y novela, Berne, Peter Lang (Perspectivas hispánicas), 2012, p. 165-171. +++ Monographie

MERCADIER, Guy, « L’Algarabie de Jorge Semprún : bilinguisme et identité », dans Miguel HERNANDO DE LARRAMENDI, Gonzalo FERNÁNDEZ PARRILA et Bárbara AZAOLA PIAZZA (dir.), Autobiografía y literatura árabe, Cuenca, Ediciones de la Universidad de Castilla La Mancha, 2002, p. 105-116. +++ Chapitre de collectif



L'Algarabie (oeuvre)
TitreL'Algarabie
AuteurJorge Semprún
Parution1981
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