Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Le feu d'artifice

Patrick Deville, Le feu d’artifice, Paris, Éditions de Minuit, 1992, 160 p.

« Il convenait, selon Juliette, pour vivre plus de vivre plus vite, pour rouler le temps de rouler sur les autoroutes, et nous la suivions tous les deux hypnotisés, Louis et moi, d’hôtels Ibis en bungalows de location, variant les modèles de nos bolides et quittant une Chevrolet Beretta pour une Ferrari Testarossa, dans cet état second où la fatigue conduit à l’hallucination. Car elle se jouait de nous, Juliette. Il lui suffisait de changer ses lunettes de soleil, de troquer ses Balorama pour des Bewitching, de glisser une nouvelle cassette dans son walkman et de passer une perruque pour vivre mille vies en mille lieux différents ; elle s’asseyait tout au fond des avions qui fendaient les arcs-en-ciel de leur impeccable trajectoire, pour le pur plaisir de se mouvoir dans l’espace et de contracter en retour le temps qui baignait la planète. »
(Quatrième de couverture)

Documentation critique

DÉDOMON, Claude, « Le Feu d’artifice de Patrick Deville : une écriture fragmentaire », dans Loxias, n° 41 (juin 2013), [en ligne]. +++ Article de revue

### Résumé
Cet article vise à montrer comment travaille l’esthétique du fragment dans Le Feu d’artifice. Dans ce roman, Patrick Deville organise la scène de l’écriture sous forme de collages et procède à la déréalisation des référents. La double fragmentation qui en résulte (une fragmentation radicale et une lente et douce fragmentation) laisse voir non seulement une pratique scripturale côtoyant les confins de l’art pictural, photographique et cinématographique mais aussi, et surtout, des personnages pris sous le charme de nombreuses images qui leur parviennent. Cette fascination permet à l’auteur de jeter un regard sur les paradigmes médiatiques et ses corollaires pour dénoncer les pratiques d’une société postmoderne foncièrement marquée par les simulacres et la simulation.

Abstract
This article aims to show how the aesthetics of the fragment works in Le Feu d’artifice. In this novel, Patrick Deville organizes the writing scene in the form of collages and makes derealization of referents. The double fragmentation that results (a radical fragmentation and slow and gentle fragmentation) reveals not only a scriptural practice mixing the confines of painting, photography and film, but also, and most important, characters caught under the spell of many images that they receive. This fascination allows the author to take a look at the media paradigms and its corollaries to denounce the practices of a society profoundly marked by postmodern simulacra and simulation.

Dédomon, 2013, PDF ###



Le feu d'artifice (oeuvre)
TitreLe feu d'artifice
AuteurPatrick Deville
Parution1992
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