Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Lac

Jean Echenoz, Lac, Paris, Éditions de Minuit, 1989, 192 p.

« Franck Chopin n’est pas de ces hommes qui ont eu très tôt un but dans la vie. Nulle vocation chez cet individu sinon celle de vétérinaire, vers dix ans, lorsqu’il aimait tellement soigner les petits mammifères, puis à vingt ans celle de chef de la révolution mondiale (Marx, Engels, Lénine, Chopin) – ensuite plus rien. Ensuite il va faire des études de sciences, qui le ramèneront à s’occuper des animaux – mais son objet d’étude est devenu l’insecte, la mouche plus précisément, qui est un genre qu’on ne soigne pas. Et quatre ou cinq fois dans sa vie, il a disparu deux mois ; comme il connaît peu de personne, on ne s’est pas trop inquiété.
Ces quatre ou cinq fois-là, personne au monde que le colonel Seck n’a su où il était. Le colonel Seck est l’officier traitant de Frank Chopin qui, outre ses travaux scientifiques, est également un fonctionnaire du renseignement à quart de temps, une sorte d’agent dormant qu’on réactive de temps en temps. Autant dire qu’il est un innocent, comme à peu près tous les espions, malgré ses vastes connaissances des théories et des techniques. Il n’est qu’une taupe, puisque c’est le mot, une taupe assez myope enfouie dans le sol natal. Or s’il n’était que myope jusqu’à ce jour d’averse, lorsqu’il rencontre Suzy Clair sur les Champs-Élysées, dès lors c’est absolument aveugle qu’il devint. »

(Quatrième de couverture de la première édition)

Documentation critique

CLOONAN, William , « Deep Down it’s Real Shallow : Jean Echenoz’s Lac and Postmodernity », Romance Notes, vol. 2, n° 35 (1994), p. 171-177. +++ Article de revue

WAGNER, Franck, « Le miroir et le simple (des récits postmodernes) », Oeuvres et critiques, vol. 23, n° 1 (1998), p. 74-99. +++ Article de revue

CHASSAY, Jean-François, « La science en creux », Tangence, n° 70 (automne 2002), p. 9-30. +++ Article de revue

JÉRUSALEM, Christine, « Le loufoque : une écriture en pattes de mouche », dans Jean-Pierre MOURAY et Jean-Bernard VRAY (dir.), Figures du loufoque à la fin du XXe siècle. Arts et littératures, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne (Arts), 2003, p. 135-147. +++ Chapitre de collectif

MERLIN, Cindy, « La traduction américaine du roman français contemporain », mémoire de maîtrise, département de philosophie, University of Colorado, 2003, 240 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### Résumé
La pensée française occupe depuis les années 1940 une place particulière aux États-Unis. De Jean-Paul Sartre à Albert Camus, Marguerite Duras et Claude Simon, en littérature comme en sciences humaines, les auteurs des années d’après-guerre ont ancré dans l’esprit américain l’image d’une culture française intellectuelle, brillante et novatrice. Pourtant une fois l’enthousiasme de l’existentialisme et du Nouveau Roman passé, ce qui avait séduit et fasciné est devenu aux yeux du public américain trop formaliste, narcissique et prétentieux, autant de conceptions dont la littérature française a longtemps souffert dans les années 1970 et 1980. Depuis une vingtaine d’années toutefois, elle semble avoir repris sa place aux États-Unis.

Aujourd’hui des auteurs tels qu’Annie Ernaux, Maryse Condé, Jean Echenoz, Patrick Chamoiseau et Jean-Philippe Toussaint ont par la qualité et la variété de leur écriture et de leurs sujets redéfini le roman français et ravivé l’intérêt des lecteurs et des éditeurs outre-Atlantique. Tous largement traduits, ils composent aux côtés de nombreux autres le tableau d’une littérature nouvelle et suffisamment riche pour interpeller la diversité des publics américains.

Pourtant avec la traduction vient la réappropriation. Le texte est tout d’abord revisité par son traducteur, puis par les éditeurs et les critiques. C’est sur cette conception de l’acte de traduction comme phénomène de réappropriation que repose cette étude. A travers l’examen de la traduction, de la promotion et de la réception de La Place d’Annie Ernaux, Lac de Jean Echenoz, La Salle de bain de Jean-Philippe Toussaint et La Médaille de Lydie Salvayre, elle vise à montrer que chacun de ces écrivains a été traduit aux États-Unis parce qu’il met en avant dans son oeuvre des traits distinctifs qui interpellent le public américain. Ce sont ces traits que les traducteurs, les éditeurs et les critiques discernent et s’approprient, produisant, infirmant ou consolidant par là même une certaine image de la littérature française contemporaine.

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest. ###

CLOONAN, William, « Jean Echenoz, OULIPO, and the Ludic Tradition », Rivista di Letterature Moderne e Comparate, vol. 55, n° 3 (juillet-septembre 2002), p. 327-338. +++ Article de revue



Lac (oeuvre)
TitreLac
AuteurJean Echenoz
Parution1989
TriLac
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