Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Le Chevron

Pierre Bergounioux, Le chevron, Lagrasse, Verdier (Jaune), 1996, 64 p.

« On ne saurait dire de Pierre Bergounioux s’il croit que la nature qui les environne trempe les hommes d’une certaine façon ou si l’écrivain ne s’attache aux paysages que pour autant qu’ils offrent des parallèles dans le règne des humains.
Avec Le Matin des origines, il nous avait livré son côté lumineux, l’or et l’azur du Lot.
Le côté âpre, ombreux et mouillé, c’est vers la Corrèze, un peu plus tard dans la vie, qu’il faut le chercher. L’horizon y est borné par la succession des combes et des hauteurs, les éléments s’interpénètrent, tout s’y altère, se dissout dans l’indistinct ou manifeste un caractère hostile, accidenté. L’ingratitude du pays y fait faire très tôt l’expérience de la contrariété.
Mais cette expérience même recèle son précieux antidote : le rêve. Non pas les songes faciles mais les vrais rêves, « ceux qui nés du réel, travaillent à y retourner ». Il arrive que cette opiniâtreté porte ses fruits, le rêve se fait réalité. Or, à peine goûté cet instant de grâce, une nouvelle adversité se lève. Il n’est pas jusqu’au plateau qui n’échappe à cette présence obscure.
À celle-ci le lecteur lui aussi trouve un antidote : la richesse chatoyante de la langue de Bergounioux, sa précision scrupuleuse, la profondeur de la vision qu’elle porte. »
(Présentation de l’éditeur)

Documentation critique

FORTIN, Mylène, « Figures, traces, énonciation dans La bête faramineuse, Le premier mot et Le chevron de Pierre Bergounioux » , mémoire de maîtrise, département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal, 2009, 105 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### Résumé
La démarche de Pierre Bergounioux, écrivain français contemporain (1949-), témoigne d’une obsession: dire d’où vient ce « je » qui parle, sent et voit; retrouver d’où lui vient cette manière de dire, de sentir, de voir; comme s’il s’agissait chaque fois d’inventer la mémoire du commencement. Cette écriture parait se structurer à partir de failles qui correspondent manifestement à l’origine, zones d’« ombre », angles morts, points aveugles où un réel échappe, demeure en reste de la symbolisation, du langage. Ces rouages de l’écriture construiraient et constitueraient le sujet de l’énonciation tout en témoignant de son surgissement. Afin de porter au jour ce sujet, ce mémoire s’intéresse aux dispositifs de la représentation: Il s’agit de se mettre à l’écoute non pas de ce que les textes disent, mais de ce qu’ils font. Dans la première partie intitulée Mémoire de l’origine, les phénomènes particuliers, les figures ainsi que les motifs récurrents ont été repérés en suivant l’ordre de leur surgissement dans chacun des trois textes à l’étude: La Bête faramineuse (1986), Le Chevron (1996) et Le Premier mot (2001). L’analyse des modes d’articulation des deux deuils présentés dans La Bête… -deuils d’un aïeul et de l’innocence -, a contribué à la mise en évidence du travail de l’imaginaire. Par la suite, la structure particulière du Chevron a permis de voir que l’écriture de Bergounioux est aux prises avec un désir de dire l’origine dont la satisfaction est à la fois nécessaire et impossible, créant une dynamique inépuisable à l’image de celle relative au paysage décrit dans le récit. Enfin, dans Le Premier mot, nous nous sommes intéressés aux effets suscités par la volonté de s’arracher aux déterminismes inhérents à la condition du sujet d’emblée soumis à l’image et au désir d’un autre qui le précède. Les trois ouvrages mettent donc de l’avant un sujet principalement travaillé, voire déterminé par l’imaginaire (La Bête… ), l’espace géographique (Le Chevron) et les ancêtres, les parents (Le Premier mot). L’analyse de ce sujet toujours déjà étranger à lui-même, subordonné aux lois d’un curieux désir qui l’inscrit dans une lignée et l’arrime à l’espèce a permis de dégager des similitudes avec certains phénomènes observés par Freud puis Lacan et qui régissent la vie psychique de l’être parlant. Ces caractéristiques témoignent dirait-on d’un corps particulier qui se trouve construit par et dans l’écriture. Dans la deuxième partie intitulée La trace, ce mémoire cherche à révéler les rouages de ce corps d’écriture, corps invisible, étranger et soumis aux lois du langage, du désir et du temps. Chacun des ouvrages étudiés présente une énonciation qui joue à sa façon de l’inscription temporelle du sujet. Puisqu’il se trouve stratifié, le temps qui s’inscrit dans la conscience donne lieu à des effets particuliers. Par exemple, le travail de mémoire de cette écriture s’accompagne de motifs récurrents, ainsi que de métaphores redondantes qui créent une espèce d’orbite autour de ce qui cherche à se dire. Il nous a semblé que cette dynamique de répétition s’inscrit à la place d’une trace suscitée par l’absence radicale correspondant à l’origine qui, à la fois irréductible et immémoriale, instaure une béance au coeur du sujet.

Fortin, 2009, PDF ###

LARROUX, Gilles, « Maux, remèdes, issues », Littératures, n° 60 (2009), p. 55-67. +++ Article de revue

### Porte également sur La mort de Brune ###

MONTFRANS, Manet von, « Hauteurs désertifiées, plaines surpeuplées. Pierre Bergounioux et Koos van Zomeren, chroniqueurs des métamorphoses rurales en France aux Pays-Bas », L’esprit créateur, n° 42 (été 2002), p. 22-23. +++ Article de revue

KORTHALS ALTES, Liesbeth et Manet von MONTFRANS, « Pierre Bergounioux : Un Limousin entre Descartes et Bourdieu », European Studies: A Journal of European Culture, History, and Politics, n° 18 (2002), p. 125-149. +++ Article de revue



Le Chevron (oeuvre)
TitreLe Chevron
AuteurPierre Bergounioux
Parution1996
TriChevron
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