Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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L'événement

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Annie Ernaux - Paris, Gallimard (Coll. Blanche), 2000, 128 p.

« “Depuis des années, je tourne autour de cet événement de ma vie. Lire dans un roman le récit d’un avortement me plonge dans un saisissement sans images ni pensées, comme si les mots se changeaient instantanément en sensation violente. De la même façon entendre par hasard La javanaise, J’ai la mémoire qui flanche, n’importe quelle chanson qui m’a accompagnée durant cette période, me bouleverse.” Annie Ernaux » (quatrième de couverture)

Documentation critique

DAY, Loraine, « The Dynamics of Shame, Pride and Writing in Annie Ernaux’s L’événement », dans Dalhousie French Studies, vol. LXI (hiver 2002), p. 75-91. +++ Article de revue

###Étude des  rapports entre écriture, honte et fierté dans L’événement.###

DELVAUX, Martine, « Annie Ernaux : écrire l’événement », dans French Forum, vol. XXVII, no 2 (printemps 2002), p. 131-148. +++ Article de revue

###Article traitant la question de l’autobiographie dans L’événement.

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DESCHÊNES, Daniel, « Création d’un ethos de l’authenticité dans L’Événement d’Annie Ernaux », mémoire de maîtrise, Department of French Language and Literature, Université McGill, 2003, 85 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« Using a methodology informed by rhetorical and pragmatic concepts, this thesis examines Annie Ernaux’s L’événement with a view to determining how an ethos of authenticity is created in and by the text. We begin by studying how critics of her earlier work helped construct a certain image of the author and by identifying the characteristics of Ernaux writing : all these elements contribute to the creation of an ethos préalable (a prior ethos) which conditions the reading of L’événement. In the second chapter, we analyze certain stylistic aspects of Ernaux’s writing in L’événement (verb tenses, choice of words, syntax) which indicate that she tries to be as authentic as possible while telling her story. In the third and final chapter, we examine Ernaux’s comments – in the text itself – on the writing of L’événement. These comments constitute the author’s attempt to articulate directly an ethos of authenticity that the reader will find convincing. » (Résumé joint au mémoire)

La version PDF du mémoire est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest.###

SIMONET-TENANT, Françoise, « “A 63” ou la genèse de l’épreuve absolue », dans Fabrice THUMEREL (dir.), Annie Ernaux, une œuvre de l’entre-deux, Arras, Presses de l’Université d’Artois, 2004, p. 39-56. +++ Chapitre de collectif

###L’auteur s’intéresse à la génétique de L’événement d’Annie Ernaux. ###

DAY, Loraine, « L’écriture dans l’entre-deux temporel : une étude de L’Événement », dans Fabrice THUMEREL (dir.), Annie Ernaux, une œuvre de l’entre-deux, Arras, Presses de l’Université d’Artois, 2004, p. 57-70. +++ Chapitre de collectif

###« […] j’essaierai de mettre en relation l’exaltation fébrile que la narratrice se souvient d’avoir ressentie à la suite de son avortement, et l’exaltation qu’elle a de nouveau ressentie en racontant l’événement trente-cinq ans plus tard. L’argument que je vous présenterai se développera à travers une structure bipartite : d’abord je commenterai le jeu de la honte et de la fierté autour du drame de l’avortement, en faisant référence à L’Événement, Les armoires vides, Ce qu’ils disent ou rien et Se perdre. Ensuite, je me pencherai sur l’idée que les expériences biographiques datant de périodes très espacées dans le temps peuvent être simultanément présentes et actives dans la conscience d’un sujet à un moment donné […]. » (extrait, p. 58) ###

HAVERCROFT, Barbara, « Subjectivité féminine et conscience féministe dans L’événement », dans Fabrice THUMEREL (dir.), Annie Ernaux, une œuvre de l’entre-deux, Arras, Presses de l’Université d’Artois, 2004, p. 125- 138. +++ Chapitre de collectif

###« Ce désir de réunir l’individuel et le collectif, Annie Ernaux l’avoue elle-même, constitue un des buts de son écriture : “Je me sers de ma subjectivité pour retrouver, dévoiler des mécanismes ou des phénomènes plus généraux, collectifs” (L’écriture comme un couteau, p. 43-44). C’est justement par le dévoilement et, en même temps, par le dépassement de l’expérience individuelle du je autobiographique que ses textes manifestent une portée collective et politique, qu’ils sont susceptibles de lever le voile sur des réalités féminines particulières et de faire advenir des changements de mentalités. » (extrait, p. 125) ###

ARRIGONI, Antonella, « Fiction et écriture autobiographique chez Annie Ernaux : Les armoires vides - L’événement », dans Rosa Galli PELLEGRINI (dir.), Stratégies narratives 2 : le roman contemporain, Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 2003, p. 97-117. +++ Chapitre de collectif

JOSEPH, Sandrina, « (S’)écrire : la parenthèse comme lieu de réflexion autobiographique dans L’événement d’Annie Ernaux », dans Robert DION, Frances FORTIER, Barbara HAVERCROFT et Hans-Jürgen LÜSEBRINK (dir.), Vies en récit. Formes littéraires et médiatiques de la biographie et de l’autobiographie, Québec, Nota bene (Convergences, 38), 2007, p. 187-204. +++ Chapitre de collectif

###« L’événement a ceci de particulier qu’il consiste en deux récits entre lesquels oscille l’autobiographe : d’un côté, le récit principal consacré à la narration de sa démarche abortive ; de l’autre, les très nombreuses parenthèses qui évoquent tout au long du récit sa démarche autobiographique. À la lecture de L’événement, ces parenthèses s’avèrent impossibles à ignorer, non seulement à cause de leur longueur qui correspond parfois à une page et demie, mais également à cause de leur capacité à révéler l’envers du décor, ce qui se cache derrière la scène autobiographique et que le récit de l’avortement ne laisse pas deviner. Je me propose donc d’en examiner la fonction afin de mettre au jour le rapport étroit, presque tactile, que les parenthèses contribuent à tisser entre le récit de l’avortement et la réflexion autobiographique qui s’y accroche. En questionnant la forme même de L’événement, je chercherai en fait à démontrer que les parenthèses et le texte qu’elles renferment contribuent à exposer ce qui, socialement, devrait être gardé sous silence ou encore dissimulé, à savoir le corps d’une femme enceinte et son avortement que le recours à la parenthèse expose à l’instar du récit lui-même. » ###

SARDIN, Pascale, « Towards an Ethics of Witness, or the Story and History of ‘une minuscule détresse’ in Annie Ernaux’s L’Événement and Nancy Huston’s Instruments des ténèbres », dans French Studies, vol. LXII, no 3 (juillet 2008), p. 301-312. +++ Article de revue

###« This paper investigates what is at stake, ethically and aesthetically, in writing about the disturbing issues of abortion and neonaticide. It focuses on L’Événement by Annie Ernaux and on Nancy Huston’s Instruments des ténèbres. Though very different in form and content, these two novels, written from a distinctively female viewpoint, are metatextual works which reflect on the act of writing such taboos, and of representing irrational, defective mothers in the context of poststructuralism and postmodernism. In her exploration of the genre of the memoir and that of historiography as defined by Paul Ricoeur, Ernaux seeks a form of writing which discards pathos and the moral involvement of the reader, while Huston attempts something similar through humour and the grotesque. Yet at the same time, these novelists renegotiate the notion of retelling experience as defined by Walter Benjamin in ‘The storyteller’ — the rewriting of the chronology of excruciating events, drawing a parallel between private and public history. In this perspective, their depiction of dark mothers, which goes against the comforting myth of the good mother, reads as a political and humanistic project. Ernaux’s and Huston’s respective aesthetics define a new kind of ethics involving the reader and centring on the notion of witness, exhorting their readers to undertake a performative reading. » (Résumé joint à l’article)

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JOSEPH, Sandrina, « Objet de mépris, sujet de langage : l’injure performative et la construction du sujet féminin chez Annie Ernaux, Suzanne Jacob, Violette Leduc et France Théoret », thèse de doctorat, Department of French, University of Toronto, 2006, 359 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« Cette thèse, qui comporte cinq chapitres, a pour objectif de démontrer que, dans certaines oeuvres d’Annie Ernaux, de Suzanne Jacob, de Violette Leduc et de France Théoret, l’énoncé injurieux est un mode d’émancipation pour les narratrices et les personnages féminins. L’injure peut effectivement être une stratégie discursive libératrice qui permet à une femme injuriée de devenir sujet en critiquant les obstacles empêchant son accès à la subjectivité. La démonstration se fera en deux temps : il s’agira d’élaborer une théorisation de l’injure performative au féminin pour ensuite en analyser le fonctionnement dans des textes littéraires qui révéleront différentes stratégies forgées par des femmes répliquant à leurs injurieurs. La femme injuriée qui injurie à son tour (un mouvement appelé la chaîne paradigmatique injurieuse) parvient à avoir prise sur le monde extérieur hostile en s’appropriant un langage qui devait la condamner au silence.

Le premier chapitre s’ouvre sur un survol des principaux théoriciens de la performativité (Austin, Récanati, de Souza Filho, Butler, Threadgold) pour ensuite proposer une étude de l’insulte qui en exposera la nature performative, le potentiel subversif. Le second chapitre entamera le volet critique de cette thèse par le biais d’une analyse de L’asphyxie et de La bâtarde, deux autobiographies de Violette Leduc, où il sera démontré qu’en réponse aux insultes de sa mère, Leduc élabore une stratégie auto-injurieuse qui rend possible sa venue à l’écriture. Les armoires vides et L’événement, deux textes autobiographiques d’Annie Ernaux auxquels est consacré le troisième chapitre, illustrent quant à eux la déchirure culturelle de l’auteure qui, grâce à son avortement clandestin, répond aux insultes dont elle a été victime en injuriant à son tour et en témoignant de son passé. Pour la poète France Théoret, dont les recueils Bloody Mary et Nécessairement putain sont étudiés dans le quatrième chapitre, le déplacement de l’injure sexuelle patriarcale à l’injure fécale donne jour à une voix féminine subversive. Enfin, pour les héroïnes de Flore Cocon et de Laura Laur, deux romans de Suzanne Jacob dont il est question dans le cinquième chapitre, les insultes dont elles font l’objet attaquent leur marginalité qu’elles vont réclamer avec leurs répliques. » (Résumé joint à la thèse)

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest.###

BUDOR, Dominique, « Le traumatisme et l’écriture-corps », dans Dominique BUDOR (dir.), L’Événement à l’épreuve des arts, Paris, Sorbonne Nouvelle, 2013, p. 137-154. +++ Chapitre de collectif

NELSON, Jeanne-Andrée, « Avortement chez Annie Ernaux », dans Dalhousie French Studies, vol. 69 (hiver 2004), p. 73-81. +++ Article de revue

### Cet article traite aussi des Armoires vides. ###

BACHOLLE-BOSKOVIC, Michèle, « Confessions d’une femme pudique: Annie Ernaux », dans French Forum, vol. 28, no 1 (hiver 2003), p. 91-109. +++ Article de revue

### Cet article traite aussi de La honte. ###

LAFLAMME, Elsa, « Récit de l’événement et événement du récit chez Annie Ernaux, Hélène Cixous et Maurice Blanchot », thèse de doctorat, département des littératures de langue française, 2013, 382 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « Cette thèse porte sur trois textes autobiographiques qui questionnent, à travers l’élaboration d’une pensée de l’événement, les oppositions convenues entre fiction et témoignage. L’Événement (2000) d’Annie Ernaux, Le jour où je n’étais pas là (2000) d’Hélène Cixous et L’Instant de ma mort (1994) de Maurice Blanchot présentent le récit autoréférentiel d’un événement traumatique, soit un avortement clandestin pour Ernaux, la mort en bas âge d’un enfant trisomique pour Cixous et la mise en joue par un soldat nazi lors de la Seconde Guerre mondiale pour Blanchot. Ce corpus, quoique hétérogène à plusieurs égards, loge à l’enseigne d’une littérature placée sous le signe de l’aveu, de la confession et de la révélation ; cette littérature porterait au jour ce qui était jusque-là demeuré impossible à dire. Partant de la figure de la honte inscrite dans ces trois œuvres, mais aussi dans d’autres textes de ces écrivains qui permettent de déployer ce qui se trame de secret et d’événement dans le corpus principal, cette thèse a pour objectif d’analyser les déplacements et les retours d’un trauma gardé secret pendant une quarantaine d’années et qui remonte, par la voie de l’événement, à la surface de l’écriture. Sous la double impulsion de la pensée de Jacques Derrida et de l’approche psychanalytique, cette thèse s’intéresse à la question de l’événement à l’œuvre chez Ernaux, Cixous et Blanchot. Dans chacune de ces œuvres, un événement traumatique intervient comme révélateur de l’écriture et d’un rapport singulier à la pensée de l’événement, marqué soit historiquement et politiquement (Blanchot), soit intimement (Cixous et Ernaux). Par l’écriture, ces auteurs tentent en effet de rendre compte de l’authenticité de l’événement ressenti, problématisant du même coup la nature et la fonction de l’événement tant réel que psychique dans le récit de soi. L’événement est ainsi abordé dans son caractère historique, psychanalytique mais également philosophique, ontologique ; la pensée de l’événement mise à l’épreuve des textes d’Ernaux, de Cixous et de Blanchot permet d’explorer les figures de la date, de l’archive, de la mort et du deuil qui lui sont liées, en plus de donner lieu à une poétique singulière chez chacun. Enfin, la thèse traite du rapport entre l’aveu de l’événement et la langue qui, défiant l’opposition traditionnelle du constatif et du performatif, entraîne l’événement du récit, cet autre événement qui arrive en même temps que le récit de l’événement traumatique. » (résumé joint à la thèse)

DALLA TORRE, Elena, « French and Italian feminist exchanges in the 1970s: Queer embraces in queer time », thèse de doctorat, department of Romance Languages and Literatures, University of Michigan, 2010, 243 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « This dissertation offers a queer feminist investigation of some literary and theoretical works that constituted the body politics of French and Italian feminist and gay movements of the 1970s. Through comparative analyses of Luce Irigaray’s Ce sexe qui n’en est pas un, Dacia Maraini’s Donna in guerra, Annie Ernaux’s L’événement, Carla Lonzi’s Taci anzi parla and Sputiamo su Hegel, Guy Hocquenghem’s Le désir homosexuel, Mario Mieli’s Elementi di critica omosessuale, Monique Wittig’s Le corps lesbien and Les guérillères, and Hélène Cixous’s Le rire de la Méduse, I argue that these works articulate a queer discourse of sexuality and gender that predates 1990s queer theory. My work is situated within the cultural and historical background of 1970s French and Italian feminist movements, and it consists of multiple comparisons–which I call queer embraces–that bring together French and Italian feminists, feminists and gays, 1970s feminism and 1990s queer theory. These comparisons allow for a queer critique of feminism and a feminist critique of gay theory. In chapter one I show that Dacia Maraini’s and Annie Ernaux’s novels deconstruct the notion of traditional motherhood and destabilize a hetero-normative construction of narrative and discourse through what I call queer abortions. In chapter two I look at Lonzi’s construction of the donna clitoridea through the allegory of the clitoris. I maintain that the clitoris signifies both the complexity of female homosociality in radical feminism and the discovery of female sexual autonomy as a form of queer female subjectivity. In chapter three I analyze the feminist theories of desire by Irigaray and Lonzi along with the gay theories of Hocquenghem and Mieli. I argue for a queer feminist resistance to phallic discourse, which inscribes female queerness through the modes of male queerness and of gayness through feminism. In chapter four I propose a queer reading of écriture féminine as écriture butch by examining the simultaneous emergence of the categories of woman and lesbian in Cixous’s and Wittig’s texts. Furthermore, the comparisons within each chapter work through a notion of queer temporality, which disturbs the linear cause-and-effect narrative and redefine the 1970s as queer time. » (résumé joint à la thèse)

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest. ###

JOSEPH, Sandrina, « Objet de mépris, sujet de langage : l’injure performative et la construction du sujet féminin chez Annie Ernaux, Suzanne Jacob, Violette Leduc et France Théoret », thèse de doctorat, Department of French, University of Toronto, 2006, 359 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« Cette thèse, qui comporte cinq chapitres, a pour objectif de démontrer que, dans certaines oeuvres d’Annie Ernaux, de Suzanne Jacob, de Violette Leduc et de France Théoret, l’énoncé injurieux est un mode d’émancipation pour les narratrices et les personnages féminins. L’injure peut effectivement être une stratégie discursive libératrice qui permet à une femme injuriée de devenir sujet en critiquant les obstacles empêchant son accès à la subjectivité. La démonstration se fera en deux temps : il s’agira d’élaborer une théorisation de l’injure performative au féminin pour ensuite en analyser le fonctionnement dans des textes littéraires qui révéleront différentes stratégies forgées par des femmes répliquant à leurs injurieurs. La femme injuriée qui injurie à son tour (un mouvement appelé la chaîne paradigmatique injurieuse) parvient à avoir prise sur le monde extérieur hostile en s’appropriant un langage qui devait la condamner au silence.

Le premier chapitre s’ouvre sur un survol des principaux théoriciens de la performativité (Austin, Récanati, de Souza Filho, Butler, Threadgold) pour ensuite proposer une étude de l’insulte qui en exposera la nature performative, le potentiel subversif. Le second chapitre entamera le volet critique de cette thèse par le biais d’une analyse de L’asphyxie et de La bâtarde, deux autobiographies de Violette Leduc, où il sera démontré qu’en réponse aux insultes de sa mère, Leduc élabore une stratégie auto-injurieuse qui rend possible sa venue à l’écriture. Les armoires vides et L’événement, deux textes autobiographiques d’Annie Ernaux auxquels est consacré le troisième chapitre, illustrent quant à eux la déchirure culturelle de l’auteure qui, grâce à son avortement clandestin, répond aux insultes dont elle a été victime en injuriant à son tour et en témoignant de son passé. Pour la poète France Théoret, dont les recueils Bloody Mary et Nécessairement putain sont étudiés dans le quatrième chapitre, le déplacement de l’injure sexuelle patriarcale à l’injure fécale donne jour à une voix féminine subversive. Enfin, pour les héroïnes de Flore Cocon et de Laura Laur, deux romans de Suzanne Jacob dont il est question dans le cinquième chapitre, les insultes dont elles font l’objet attaquent leur marginalité qu’elles vont réclamer avec leurs répliques. » (Résumé joint à la thèse)

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest.###

LEPAGE, Pascale, « L’effarement du réel. Étude des lieux de tension entre réalité et fiction dans les récits de Marie-Sissi Labrèche et d’Annie Ernaux », mémoire de maîtrise, Département des littératures, Université Laval, 2011, 142 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « Ce mémoire propose une étude des lieux de tension entre réalité et fiction dans les récits de Marie-Sissi Labrèche et d’Annie Ernaux. Les dispositifs paradoxaux, qui rendent ambiguë l’appartenance générique de ces œuvres, y sont interrogés sous différents angles. Le premier chapitre est l’occasion d’étudier la manière dont les textes exploitent les éléments paratextuels, notamment par la comparaison des différentes éditions des œuvres. Les propos tenus par les auteures lors d’entrevues y sont également considérés. Dans le deuxième chapitre, les références culturelles et les éléments intertextuels sont envisagés comme des effets de réalité ou comme des lieux d’ambiguïté. Le troisième chapitre montre que les procédés autoréférentiels mettent en évidence le caractère fictionnel de l’œuvre chez Labrèche, tandis qu’ils participent à l’effet de réalité chez Ernaux. Le dernier chapitre étudie le traitement de la temporalité dans les récits. En somme, l’hybridité générique qui caractérise le récit contemporain est mise en évidence. » (résumé joint au mémoire)

Ce mémoire traite aussi de Passion simple.

MIHELAKIS, Eftithia, « Réécrire le trauma de l’avortement: Les armoires vides et L’événement d’Annie Ernaux », mémoire de maîtrise, Département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal, 2010, 101 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « La répétition d’une même trame historique est un schème fondamental dans l’œuvre d’Annie Ernaux, puisqu’elle publie, en 1974, le roman autobiographique Les Armoires vides et, en 2000, le témoignage autobiographique L’Événement. Si, chez Ernaux, la nécessité de répéter se transpose dans la narrativisation en double d’un même événement traumatique (l’avortement), c’est qu’il n’est pas suffisant que le trauma soit écrit une seule fois. C’est à partir de cette constatation que nous nous proposons de penser la nécessité de réécrire le trauma comme moyen de le gérer. Réécrire le récit du trauma serait ainsi une façon de reprendre un événement du passé afin de le transformer, de l’amener au-delà d’une blessure initiale. Si la volonté de parler de choses indicibles ou honteuses sous-tend toute son œuvre, il s’avère que la critique littéraire a très peu étudié la question du trauma de l’avortement sous l’angle de la réécriture. En effet, peu travaillé, le doublet Les Armoires vides-L’Événement demeure négligé par la critique littéraire et c’est ce manque que notre mémoire cherche à pallier. Dans cette optique, notre volonté est de focaliser ce travail de réécriture sur le rôle insuffisant que joue la première version racontée du trauma de l’avortement. Recourant surtout au domaine de la psychanalyse et de l’histoire en ce qui a trait aux notions de trauma, de mémoire et de répétition, ce mémoire puise également certains éléments du côté de la philosophie et de la critique littéraire en ce qui concerne les notions de témoignage et de transmission/filiation. En nous appuyant sur les théories états-uniennes du trauma, ainsi que sur la posture de l’écriture ernausienne, nous démontrons que le travail que laisse entrevoir la réécriture n’est pas de l’ordre de la catharsis. Enfin, si les théories du trauma mettent en évidence l’importance d’autrui dans le récit du trauma, c’est pour mieux indiquer que toute tentative de survie dépend de cette présence au sein du témoignage. De plus, à cette nécessité de raconter le récit du trauma s’ajoute l’importance de le transmettre. Puisque Annie Ernaux croit que son témoignage autobiographique doit se construire à la jonction de l’intime et du public, elle envisage son témoignage comme un don au lecteur. C’est de cette façon qu’elle croit aller au bout de son événement. » (résumé joint au mémoire)

GAILLARD, Georges, « Traumatisme, solitude et auto-engendrement. Annie Ernaux: L’événement », dans Filigrane, vol. 15, no 1 (printemps 2006), p. 67-86. +++ Article de revue

### « Au cours de la période de remaniement identificatoire du passage à l’âge adulte, la confrontation au traumatisme, et les vécus de transgressions opèrent, pour le Je, comme une tentative de séparation d’avec la psyché maternelle en ses points d’aliénation. Lorsque ces temps sont vécus dans la solitude, et ne sont pas socialisés par un lien au groupe, les éprouvés traumatiques sont configurés sur le mode de l’auto-fondation. Le sujet court alors le risque de se désarrimer de la communauté humaine sous le couvert de la revendication identitaire d’un statut d’exception. Ces configurations sont dépliées en appui sur un ouvrage de l’écrivain Annie Ernaux. Son texte autobiographique L’événement (2000), vaut comme paradigme de ces vécus traumatiques éprouvés par le Je dans la solitude, au seuil de l’âge adulte. Il permet de lire avec précision le mouvement de revendication identitaire et d’auto-engendrement mis en jeu à l’endroit même du traumatisme. » (résumé joint à l’article)

ARSENAULT, Hélène, « Le cycle des astres: oeuvre de création suivi d’un essai sur la mise en récit du quotidien », mémoire de maîtrise, Département des littératures de langue française, Université de Montréal, 2010, 150 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « La matière-source du Cycle des astres est une écriture du présent consignée à la volée, des instantanés du quotidien qui laisse trace dans une écriture-temps aux formes hétéroclites. À la fois inscription du présent et trace du passé, la double temporalité des textes participe à la construction narrative d’une œuvre de création où coexistent premiers jets, poésie et autographie, et à l’articulation d’un projet d’écriture où se déploie la construction du Sens. Je me suis intéressée au recyclage des archives, aux jeux de temporalités, mais principalement à la construction narrative du récit et à son effet sur la subjectivité à l’œuvre dans le texte. À partir d’une lecture critique de L’Événement d’Annie Ernaux, je propose dans Le surgissement à l’œuvre une analyse de l’écriture fragmentaire et hétérogène comme moyen pour saisir la réalité à travers l’expérience d’une conscience subjective incarnée dans un texte qui rétablit la cohérence à l’œuvre. » (résumé joint au mémoire)

LEDOUX-BEAUGRAND, Évelyne, De l’écriture de soi au don de soi: les pratiques confessionnelles dans La honte et L’événement d’Annie Ernaux, Montréal, Institut de recherches et d’études féministes (Cahiers de l’IREF), 2005, 139 p. +++ Monographie



L'événement (oeuvre)
TitreL'événement
AuteurAnnie Ernaux
Parution2000
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