Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Nous trois

Jean Echenoz, Nous trois, Paris, Éditions de Minuit, 1992, 224 p.

« Nous sommes, Meyer et moi, des agents de l’astronautique. Hélicoptères, avions, fusées, tout est bon pour nous élever l’esprit. Même les ascenseurs et les grues. Nous aimons tout ce qui est vertical. Nous sommes aussi des hommes à femmes. Nous connaissons par cœur leurs numéros de téléphone et leurs parfums, nous gardons leurs photos, leurs affaires oubliées chez nous. Nous ne les séduisons pas toujours avec le même bonheur. Elle est sans doute une femme inaccessible mais nous la voulons, nous l’aurons. Nous la suivrons partout. Nous trois parcourrons des millions de kilomètres pour découvrir que, si l’espace n’est que routine, la Terre ne manque pas d’affreux imprévus. »

(Quatrième de couverture)

Documentation critique

HOUPPERMANS, Sjef, « Pleins et trous dans l’oeuvre de Jean Echenoz », dans Michèle AMMOUCHE-KREMERS et Henk HILLENAAR (dir.), Jeunes auteurs de chez Minuit, Amsterdam / Atlanta, Rodopi (Cahiers de recherches des instituts néerlandais de langue et de littérature française, n°27), 1994, p. 77-94. +++ Chapitre de collectif

PANAÏTÉ, Oana, « Les fins de l’écriture. Réflexion et pratique du style dans les oeuvres de Jean Echenoz et Pierre Michon », French Forum, vol. 31, n° 2 (printemps 2006), p. 95-110. +++ Article de revue

###Résumé
« “Chassez le style par la porte, il rentrera par la fenêtre” s’intitule l’article signé par A. Compagnon dans le numéro que la revue Littérature consacre au style en 1997. Cette boutade est significative du regain d’intérêt largement partagé de nos jours par écrivains et critiques pour une notion que le structuralisme avait rendue “suspecte” à cause de ses accointances avec les concepts de norme, ornement ou écart. Depuis le tournant des années quatre-vingt, un nombre important d’auteurs contemporains récupèrent au profit d’un renouveau stylistique complexe et pluriel les procédés de subversion textuelle propres à leurs prédécesseurs. Le brouillage de la parole, le démantèlement de la phrase, la dispersion des voix narratives ou le dévoiement de la langue sont diversement réappropriés par maintes poétiques contemporaines. Nous nous intéresserons à deux catégories de textes dont l’émergence faisant l’objet de nombreux essais critiques et débats d’écrivains a marqué l’évolution récente de la prose narrative. On distinguera, d’une part, les récits pseudo-biographiques dans lesquels les thématiques réalistes se fondent dans le creuset d’une prose d’art tissés autour de l’articulation de la grande Histoire et des existences individuelles (la série amorcée par Les Champs d’honneur de Jean Rouaud), de la mémoire familiale (Vies minuscules de Pierre Michon, L’Amour des trois sœurs Piale de Richard Millet), des vies d’artistes (Vies antérieures de Gérard Macé, Rimbaud le fils de Pierre Michon). De l’autre, les romans métafictionnels allient les formes codifiées (roman policier, récit d’aventures, roman d’anticipation) à des thématiques anthropologiques telles que les identités hybrides (La Nébuleuse du Crabe d’Éric Chevillard), la banalité et l’anonymat (Monsieur de Jean-Philippe Toussaint), le fait divers (Nuage rouge de Christian Gailly), les voyages planétaires, voire interplanétaires (Je m’en vais, Nous trois de Jean Echenoz). Nous aborderons, dans un premier temps, les particularités distinctives des deux types de textes à travers une lecture stylistique des œuvres de Pierre Michon et de Jean Echenoz avant de dégager, dans un premier temps, les grandes articulations d’une poétique de la diction narrative à partir de leurs zones de partage et de leurs effets de contraste. » ###

DANGY, Isabelle, « L’obsession de la planète chez Echenoz », dans Arlette BOULOUMIÉ et Isabelle TRIVISANI-MOREAU (dir.), Le génie du lieu. Des paysages en littérature, Paris, Éditions Imago, 2005, p. 330-339. +++ Chapitre de collectif

###Porte aussi sur Le méridien de Greenwich. ###

BADIR, Yasmine, « “He” Who Knows Better Than “I” : Reactivating Unreliable Narration in Philip Roth’s Human Stain and Jean Echenoz’s Nous trois», dans Elke D’HOKER et Gunther MARTENS (dir.), Narrative Unreliability in the Twentieth-Century First-Person Novel, Berlin & New York, Walter de Gruyter («Narratologia», 14), 2008, p. 259-280. +++ Chapitre de collectif

LANGEVIN, Francis, « Enjeux et tensions lectorales de la narration hétérodiégétique dans le roman contemporain », thèse de doctorat, département des lettres et humanités, Université du Québec à Rimouski (en association avec l’Université Charles-De-Gaulle, Lille 3), 2008, 337 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###Résumé
« Le narrateur hétérodiégétique est celui qui ne raconte pas à la première personne, qui ne dit pas Je. Lorsque cette manière de raconter devient problématique ou spectaculaire, les théories littéraires ont du mal à décrire ce qui se joue quand à première vue personne ne raconte, personne n’organise le texte, personne n’organise la fiction, personne n’organise les idées.

A partir d’un corpus de romans parus depuis 1990 en France et au Québec, notre recherche s’est concentrée à repérer et décrire différentes incongruités de la narration hétérodiégétique.

Trois problèmes ont retenu notre attention : (1) L’ effacement des hiérarchies entre les récits. (2) Le brouillage des frontières entre le récit au Je et le récit à la troisième personne. (3) La surdétermination des rôles de narrateur hétérodiégétique.

Ces problématisations - effacement, brouillage et surcodage - déplacent l’intérêt du lecteur des aléas de l’anecdote, et le conduisent vers des “intrigues de la forme”. La lecture devient enquête, et ce qui paraissait incongru dans ces manières de raconter permet au contraire d’éclairer la fiction. La lecture construit, pour elle-même, sa propre petite fiction autour de ce qui fait mystère dans la narration : Qui parle, qui raconte, qui organise la fiction ?

L’ effacement des cadres du récit oblige lecteur des romans L’Immaculée conception (G. Soucy, 1994), Hier (N. Brossard, 2001) et Nikolski (N. Dickner, 2005) à construire pour lui-même une fiction intermédiaire qui rende signifiante une telle hétérogénéité–précisément parce que la structure narrative n’explicite pas les motivations de son organisation. Dès lors, l’intrigue devient une recherche d’un contexte où ces voix (re)trouveraient un cadre, une organisation, une hiérarchie.

Les romans Nous trois (J. Echenoz, 1992), En douceur (J.-M. Laclavetine, 1992) et Alto Solo (A. Volodine, 1991) brouillent les frontières entre les récits de première et de troisième personne. Pour résoudre ce brouillage, la lecture cherche à attribuer une origine à ces voix, et elle peut le faire en repérant dans la fiction des figures de narrateur dont le récit formerait une péripétie.

Les narrateurs de Sissy, c’est moi (P. Lapeyre, 1998), Tendre Julie (M. Rozenfarb, 1992) et Ravel (J. Echenoz, 2006) adoptent des postures très visibles : le travail du narrateur y est surdéterminé, ce qui crée une intrigue liée cette fois au repérage ludique des codes génériques et narratologiques qui apparaissent alors franchement détournés, voire parodiés.

En l’absence de l’Auteur - qui donne en sous-traitance une histoire à raconter - , le lecteur cherche une autre instance susceptible d’expliquer et de rendre pertinente cette apparente désincarnation. Pour appuyer sa compréhension de la forme, la lecture voudra résoudre les incongruités qui se présentent à elle, en ébauchant les contours d’un sujet fuyant : un sujet discursif (qui parle à qui et dans quel contexte ?), un sujet figural (qui, dans la fiction, pourrait bien raconter ?) et un sujet narratif (qui a bien pu organiser cette histoire ?). »

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest.###

FAERBER, Johan, « Nous trois : Jean Echenoz ou la généalogie d’une dialectique », dans Bruno BLANCKEMAN et Marc DAMBRE (dir.), Romanciers minimalistes, 1979-2003, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2012, p. 187-193. +++ Chapitre de collectif



Nous trois (oeuvre)
TitreNous trois
AuteurJean Echenoz
Parution1992
TriNous trois
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