Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Parlons de moi

Gilles Archambault - Montréal, Le Cercle du Livre de France, 1970, 204 p.

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« La maisonnée dort. Voyez, d’entrée de jeu, j’exagère. Il n’y a pas de maisonnée. Madeleine et moi n’avons eu qu’un fils. Il se prénomme Christian. Depuis un mois, je vis seul avec lui. J’ai pour mission de veiller sur sa conduite, et je pense que je m’acquitte de ma tâche sans fermeté excessive, avec un doigté assez exceptionnel. » (extrait, Boréal, 1997, p. 9)

Documentation critique

CONNOLLY, Carole, « Manifestations du narrataire dans le roman québécois », thèse de doctorat, département des lettres françaises, Université d’Ottawa, 1999, 252 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« Deux problématiques traversent cette étude : l’appel à l’Autre, tel qu’il se manifeste dans les oeuvres romanesques et, simultanément, un aperçu des techniques narratives caractéristiques du roman québécois avant et après 1960.

L’Autre du roman, c’est son narrataire extradiégétique. Le terme de “narrataire” est jeune, forgé par Roland Barthes en 1966, mais le souci du destinataire textuel remonte au moins à l’Antiquité grecque : Aristote en fait un des fondements de sa Rhétorique au IVe siècle avant Jésus-Christ. Les jalons subséquents dans l’évolution du concept de destinataire textuel ne seront posés, en réalité, qu’au XXe siècle, de concert avec le développement de la linguistique moderne (Saussure, les Formalistes, Bakhtine, Benveniste, Jakobson). Puis, en 1974, le structuraliste Gerald Prince fait valoir l’importance du narrataire proprement dit dans le discours romanesque : loin d’être un simple paradigme dépourvu de substance réelle, le narrataire se manifeste de façon concrète dans tous les romans et y assume des fonctions précises, variables selon les oeuvres. Et Prince de dresser un inventaire des indicateurs du narrataire dans les oeuvres romanesques et un aperçu des fonctions qu’il est susceptible d’assumer.

La présente étude met à contribution les travaux de Prince et de ceux qui ont engagé la discussion avec lui (Genette, Todorov, Rousset, Ifri, Piwowarczyk) dans le repérage et la description des narrataires extradiégétiques dans les romans retenus : Jean Rivard, le défricheur et Jean Rivard, économiste d’Antoine Gérin-Lajoie, L’Appel de la race de Lionel Groulx, Maria Chapdelaine de Louis Hémon, Mon cheval pour un royaume de Jacques Poulin et Parlons de moi de Gilles Archambault. Ce qui se dégage de ces situations variées est l’emploi du narrataire extradiégétique à une seule et même fin : l’interaction entre le narrateur et son narrataire, quels qu’en soient les avatars stratégiques, doit servir à convaincre le public ciblé par l’auteur du bien-fondé des propos du narrateur.

Du moins jusqu’en 1960… À partir de la Révolution tranquille, les narrataires ne seront plus les faire-valoir du narrateur, ne valideront plus comme auparavant ses propos. Dès lors, le lecteur doit choisir par lui-même d’adhérer ou non aux propos du narrateur, sans la caution du narrataire. » (Résumé joint à la thèse)

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CAMPION, Blandine, « Parlons de moi de Gilles Archambault : sous la sceau de la confidence », Études françaises, vol. 35, no 1 (printemps 1999), p. 147-159. +++ Article de revue

### « Dans l’œuvre romanesque de Gilles Archambault, la parole s’avère essentielle, tant pour la diégèse que pour la narration. Cette parole, éminemment privée, se développe sous la forme privilégiée de la confidence, ce qui explique la présence récurrente de monologues et de soliloques, dont la fonction est avant tout de mettre en place un processus d’auto-valorisation de l’anti-héros. A la fois parole pour soi et parole pour l’autre, la confession telle qu’elle apparaît dans Parlons de moi pose la question de la nature exacte du narrataire : ce dernier est-il intradiégétique ou extradiégétique ? L’analyse du roman révèle que l’absence concrète des personnages secondaires susceptibles déjouer le rôle de narrataires intradiégétiques incite le narrateur à créer lui-même, au cœur de son discours, un interlocuteur virtuel qui sert de support au transfert et se trouve à coïncider avec le lecteur virtuel du récit. » (résumé joint à l’article)

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Parlons de moi (oeuvre)
TitreParlons de moi
AuteurGilles Archambault
Parution1970
TriParlons de moi
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