Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Pascal Quignard - ensemble de l'œuvre

Documentation critique

BENNINGTON, Geoffrey, « La philosophie de Pascal Quignard », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 391-401. +++ Chapitre de collectif

REY, Jean-Michel, « La précréation », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 403-417. +++ Chapitre de collectif

VAN MONTFRANS, Manet, « Mue, musique et mutisme dans l’oeuvre de Pascal Quignard », Rapports Het Franse boek, vol. 71, no 1 (2001), p. 45-53. +++ Article de revue

CHARNEY, Hanna, « Les silences de la voix : de Quignard à des Forêts », L’esprit créateur, vol. 34, no 3 (automne 1994), p. 35-41. +++ Article de revue

DREVET, Patrick, « Quignard avant Quignard », Scherzo, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Richard ROBERT, no 9 (septembre-novembre 1999), p. 19-28. +++ Article de revue

### « Le lecteur, un de ses premiers récits, place face à face de part et d’autre du miroir des pages comme ils le seraient d’une part et d’autre d’une nappe liquide, le lecteur penché sur le texte et l’auteur émergeant de son reflet. Pascal Quignard présente ce face à face comme une lutte immobile sous des poussées antagonistes de même intensité, comme un affrontement amoureux  » (Extrait, p. 19) ###

ELSON, Christopher, « Sidérer : Deguy, Quignard, Levi-Strauss et l’écriture du désastre », dans Michael BISHOP et Christopher ELSON (dir.), French Prose in 2000, Amsterdam, Rodopi, 2002, p. 125-141. +++ Chapitre de collectif

DEGUY, Michel, « L’écriture sidérante », dans Adriano MARCHETTI (dir.), Pascal Quignard, la mise au silence, Seyssel, Champ Vallon, 2000, p. 43-64. +++ Chapitre de collectif

DECLERCQ, Gilles, « Paradoxes fictionnels. Rhétorique de la fable dans l’oeuvre de Pascal Quignard », Helmantica, vol. 50, nos 151-153 (1999), p. 229-256. +++ Article de revue

### « La Rome singulière évoquée dans une part importante de l’oeuvre de P. Quignard frappe le lecteur par sa présence, qui s’impose précisément par la force imageante de la langue. Mais un tel pouvoir accordé à l’image rend cette Rome équivoque : entre histoire et fiction, son évocation irrite autant qu’elle fascine. Rhétorique et littérature, histoire et fiction : les questions insolemment soulevées par l’oeuvre “romaine” de Quignard ne peuvent laisser indifférents l’historien de la rhétorique et le théoricien de la littérature. » (Résumé joint à l’article)

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DONADILLE, Christian, « Pascal Quignard ou le jansénisme de l’écriture », Europe,  vol. 78, no 851 (mars 2000), p. 213-223. +++ Article de revue

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Pascal Quignard une poétique de l’agalma », Études françaises, vol. 40, no 2 (2004), p. 39-53. +++ Article de revue

###« La psychanalyse freudienne et lacanienne nourrit l’oeuvre de Pascal Quignard dont elle influence notablement la position éthique et esthétique, en ce qui concerne notamment la question du langage. Pour l’auteur, elle est aussi un fabuleux réservoir d’images et de fictions en dormance, orientées vers le passé. Pascal Quignard, en quelque sorte contre Proust, médite sur le temps perdu, non pour le retrouver mais pour s’en affranchir au profit de ce qu’il nomme le Jadis, dont l’objet sordide porte témoignage. Cette lecture engage une poétique singulière : l’écriture se fera analytique au sens premier du terme, cherchant à déjouer la préemption du langage pour laisser place à la surprise de l’ineffable. » (Résumé joint à l’article)

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DECLERCQ, Gilles, « Le retrait de la langue : rhétorique de l’ineffable dans l’oeuvre de Pascal Quignard », dans Jacinthe MARTEL et Robert MELANÇON (dir.), Inventaire, lecture, invention. Mélanges de critique et d’histoire littéraire offerts à Bernard Beugnot, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1999, p. 373-384. +++ Chapitre de collectif

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, Mémoires de l’origine : un essai sur Pascal Quignard, Paris, Flohic (Écritures), 2001, 318 p. +++ Monographie

### Ouvrage réédité en 2006: LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, Mémoires de l’origine : un essai sur Pascal Quignard, Paris, Galilée (Lignes fictives), 2006, 318 p. ###

MARCHETTI, Adriano (dir.), Pascal Quignard, la mise au silence, Seyssel, Champ Vallon, 2000, 208 p. +++ Collectif

###« Ce recueil d’études est le premier consacré à l’oeuvre de Pascal Quignard. Il est le fruit de l’amitié et de la générosité des romanciers, poètes, critiques qui se sont réunis à Bologne pour la célébrer en 1998. Cette réflexion plurielle à propos d’un auteur connu et largement traduit semblait le plus bel hommage à lui rendre. À travers les propos de lecteurs-témoins, elle compose une sorte de fresque en épisodes qui renonce à la prétention de comprendre un contemporain mieux qu’il ne se comprend lui-même. Ces études, ces indices et ces constats de la complexité de l’oeuvre sont le reflet évident d’une lecture à plusieurs voix qui, chez tous les rhapsodes, français et italiens, s’est faite sur le mode de la complicité. L’ouvrage s’ouvre sur un conte inédit de Pascal Quignard: La Voix perdue. » (Quatrième de couverture)

Sommaire :

  • « La voix perdue » / Pascal Quignard.
  • « L’écriture sidérante » / Michel Deguy. *
  • « Le visage de la langue » / Paolo Bagni. *
  • « Chasser, lire, écrire : le silence des traces » / Pierre Lepape. *
  • « L’ascétisme de l’écriture » / Adriano Marchetti. *
  • « Ce qui interrompt le langage » / Jacqueline Risset. *
  • « Musique et silence » / Giovanni Bogliolo. *
  • « Une leçon d’écriture : le style et l’harmonie chez Pascal Quignard » / Gilles Dupuis. *
  • « La beauté mûre » / Andrea Bedeschi. *
  • « Scève : l’Höderlin de Quignard » / Ruggero Campagnoli. *
  • « La lecture et son avers » / Jean d’Yvoire. *
  • « Remarques pour Pascal Quignard » / Ferdinando Camon.

*Références disponibles sur auteurs.contemporain.info ###

MARTIN, Jean-Pierre, « Le critique et la voix : la double injonction », Études françaises, vol. 39, no 1 (2003), p. 13-23. +++ Article de revue

###« On tend à distribuer les rôles : à l’écrivain la voix, au critique le savoir réflexif. D’un côté, une mystique de l’écriture (aujourd’hui souvent dominante), de l’autre, l’obsession scientiste. Dans la tradition de la pensée critique française, ce dualisme simpliste n’est pas sans conséquences. Il réduit trop souvent l’exercice de la pensée à la construction impersonnelle d’une glose, où la subjectivité n’est plus assumée. Leiris, Quignard, Barthes, Sartre, Calvino, Adorno ont tour à tour posé dans toute sa complexité cette question du rapport entre la voix et le savoir, entre la subjectivité et la grammaire, invitant à une écriture critique où la rigueur ne s’oppose plus au rythme, où une voix singulière, informée et vivante s’adresse à un lecteur dans une relation tout à la fois spéculative et émotionnelle. » (Résumé joint à l’article)

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MIGUET-OLLAGNIER, Marie, « Quignard secret », Travaux de littérature, vol. 13 (automne 2000), p. 319-335. +++ Article de revue

### « Sans être entré jusqu’à ce jour dans l’entreprise autobiographique avec ce que cela suppose de regard rétrospectif sur l’ensemble d’une vie, Pascal Quignard, réfléchissant sur son dernier livre, Vie secrète, y voit une lueur ou une lumière zodiacale dirigée sur lui-même, une attention aux premières traces énigmatiques présentes dans sa vie. Il recourt à l’image des meurtrières pour caractériser cet autoportrait fuyant […]. Nombre des ses écrits antérieurs, et même peut-être un texte de critique littéraire qu’il a rédigé à l’âge de vingt ans (le troisième chapitre de son Essai sur Maurice Scève), ont déjà constitué des meurtrières, soit par leur contenu textuel, soit par leur paratexte (préfaces, titres, quatrièmes de couverture), soit enfin par l’échange conscient ou inconscient qui s’est effectué entre texte et paratexte. Nous allons nous poster à quelques meurtrières pour entrevoir certains de ses secrets et interroger quelques-unes de ses œuvres – romans, essais sur la musique, la peinture, la littérature, récits sans mention générique –, jusqu’à Vie secrète, où la poussée autobiographique, encore contenue, apparaît plus insistante. » (Extrait de l’introduction, p. 319) ###

PAUTROT, Jean-Louis, « Pascal Quignard et la pensée mythique », French Review, vol. 76, no 4 (mars 2003), p. 752-754. +++ Article de revue

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PAUTROT, Jean-Louis, « La voix narrative chez Pascal Quignard : de l’oracle à la fraternité », dans Michael BISHOP et Christopher ELSON (dir.), French Prose in 2000, Amsterdam, Rodopi, 2002, p. 173-181. +++ Chapitre de collectif

QUINSAT, Gilles, « Pascal Quignard ou l’ironie de la pensée », Critique, nos 397-398 ( juin-juillet 1980), p. 571-579. +++ Article de revue

RABATÉ, Dominique, « Vérité et affirmations chez Pascal Quignard », Études françaises, vol. 40, no 2 (2004), p. 77-85. +++ Article de revue

###« Ce qui frappe d’abord dans l’oeuvre de Pascal Quignard, c’est sa force assertive, son goût pour l’affirmation — parfois péremptoire. C’est à partir de ce trait stylistique et rhétorique que l’on peut tenter de définir son rapport complexe à la vérité. Car si le texte asserte avec autorité, c’est pour rappeler constamment l’échec de sa prétention au vrai, les tâtonnements d’une écriture qui cherche plutôt à excéder le défaut du langage. » (Résumé joint à l’article)

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RABATÉ, Dominique, « “Le chaudron fêlé” : la voix perdue et le roman », Études françaises, vol. 39, no 1 (2003), p. 25-37. +++ Article de revue

###« À partir du commentaire d’une page célèbre de Madame Bovary, dans laquelle le narrateur flaubertien définit la “parole humaine” comme un “chaudron fêlé”, cet article analyse comment le roman procède à la mise en scène ironique des discours communs. Contre l’idéal chimérique de la parole pleine, le roman choisit la parole triviale, la parole vide, le retrait de la voix dans l’écriture. C’est ainsi sous l’emblème de ce chaudron fêlé que sont examinées certaines des représentations que le roman donne à l’incomplétude fondamentale de la parole, ou encore le jeu qu’il instaure entre complétude désirée et incomplétude constatée. Ce mouvement général conduit à accentuer certaines solutions esthétiques propres au roman du XXe siècle, notamment dans les figures de l’enfant (en tant qu’in-fans), ou dans la problématique du chant impossible. La voix perdue, chez Bernanos, des Forêts ou Quignard, fait office de fétiche en ce qu’elle désigne l’irrémédiable deuil de l’unité originelle. Singulière et pourtant étrangère à celui qui la profère, la voix — parce qu’elle s’absente de sa source physique — est ce par quoi s’exerce le charme toujours recommencé de la littérature. » (Résumé joint à l’article)

Cet article apparaît, sous une forme remaniée, dans Dominique Rabaté, Le chaudron fêlé. Écarts de la littérature, Paris, José Corti (Les essais / Rien de commun), 2006, p. 15-76. ###

WINKLEMAN, Mark Leslie, « Pascal Quignard : l’identité de l’écriture », thèse de doctorat, Department of French, University of Illinois at Urbana, 1995, 179 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « Ces trois chapitres tentent de montrer que la problématique d’une identité fragmentaire cherche à s’unifier, c’est-à-dire à se joindre avec ses compléments par moyen d’une écriture essentiellement historique. L’histoire est nécessaire parce qu’elle permet de remonter à une période d’avant la fragmentation et de retrouver l’unité première. Cet effort est voué à l’échec, cependant, parce qu’il dépend des phénomènes de langue, tout en voulant recréer un état qui précède le développement de la langue. L’oralité de la langue parlée permettra une actualité linguistique qui restera malheureusement imparfaite et de courte durée. L’écriture sera capable de faire revivre les morts dans l’actualité de la lecture seulement. Ils seront des fantômes dont les paroles pourront durer uniquement dans la forme morte – la forme écrite. Ils n’entreront jamais dans le réel. » (Extrait du résumé joint à la thèse)

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest. ###

ZIMMERMANN, Laurent, « De l’humour dans la théorie littéraire », Littérature, no 132 (décembre 2003), p. 100-111. +++ Article de revue

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Dossier « Pascal Quignard ou le noyau incommunicable », sous la direction de Jean-Louis PAUTROT et Christian ALLÈGRE, Études françaises, vol. 40, no 2 (2004), 136 p. +++ Dossier de revue

### Sommaire du dossier « Pascal Quignard ou le noyau incommunicable » :

  • « La métayère de Rodez » / Pascal Quignard.
  • « Une écriture intraitable » / Bruno Blanckeman. *
  • «Les “fictions critiques” de Pascal Quignard » / Dominique Viart. *
  • « Pascal Quignard, une poétique de l’agalma » / Chantal Lapeyre-Desmaison. *
  • « La musique de Pascal Quignard » / Jean-Louis Pautrot. *
  • « Vérité et affirmataions chez Pascal Quignard » / Dominique Rabaté. *
  • « Dix questions à Pascal Quignard » / Jean-Louis Pautrot.
  • « Bibliographie » / Jean-Louis Pautrot.

*Références disponibles sur auteurs.contemporain.info

Le dossier est accessible via Érudit. ###

Dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, Revue des sciences humaines (Lille), no 260 (octobre-décembre 2000), 290 p. +++ Dossier de revue

### Sommaire du dossier « Pascal Quignard » :

  • « L’image et le jadis » / Pascal Quignard.
  • « Avec » / Gérard Farasse.
  • « Charade » / Philippe Bonnefis.
  • « Du fascinus comme nouement » / Jean Bellemin-Noël. *
  • « Le moindre mot. Pascal Quignard et l’éthique de la minutie » / Dominique Viart. *
  • « La frontière d’Orphée » / Claude Coste. *
  • « Écrire pour l’an 1640 » / Francis Marcoin. *
  • « Petites variations sur “la frontière” » / Élisabeth Lemire et Jacques Cotin. *
  • « Vie secrète ou le titre capital » / Bruno Blanckeman. *
  • « De Louis Cordesse et de quelques procédés rhétoriques à la renaissance. Additif aux Petits traités de Pascal Quignard » / Frank Lestringant. *
  • « Le nom de Guenièvre » / Dolorès Lyotard. *
  • « Figures du sublime » / Jean-Michel Rey. *
  • « L’écriture sidérante » / Michel Deguy. *
  • « Les Tragiques » / Patrick Wald Lasowski. *
  • « Donec transeam » / Jean-François Lyotard. *

*Références disponibles sur auteurs.contemporain.info ###

Dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Richard ROBERT, Scherzo, no 9 (septembre-novembre 1999), 41 p. +++ Dossier de revue

### Sommaire du dossier « Pascal Quignard » :

  • « Quignard avant Quignard » / Patrick Drevet. *
  • « Pascal Quignard » / Marie Rouanet.
  • « De l’origine à la fin, et retour : chronosophie de Pascal Quignard » / Martin Belskis. *
  • « L’écriture à l’épreuve de la défaillance » / Olivier Chazaud. *

*Références disponibles sur auteurs.contemporain.info ###

BIMAR, Magali, « La publication de l’oeuvre de Pascal Quignard », mémoire de DEA, département des lettres modernes, Université de Provence, 2004, 143 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

LYOTARD, Dolorès, Cruauté de l’intime : Barbey d’Aurevilly, Jules Vallès, Franz Kafka, Jean-Paul Sartre, Pascal Quignard, Villeneuve-d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2003, 276 p. +++ Monographie

### « Le livre Cruauté de l’intime se présente comme un recueil d’études offrant en huit sections des lectures sur Barbey d’Aurevilly, Jules Vallès, Franz Kafka, Jean-Paul Sartre, Pascal Quignard. Corpus hétérogène dont l’auteur marque les différences de ton, de style qui singularisent ces auteurs, mais souligne leur communauté d’appartenance. Leur art est un exercice de cruauté : l’imagination y exploite quelque blessure secrète devenue intimation et nerf de la création littéraire. Le statut de l’intimité relève ici d’une dette d’affect dont les oeuvres sont le résultat.À travers cette palette de formes, l’auteur interroge les limites de la chose littéraire (croisées du corps et du corpus, coeur mêlé de la lettre et de son « dehors »), qu’elle soit de genre épistolaire, romanesque, réflexive, et pose que la lecture doit être partage esthétique si elle veut éclairer et réserver ce mystère qu’est l’oeuvre. » (Présentation de l’éditeur) ###

BONNEFIS, Philippe et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, 459 p. +++ Collectif

###« Sous le titre Pascal Quignard, figures d’un lettré s’est tenu du 10 au 17 juillet 2004, au Centre culturel de Cerisy-la-Salle, un colloque consacré à l’oeuvre de Pascal Quignard, en présence de l’écrivain, et avec sa participation. Ce livre rassemble la totalité des conférences qui y furent prononcées et les textes que ce rendez-vous sollicita ». (Extrait de l’introduction, p. 9)

Sommaire :

  • « Préface » / Philippe Bonnefis et Dolorès Lyotard.
  • « Le roi au pied mouillé » / Pascal Quignard.
  • « Pascal » / Philippe Bonnefis.
  • « Coque bleue » / Patrick Wald Lasowski.
  • « Les écritures apocryphes de Pascal Quignard » / Mireille Calle-Gruber. *
  • « À vide » / François Berquin.
  • « Fiat lux » / Aymeric Glacet.
  • « J’obéis les yeux fermés à ma propre nuit » / Bruno Blanckeman. *
  • « Terrassa Rom…an » / Benoît Reynaud. *
  • « La haine de l’Amérique » / Frank Lestringant. *
  • « Les escaliers de Chambord, roman d’apprentissage de la lecture et de l’écriture » / Claudette Oriol-Boyer. *
  • « Il était une fois » / Pierre Lepape.
  • « Le Japon, dernier royaume de Pascal Quignard » / Philippe Forest. *
  • « Les icônes de la voix » / Danielle Cohen-Levinas. *
  • « Le latin de Pascal Quignard » / Bénédicte Gorrillot. *
  • « La Bruyère selon Pascal Quignard : le biographe et ses liens » / Jean-Michel Delacomptée. *
  • « Énigmes de la langue-mère » / Chantal Brunot. *
  • « Hypothèses de la voix : voix, littérature, traces de la résonance » / Midori Ogawa. *
  • « Nuit fossile » / Dolorès Lyotard. *
  • « Real Archives » / Isabelle Mangou. *
  • « Lumière du monde voisin qui passe » / Michel Deguy.
  • « Genèses de l’écriture » / Chantal Lapeyre-Desmaison. *
  • « L’intrigue » / Bruno Clément. *
  • « L’hic et nunc de l’écrire immémorial » / Irène Fenoglio. *
  • « Jadis, jamais bientôt (l’amour) » / Jean-Luc Nancy.
  •  « La philosophie de Pascal Quignard » / Geoffrey Bennington. *
  • « La précréation » / Jean-Michel Rey. *
  • « La proie pour l’ombre » / Gérald Sfez. *
  • « 17 juillet » / Gérard Farasse. *

* Références disponibles sur auteurs.contemporain.info ###

BELSKIS, Martin, « De l’origine à la fin, et retour : chronosophie de Pascal Quignard », Scherzo, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Richard ROBERT, no 9 (septembre-novembre 1999), p. 33-35. +++ Article de revue

### « Le silence selon Pascal Quignard est celui de l’origine, de la nuit primitive, de l’inconnaissable, de “l’opacité inintelligible du réel” […[ c’est aussi le mode d’expression propre aux choses mêmes, plus indicibles que muettes, incapables de parler mais surtout d’offrir une prise convaincante à la parole humaine. […] La parole est le deuxième temps de la chronosophie de Pascal Quignard. C’est le temps du “je” de la conscience, de la raison, du langage, de la société. […] L’écriture est cet effort pour remonter à la source ». (Extrait, p. 33-34) ###

CALLE-GRUBER, Mireille, « Les écritures apocryphes de Pascal Quignard », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005. p. 43-57. +++ Chapitre de collectif

VIART, Dominique, « Écrire avec le soupçon - enjeux du roman contemporain », dans Michel BRAUDEAU, Lakis PROGUIDIS, Jean-Pierre SALGAS et Dominique VIART, Le roman français contemporain, Paris, Ministère des affaires étrangères - ADPF, 2002, p. 129-174. +++ Chapitre de collectif

GORRILLOT, Bénédicte, « Le latin de Pascal Quignard », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 199-217. +++ Chapitre de collectif

###« [Quignard] recourt, comme “ensorcelé” et mû par une force supérieure, à ce qui n’est plus dans l’esprit de beaucoup comme la “jaunasserie tour à tour un peu blanchâtre ou grisâtre, […] des pages des versions du collège” [Petits traités, I, p. 181]. Le paradoxe se renforce si l’on considère que le latin ne recouvre pas seulement une pratique linguistique de nos jours archaïsante, mais renvoie, chez le créateur, à une prise de partie plus brûlante qui nécessite, comme dans ses Petits traités, des “thèses” ou des “contre-arguments”. Je me propose ici de décrire les diverses manifestations de ce recours paradoxal et d’en saisir les motivations. » (Extrait de l’introduction, p. 199) ###

OGAWA, Midori, « Hypothèses de la voix : voix, littérature, traces de la résonnance », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 241-258. +++ Chapitre de collectif

###« “Écrire, c’est entendre la voix perdue”, affirme Pascal Quignard. Considérant cette voix non pas comme le moyen d’écrire mais comme sa raison d’être, l’écrivain pose l’énigme de la voix perdue. Perdue, mise ainsi hors d’atteinte, cette voix nous hante pourtant comme la “mémoire lancinante”, celle de l’infans dont l’homme fut brutalement sevré pour devenir ce qu’il est devenu : l’être-de-la-langue. Si “Entendre la voix perdue” relève d’une épreuve paradoxale, voire impossible, c’est pourtant elle qui soutient l’acte d’écriture. Je vais me pencher ici sur ce rapport ambigu qui lie la voix à l’écriture. » (Extrait de l’introduction, p. 241-242) ###

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Genèses de l’écriture », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 327-339. +++ Chapitre de collectif

###« Si la genèse est l’ensemble des formes ou des éléments qui ont contribué à produire quelque chose, la manière dont une chose s’est formée, le pluriel ici employé parie sur la pluralité des déterminations, des nécessités. Et si la genèse est aussi récit de la création, quels mondes inventent les premières oeuvres de Pascal Quignard ? » (Extrait de l’introduction, p. 327) ###

CLÉMENT, Bruno, « L’intrigue », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 341-353. +++ Chapitre de collectif

###« J’appelle “intrigue”, dans l’oeuvre de Pascal Quignard, et dans quelques autres, très peu nombreuses, l’entremêlement serré, l’adhésion mutuelle, inextricable (comme en un corps à corps rapproché, indistinct, sans partage) du texte et de l’indication de son sens. On dirait, dans le vocabulaire de la tradition scolastique, et je dirais aussi, pour commencer : intrication de l’oeuvre et de son commentaire. » (Extrait de l’introduction, p. 341) ###

LAPEYRE-DESMAISON, Andrée Chantale, « L’art de la mémoire comme principe d’organisation rhétorique de l’oeuvre de Pascal Quignard », thèse de doctorat, faculté des lettres, Université Bordeaux 3, 1999, 364 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

BLANCKEMAN, Bruno, « Les ambiguïtés du récit dans l’oeuvre de Jean Echenoz, Hervé Guibert et Pascal Quignard », thèse de doctorat, département des lettres, Université Paris 7, 1995, 443 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« Les œuvres de Jean Echenoz, Pascal Quignard, Hervé Guibert et de leurs contemporains se caractérisent par la pratique d’un récit indécidable, dans ses composantes génériques, thématiques, sémantiques ou stylistiques. Les tendances littéraires actuelles qui se laissent ainsi lire concernent le rapport problématique à l’idée de fiction, à la pratique du langage, à la notion d’identité. L’ambiguïté définit le mode même de diffusion du sens dans un récit qui révèle tacitement son appartenance postmoderne. » (Résumé joint à la thèse)

Version remaniée de la thèse : BLANCKEMAN, Bruno, Les récits indécidables : Jean Echenoz, Hervé Guibert, Pascal Quignard, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2000, 222 p. ###

RABATÉ, Dominique, « Mélancolie du roman. La fiction dans l’oeuvre de Pascal Quignard », dans Dominique VIART (dir.), Écritures contemporaines 1. Mémoires du récit, Paris / Caen, Minard (La revue des lettres modernes), 1998, p. 29-45. +++ Chapitre de collectif

### « Mon hypothèse est ainsi la suivante : comme il y a eu, à la fin du XIXe siècle, dans les marges du naturalisme, des tentatives plus ou moins isolées d’inventer un roman autre, ce que l’on peut appeler un “roman célibataire”, tentatives sans postérité immédiate mais qui ont permis l’essor de À la recherche du temps perdu, il y aurait à la fin de notre siècle - comme si chaque fin de siècle ruminait de nouvelle solutions esthétiques aux apories des mouvements conquérants - un ensemble de livres s’essayant à produire une forme neuve de fiction, ensemble de textes liés par un indiscutable air de famille, sans pour autant former d’école constituée, ne pouvant même le faire puisqu’il s’agit plutôt de solutions individuelles à la perception du même malaise général […] Depuis Carus (1979) jusqu’à La haine de la musique (1996), je m’intéresserai donc aux tentatives ou aux refus que cette oeuvre déploie pour parvenir à une fiction continue, c’est-à-dire échappant parfois au fragmentaire pour y revenir. » (Extrait, p. 30-31) ###

MARCHETTI, Adriano, « L’ascétisme de l’écriture », dans Adriano MARCHETTI (dir.), Pascal Quignard, la mise au silence, Seyssel, Champ Vallon, 2000, p. 85-100. +++ Chapitre de collectif

### « La littérature apparaît désormais comme le théâtre où le signe et le sens se sont condamnés à la séparation, par passion d’expérimentation et d’invention. D’un côté, le signe, dans le but de se dégager d’une signification autoritaire, est poussé à être reconnu dans sa matérialité, dans ses nombreuses ressources graphiques, phoniques, morphologiques, syntaxiques, phonosymboliques et dans les hardiesses rhétoriques […]. De l’autre côté, une certaine inspection de sens semble poursuivre la recherche d’une communication difficile dans la “communauté de communication”. » (Extrait, p. 88) ###

BOGLIOLO, Giovanni, « Musique et silence », dans Adriano MARCHETTI (dir.), Pascal Quignard, la mise au silence, Seyssel, Champ Vallon, 2000, p. 109-117. +++ Chapitre de collectif

### « Tant dans l’oeuvre du narrateur que dans celle de l’essayiste, — mais dans son cas ces frontières sont extrêmenent labiles, et c’est presque toujours la seconde qui déborde sur la première — , la musique est un élément constitutif primordial et constant. Et cela non seulement parce qu’à l’une comme à l’autre la musique, son essence, son langage et les problèmes de son exécution et de son écoute offrent, quand ce n’est pas franchement leur sujet ou leur prétexte, au moins l’occasion de réflexions récurrentes et significatives : l’enracinement est beaucoup plus profond et laisse des traces reconnaissables également au niveau de la composition et du style. » (Extrait, p. 111) ###

DUPUIS, Gilles, « Une leçon d’écriture : le style et l’harmonie chez Pascal Quignard », dans Adriano MARCHETTI (dir.), Pacal Quignard, la mise au silence, Seyssel, Champ Vallon, 2000, p. 119-130. +++ Chapitre de collectif

### « Ce qui m’avait surtout fasciné à la lecture de l’oeuvre n’était pas tant que le sujet en fût la musique, mais que sa composition même fût musicale. En lisant Quignard, j’entendais une musique — cette “petite musique” du style dont parle Céline — et ce sont les secrètes harmoniques de ce style, ces petites notes à peine audibles, qui captèrent mon attention. Je me suis donc remis à l’écoute de cette musique. Aussi est-ce le fruit de cette audition que je tenterai ici de transmettre. » (Extrait, p. 121-122) ###

BEDESCHI, Andrea, « La beauté mûre », dans Adriano MARCHETTI (dir.), Pascal Quignard, la mise au silence, Seyssel, Champ Vallon, 2000, p. 131-150. +++ Chapitre de collectif

### « On comprend […] l’extrême pertinence de ces images de fleurs et des observations qui s’y rattachent dans le roman : elles introduisent un élément appartenant à la beauté naturelle, soumis au passage du temps, à la vie et à la mort. Ces images sont ainsi des données qui tissent à l’intérieur du texte un réseau de signification cohérent. » (Extrait, p. 135-136) ###

D’YVOIRE, Jean, « La lecture et son avers », dans Adriano MARCHETTI (dir.), Pascal Quignard, la mise au silence, Seyssel, Champ Vallon, 2000, p. 161-170. +++ Chapitre de collectif

TAYLOR, John, « A Passionate Lettré (Pascal Quignard) », dans Paths to Contemporary French Literature, volume 2, Nouveau-Brunswick / New Jersey, Transaction Publishers, 2007, p. 199-211. +++ Monographie

VIART, Dominique, « Le moindre mot. Pascal Quignard et l’éthique de la minutie », Revue des sciences humaines (Lille), dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, no 260 (octobre-décembre 2000), p. 61-74. +++ Article de revue

### « Quiconque a ouvert un livre de Pascal Quignard aura remarqué en effet cet attachement aux détails, petites choses et moindres mots, dans les romans dont la précise attention nourrit la longueur, comme dans les traités, où le trait résume et rassemble parfois sur une seule page la minutie d’une pensée. […] Car le souci du “petit” nous vient de plus loin, au tournant même de ce siècle dont nous sortons bientôt – et la recherche qu’en fait Pascal Quignard tient plus de l’exigence que de l’extase. » (Extrait, p. 61-62) ###

COSTE, Claude, « La frontière d’Orphée », Revue des sciences humaines (Lille), dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, no 260 (octobre-décembre 2000), p. 75-100. +++ Article de revue

### « Quand Charles Chenogne, le personnage-narrateur du Salon du Wurtemberg, retrouve avec émotion la maison de son enfance, le récit de cette remontée vers les origines prend une dimension modestement mythique : “Qu’on me pardonne cette comparaison bien ambitieuse : j’étais Orphée. J’étais dans les Enfers. Des ombres me hélaient. Je longeais le Styx. J’entrais aux gorges du Ténare.” Cette prière au lecteur, toute l’œuvre de Pascal Quignard pourrait la faire sienne. Pour le personnage comme pour son auteur, les richesses du mythe sont multiples : volonté, solidarité. Et surtout, art du détour. Grâce à l’indirect de la fable, l’écrivain tente de corriger les défauts de la langue. » (Extrait de l’introduction, p. 75-76) ###

MARCOIN, Francis, « Écrire pour l’an 1640 », Revue des sciences humaines (Lille), dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, no 260 (octobre-décembre 2000), p. 101-116. +++ Article de revue

### « En 1992, au début de La Frontière, Pascal Quignard écrit : “En 1979, j’ai écrit que j’espérais être lu en 1640”. Ce vœu, “J’espère être lu en 1640”, il l’avait formé dans le XIVe de ses Petits Traités, “Noésis”, mais l’ “Avertissement” de la seconde édition de Carus nous dit quelque chose du même ordre : “Chaque roman a le saint qui le protège, le lecteur ancien qu’il rêve…”. Stendhal, qu’il admire et chez qui il a surtout relevé une insulte, “chien de lisard”, passe, lui, pour n’avoir attendu de lecteurs que pour plus tard, tout en se demandant ce qu’auraient pensé Cimarosa ou L’Arioste. À sa suite, notre modernité postule cette idée qu’on s’adresse à ceux que Balzac, rêvant de laisser une archéologie de son temps, appelait nos “neveux” aux premières pages d’Un début dans la vie, un roman qui se réclamait de la paléontologie. Les bouleversements esthétiques survenus dès le début de notre siècle, aujourd’hui encore mal digérés, et avant cela, les difficiles débuts de l’Impressionnisme, pourtant moins longtemps difficile qu’on ne le dit, ont accrédité l’idée que l’artiste, en position d’avant-garde, serait forcément incompris de ses contemporains, condamné à écrire pour des lecteurs qu’il ne connaîtrait pas, voué à déplacer un horizon d’attente, notion aujourd’hui galvaudée. Quignard, devant Jauss, reste perplexe, hésite entre admiration et ironie. » (Extrait de l’introduction, p. 101) ###

LEMIRE, Élisabeth, et Jacques COTIN, « Petites variations sur “la frontière” », Revue des sciences humaines (Lille), dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, no 260 (octobre-décembre 2000), p. 117-131. +++ Article de revue

### « Comme se plaît à le rappeler Michel Deguy, “l’œuvre vient de l’œuvre et le livre vient des livres”. C’était l’esthétique traditionnelle des Romains, des Chinois, des classiques : ne pas vouloir à tout prix faire différent (on dirait aujourd’hui “original”), mais tenter de faire mieux que le modèle qui émeut. Ils sont dangereux ceux-là, quand il faut aller au corps de leurs mots, pour le camper, et discerner – dans ce corps fait d’innombrables autres corps échoués au long du temps – leur propre visage. Si on les veut percer, on ne peut qu’imiter leur pratique et redoubler l’auteur en tentant de composer une petite variation comme Monsieur de Sainte-Colombe au premier matin d’un monde ou comme Brahms sur un thème de Haendel. C’est cela à quoi nous avons voulu nous risquer : relire La frontière en charognant sans aucune vergogne les œuvres dePascal Quignard, et plus particulièrement Les tablettes de buis d’Apronenia Avitia et Le sexe et l’effroi, mais aussi Albucius et La leçon de musique, mais encore La raison et le Georges de La Tour, mais enfin Vie secrète et Portraits cachés. […] Aussi sommes-nous allés jusqu’à convoquer à ce procès deux écrivaines contemporaines, proches en écriture de l’auteur des Petits Traités, Agustina Izquierdo – dans le nom de laquelle s’anagrammatise explicitement un autre Quignard – et Idelette de Bure […]. » (Extrait de la conclusion, p. 130-131) ###

LESTRINGANT, Frank, « De Louis Cordesse et de quelques procédés rhétoriques à la renaissance. Additif aux Petits traités de Pascal Quignard », Revue des sciences humaines (Lille), dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, no 260 (octobre-décembre 2000), p. 147-165. +++ Article de revue

### « Une manière contre une autre. Quignard cultive le maniérisme de la rupture, de préférence au maniérisme du raccord. Le fragment contre l’essai. La Bruyère ou Pierre Nicole, La Rochefoucauld surtout, plutôt qu’Érasme ou Montaigne. Anticicéronien comme Montaigne, Quignard surenchérit et se proclame de surcroît antisénéquien. […] Le sublime de Quignard est un sublime de la rétention et de la perte brusque, une écriture de l’à-pic, “le logos déchirant le legein qui est à sa source”, et révélant la fascinante nudité de l’être, l’abîme de la chair ouvert sous les mots. » (Extrait de la conclusion, p. 165) ###

LYOTARD, Dolorès, « Le nom de Guenièvre », Revue des sciences humaines (Lille), dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, no 260 (octobre-décembre 2000), p. 166-202. +++ Article de revue

### « Comme on corne une page, angle son livre d’un signet bref et tout provisoire, j’attache abusivement toute l’œuvre de Pascal Quignard à ce simpliste scénario. Un coup de hache, une lettre muette, et le dit du chiffre trois qui se compte sur les cinq doigts d’une main unique, d’une main que l’écrivain veut brandie et coupée. Car sur l’échiquier déchiqueté dont Pascal Quignard projette l’ombre et qu’il dame en ses livres, sur “l’échiquier déchiqueté” qui “est le seul signe qui va du chevalier Lancelot à la reine Guenièvre”, toute case où roule le dé de sa lettre est foudre et poudre, éclat d’un nom qui signe à blanc. Œuvre pareillement celée que le furent les lettres du Roman de la Rose de Jean de Meung qu’il cite au XVIIe de ses Petits traités, c’est-à-dire confiée à la même garde ardente et dissipative, à la “silente clameur”, réticence sombre et rayonnante de la langue que tamisent en fonds mutiques les sables crissants de sa mélancolie. » (Extrait de l’introduction, p. 167-168) ###

DEGUY, Michel, « L’écriture sidérante », Revue des sciences humaines (Lille), dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, no 260 (octobre-décembre 2000), p. 217-236. +++ Article de revue

LYOTARD, Jean-François, « Donec transeam », Revue des sciences humaines (Lille), dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, no 260 (octobre-décembre 2000), p. 247-256. +++ Article de revue

TOUDOIRE-SURLAPIERRE, Frédérique, « “Le cri et la voix” : poétique de l’inouï chez Pascal Quignard », Oeuvres et critiques, vol. 31, no 1 (2006), p. 131-146. +++ Article de revue

BLANCKEMAN, Bruno, Les fictions singulières. Étude sur le roman français contemporain, Paris, Prétexte éditeur (Critique), 2002, 167 p. +++ Monographie

### Voir plus spécifiquement les pages 151-153.

« Joueuses […], certaines fictions s’autogénèrent en adoptant parfois par programmation un jeu de conduite strictement textuel. Un esprit avant-gardiste se maintient donc, contrairement à ce que l’on affirme parfois, comme se maintenaient naguère des tentations académiques quand la dite avant-garde, se sachant dominante, se voulait exclusive. Plusieurs écritures mènent ainsi à bien une mutation des formes narratives usuelles et une recherche de règles qui sachent produire des ressources alternatives. » (Extrait de l’introduction, p. 8-9) ###

FOUCART, Claude, Visions françaises de l’Allemagne de Léon Bloy à Pascal Quignard, Paris, Klincksieck, 2008, 439 p. +++ Monographie

BLANCKEMAN, Bruno, « Figures du Procureur », dans Sylviane COYAULT (dir.), L’écrivain et sa langue. Romans d’amour : de Marcel Proust à Richard Millet, Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise-Pascal (Littératures), 2005, p. 55-62. +++ Chapitre de collectif

###« Si l’on s’autorise à jouer soi-même avec une langue dont la neutralité critique n’est jamais qu’illusoire, la figure du procureur pourrait désigner les termes variables d’un procès institué par certains écrivains contre la langue, mais aussi les traitements différents que leur écriture lui impose - lui procure - à dessein d’en perpétuer la dynamique et qui en expriment simultanément le souci, une procura, toute inquiétude et tout soin mêlés. J’aimerais pour en convaincre convoquer à la barre trois de ces illustres procureurs : le fasciné malgré tout (Pascal Quignard), le suspicieux baladeur (Jean Echenoz), le stupéfait réactif (Patrick Modiano). » (Extrait, p. 57) ###

OUELLET, Pierre, Outland. Poétique et politique de l’extériorité, Québec, Éditions Liber, 2007, 270 p. +++ Monographie

###« Melville disait avoir écrit Moby Dick en “outlandish”. “Outland” n’est pas le nom d’une utopie, d’un lieu qui n’aurait pas lieu, d’un no man’s land imaginaire. Ce n’est pas non plus un lieu exotique qu’on pourrait visiter en y naviguant comme firent Achab et Ismahel sur le Péquod, à la recherche de la grande baleine. C’est plutôt le grand Dehors lui-même où, au plus intime de soi, on se parle une langue étrange ou étrangère dans laquelle on est peu à peu venu au monde. Car on naît de l’extériorité radicale d’une langue héritée d’un temps et d’un espace sans frontières précises, porteuse d’une mémoire et d’une imagination qui nous dépassent infiniment, dont on fera le cœur de son intimité, la source de ce “monde intérieur” où l’on se plaît à loger les plus secrètes de ses pensées. Cette expérience fondatrice de l’extranéité de la langue qu’on doit apprivoiser pour se familiariser avec sa propre étrangeté constitue l’une des grandes énigmes de notre histoire, dont la littérature et l’art sont la formulation la plus aiguë. C’est la portée sociale de cette épreuve qu’explore le présent ouvrage, en s’attardant aux politiques de l’extranéité qu’elle présuppose, chez des penseurs comme Benjamin, Patocka, Agamben ou Loreau, et aux poétiques de l’extériorité dont des artistes comme Fabre, Tunick, Beecroft ou Zhang Huan et des écrivains comme Volodine, Novarina, Fleischer, Quignard, Savitzkaya ou Clémens, après Melville lui-même, ont fait l’enjeu de leurs œuvres les plus “dérangeantes”. » (Présentation de l’éditeur) ###

SNAUWAERT, Maïté, « Au bout de la langue : le nom retrouvé », dans Johan FAERBER, Mathilde BARRABAND et Aurélien PIGEAT (dir.), Le mot juste. Des mots à l’essai aux mots à l’oeuvre, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2006, p. 133-145. +++ Chapitre de collectif

PAUTROT, Jean-Louis, Pascal Quignard ou le fonds du monde, Amsterdam / New York, Rodopi (Monographique Rodopi en littérature française contemporaine, no 46), 2007, 197 p. +++ Monographie

###« Pascal Quignard ou le fonds du monde examine la poétique et l’esthétique de l’oeuvre quignardienne tout en esquissant ses parentés avec la pensée contemporaine, proposant une analyse qui dialogue avec les travaux critiques déjà parus.

Pascal Quignard s’impose comme l’un des grands écrivains contemporains. Trois caractéristiques de son œuvre - affectivité et pressentiment du premier monde utérin imprégnant l’existence, conscience anthropologique, recensement du patrimoine culturel connu et oublié, du “fonds du monde” - se comprennent comme relecture de la singularité individuelle, réévaluation du rapport entre humanité et animalité, et disparition de l’histoire comme instrument de savoir. C’est ce qui constitue sa pertinence à notre époque. Son hétérogénéité formelle, omniprésente, cherche à inclure et transmettre un non-dit qui dépasse le dit. Sa singularité l’inscrit parmi les grandes œuvres nostalgiques de la présence. Contemplative, elle est à la fois moderne et antimoderne.

Les différents chapitres analysent le statut privilégié du “lire et écrire” chez Quignard, sa quête d’une écriture sublime dans les petits traités et autres ouvrages “spéculatifs”, son rapport complexe à la musique et aux arts, sa singulière “théorie” du roman qui ébranle l’héritage romanesque contemporain, et enfin les romans proprement dits où se rejoue diversement la quête du Jadis perdu.

Ce volume intéressera ceux, universitaires, étudiants ou simples lecteurs, qui cherchent une solide introduction à cette œuvre majeure. » (Présentation de l’éditeur)

Table de matières :

  • Introduction
  • Chapitre un : Lire et écrire, les clés d’une œuvre
  • Chapitre deux : Petits traités et petit traités
  • Chapitre trois : La musique de Pascal Quignard
  • Chapitre quatre : Figurer irrésistiblement : l’art du roman
  • Chapitre cinq : Le miroir brisé romanesque
  • Conclusion

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BEM, Jeanne, « “La nuit des temps” : rites et roman chez Pascal Quignard », dans Joseph JURT (dir.), Littérature et ethnologie, Fribourg-en-Brisgau, Frankreich-Zentrum, 2003, p. 77-87. +++ Chapitre de collectif

CLAUDE, Chrystelle, « Le combinatoire de la biographie, de l’histoire et de la fiction chez P. Ackroyd, P. Quignard et A. S. Byatt », thèse de doctorat, département des lettres modernes, Université de Montpellier III (Paul Valéry), 2007, 503 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« Les oeuvres narratives contemporaines ont la singularité d’amalgamer trois modalités scripturales : la biographie, l’histoire et la fiction. Cette étude tend à dégager selon une méthode phénoménologique leurs enjeux en interrogeant la notion unificatrice du combinatoire qui s’avère être de façon paradoxale la réponse à la fragmentation textuelle. Car cette dernière résulte de la sélection d’une personne référentielle, de la transposition d’un lieu réaliste et de l’adaptation d’une époque historique qui deviennent successivement le protagoniste et le cadre spatio-temporel de la fiction ainsi inventée. La reprise des fragments de vie et de textes, inhérents à ces figures de lettrés, contribue à la narrativisation de la tradition cockney dans les romans ackroydiens, de la rhétorique latine dans les récits quignardiens et de la littérature anglaise dans les ouvrages byattiens. » (Résumé joint à la thèse)

« The peculiarity of contemporary narratives is to combine three different modes of writing : biography, history and fiction. Progressing along phenomenological lines, the purpose of the present dissertation is to highlight their interests through the study of the unifying notion of combinatorics which paradoxically proves to be the answer to textual fragmentation. For the latter arises indeed from the selection of a real person, the transposition of a real place and the adaptation of a historical era which eventually become the protagonist and the spatial and temporal context of the fiction thus invented. This method which consists in taking up biographical and fictional texts related with these literary figures contributes to narrativizing cockney tradition in Ackroyd’s novels, latin rhetoric in Quignard’s narratives and english literature in Byatt’s works. » (Abstract) ###

DUBUIS, Mickaël, « La poétique du fragment dans l’oeuvre de Pascal Quignard », thèse de doctorat, département de lettres modernes, Université de Picardie - Jules Verne, 2007, 326 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

BEDRANE-TSALPATOUROS, Sabrinelle, « Les recueils de récits brefs au tournant du second millénaire (1980-2005) : hybridité, multiplicité, généricité », thèse de doctorat, département des lettres modernes, Université de la Sorbonne Nouvelle Paris III, 2006, 501 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« De nombreux recueils de textes courts sont très visibles au tournant du second millénaire. Au-delà de l’effet “fin de siècle” rendu par une structure en éclats, une tendance se dessine, articulant deux thèmes, celui des minuscules et celui de la fin d’un monde. L’on ne peut, toutefois, parler d’un archigenre des petites proses. Seules les formes narratives nous intéressent. Ces textes font montre d’une hybridité prononcée, hybridité qui intervient à deux niveaux, celui des récits courts et celui du recueil. La dimension “recueil” doit en effet être prise en compte et étudiée pour elle-même et non pas seulement en termes de manque par rapport au livre continu. Nous montrons en quoi le recueil de récits brefs fonctionne différemment du recueil de fragments. Cet objet complexe participe aujourd’hui du retour au récit. Par son hybridité au carré et sa dimension plurielle, le recueil de récits brefs renouvelle les questions de généricité. » (Résumé joint à la thèse)

« Many compilations of short texts are very visible at the turn of the second millennium. Beyond the “millennium effect” rendered by a fragmented structure, a tendency takes shape, articulating two topics, that of the tiny and that of the end of a world. One cannot, however, speak of an arch-genre of small prose. Only the narrative forms interest us. These texts show a pronounced hybridity, hybridity which intervenes on two levels, that of the short accounts and that of the collection. The “collection” dimension must indeed be taken into account and be studied for itself and not only in terms of a lack as compared to the continuous book. We show in what way the collection of short narrative forms functions differently from the collection of fragments. This complex object partakes today of the return to the account. By its square hybridity and its plural dimension, the collection of short accounts casts a new light on the questions of generics. » (Abstract) ###

COUSIN DE RAVEL, Agnès, « La lecture, l’étrange visage de l’amour dans l’oeuvre de Pascal Quignard », thèse de doctorat, département des lettres, Université Paris 7, 2007, 373 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« La singularité de l’oeuvre de Pascal Quignard réside dans la correspondance problématique entre les deux expériences vitales de la lecture et de l’amour, dans le nouage de deux discours sur chacune d’elles, visant, non une approche théorique, mais une recherche du vrai, dans la coalescence de l’intime et du spirituel, dans un lieu antérieur au langage, en amont de toute image représentable. Pour mettre au jour cette correspondance, nous montrons d’abord que, dans les contes de Pascal Quignard, l’expérience de la lecture, ancrée dans l’expérience sensible de l’amour, met au jour la douleur du lien originaire à la mère, fait entendre une voix qui s’écoute dans le silence, rendant possible ainsi l’écriture comme quête du mot perdu. Puis, nous montrons, que la correspondance se pense à partir d’un discours approfondi sur l’amour placé sous le double interdit du regard et de la voix, amour lié au perdu, articulé sur ce qui est le plus originaire en chacun de soi, l’empreinte du Jadis et qui est tout autant quête d’une impossible reconnaissance, qu’expérience des limites de soi, traversée de soi vers l’autre, dans ce qui constitue le sujet du désir et du manque, au bord du vide. Enfin, nous mettons en évidence l’ambivalence mortelle de la lecture, et qui est, en cela, l’étrange visage de l’amour. Nous étudions les modalités énonciatives de leur correspondance qui constitue l’une et l’autre des deux expériences, au coeur même du langage, comme ouverture vers l’écriture. Notre étude se fonde, en appui sur les écrits de J. Kristeva, sur une double approche littéraire et psychanalytique, en considérant le texte dans sa dynamique de production. » (Résumé joint à la thèse)

« Pascal Quignard’s work is unique insofar as he has managed to link both vital experiences of reading and love aiming at a quest for truth by shunning the theoretic approach in the fusion of intimacy and spirituality, in a place which existed long before language did, above any representable image. In order to highlight this link, we first point out that in Quignard’s tales, the experience of reading steeped in the sensitive experience of love reveals to light the pain of the original tie with the mother, thus producing a voice merely audible in silence, so that writing can become a quest for the lost word. Then, we show that the link is based on a carefully-constructed love-theme doubly doomed by the absence of love and voice and built on the intimate mark of “Jadis”, originally born by ail human beings. This deeply-rooted imprint of “Jadis” can be a search for an impossible acknowledgment, as well as an inward experience into one’s own limits, thus bridging the gap on the edge of the precipice, in an attempt to reach the other, as far as his desire and frustration can be reached. Finally, we underline the lethal ambivalence of reading as the strange face of love. We study the ways in which the content of the text is given, taking both experiences into account, in the very heart of language, as an opening to writing. Our study is based on a double literary-psychanalytic approach to writing devised by J. Kristeva, who examines the text from a psychanalytic point of view as it were in the process of being written. » (Abstract) ###

SORARU, Isabelle, « L’expérience musicale dans les oeuvres de Gert Jonke et de Pascal Quignard : l’écriture face au risque de la musique », thèse de doctorat, département de littérature générale et comparée, Université Marc Bloch (Strasbourg), 2005, 612 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« Les oeuvres de Pascal Quignard et de Gert Jonke témoignent d’un rapport à la musique tout à fait privilégié, ouvrant le dialogue entre littérature et musique. Ce travail tente d’en explorer les points de contact, tout en convoquant d’autres oeuvres littéraires, à partir de la notion d’expérience entendue dans son sens étymologique : l’ex-periri latin, c’est-à-dire la traversée d’un danger. Car si la musique semble être la promesse de l’oeuvre littéraire, elle pourrait bien se poser également comme possible menace : la fascination de l’écrivain pour celle-ci étant toujours au risque de la révélation des limites de l’écriture. Dans un premier temps, l’oeuvre musicale se pose comme une sorte d’énigme pour l’écriture, source d’une certaine fascination pour l’écrivain. Dans des formes de “biographies rêvées”, Pascal Quignard comme Gert Jonke s’intéressent à des figures de compositeurs, en entrecroisant fiction, biographique et oeuvre musicale comme s’il s’agissait de révéler, en s’imprégnant d’une esthétique musicale, la vérité d’une existence. Cependant, la référence musicale ou la biographie ne constituent pas le coeur de ces récits. Pour comprendre la véritable place de la musique dans l’oeuvre littéraire, il convient de s’intéresser à l’expérience sonore et musicale en tant que telle : l’irruption de la musique est, en ce sens, semblable à l’intrusion d’une altérité fondamentale. Ainsi, l’expérience musicale révèle au sujet qui l’éprouve sa propre étrangeté, et est marquée par une profonde instabilité : brouillant les frontières entre intériorité et extériorité, elle est le lieu d’une lutte entre la “Parole” et la “Mort” (Alejo Carpentier) et menace alors le langage lui-même. La rencontre avec la musique donne lieu à des poétiques de l’écriture portant les traces de son passage, et l’art musical semble alors ne pouvoir être pensé que comme un en deçà ou un au-delà de l’oeuvre littéraire, questionnant le rapport de l’écrivain à son propre langage. » (Résumé joint à la thèse) ###

FARASSE, Gérard, Amour de lecteur : Desnos, Dhainaut, Jaccottet, Jouanard, Kijno, Ponge, Prévert, Quignard, Richard, Sarraute, Villeneuve-d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2001, 143 p. +++ Monographie

BONNEFIS, Philippe, Pascal Quignard : son nom seul, Paris, Galilée (Incises), 2001, 135 p. +++ Monographie

### « C’est parce que nous sommes des animaux à parole que nous ne pouvons nous empêcher de nourrir l’illusion qu’il existe (qu’il doit en quelque langue exister) un mot où nous rapatrier. Ce mot pour Pascal Quignard, on le connaît, c’est le mot seul. “Seul, tel est le nom où je me retrouve comme chez moi.”

Bien entendu, ce n’est encore là qu’un personnage qui parle, un être de fiction. Ici, un écrivain qui rêve. “D’où vient le mot de sanglier ? De singularis. Singularis porcus.” Le porc “qui entend rester seul au fond du fond du monde”… Car sa vraie maison, son ermitage, le solitaire des Petits Traités l’a dit : “Elle était plus dans mon prénom que dans mon nom.”

Quant à son nom, en effet, le trait est de Michel Deguy, il “ne fait pas le bruit de son œuvre”. À croire, mais on n’aurait pas tout à fait tort de le croire, que l’œuvre n’est en l’espèce qu’un territoire sonore conquis sur le nom de son auteur.

À sa manière (et, comme “toute forme inattendue et passionnée”, une manière, elle aussi, forcément, qui a “quelque chose d’asocial, de démodé, de solitaire”), c’est bel et bien ce que ce livre se propose de montrer. Que le nom de Quignard, dans son rapport à l’œuvre qu’il sert à désigner, occupe la place de ce que les théoriciens de la communication appellent le bruit, et que les acousticiens de leur côté comparent à un “souffle sourd”. Cantus obscurius de l’œuvre…

Pascal Quignard a bien d’autres mots encore pour exprimer cela. Il dit, par exemple, tarabust ou fredon. Mais dit surtout que nous “venons de ce bruit”, qu’il est “notre semence”. Bref, que nous ne sommes, tout compte fait, “qu’un conflit de récits endossé par un nom”. » (Présentation de l’éditeur) ###

SORARU, Isabelle, « De quelques musiques secrètes : Pascal Quignard et Richard Millet », L’esprit créateur, vol. 47, no 2 (été 2007), p. 115-126. +++ Article de revue

###« “La musique est le lieu où la pensée respire”, écrit Louis-René des Forêts dans Voies et détours de la fiction, formulant ainsi la place toute particulière que la musique occupe dans son œuvre, où le silence, cette ombre portée de la musique, semble constituer une forme de réponse aux apories du langage. Cette formule, Pascal Quignard comme Richard Millet ne la récuseraient sans doute pas, tant la musique occupe une place prépondérante dans leurs œuvres, dans une intrication intime et permanente avec l’écriture, comme si celle qu’on nommait jadis l’ars bene movendi, l’art de bien se mouvoir, pouvait faire se correspondre mouvement de l’art musical et mouvement de la pensée.

Richard Millet connaît l’œuvre de Pascal Quignard : il évoque les Petits Traités et Le Salon du Wurtemberg dans Accompagnements. Dans Le Sentiment de la langue, Millet raconte comment il apprit à entendre “le patois limousin, l’arabe libanais, l’arménien, l’anglais, le latin, l’argot des années soixante, avant d’en savoir la syntaxe”, et comment toutes ces langues se heurtèrent alors au français, la langue paternelle. Le corps de ces langues fut alors doublé par un autre corps, absent et fantôme, soit celui du musicien qu’il aurait pu devenir : même si, dans Musique secrète, Millet mentionne sa pratique de pianiste, il privilégia en définitive la voie de l’écriture à une véritable carrière de musicien. Pascal Quignard, s’entretenant avec Chantal Lapeyre-Desmaison, avoue qu’il aurait dû être musicien pour perpétuer la longue lignée paternelle d’organistes, allant jusqu’à parler d’une forme de “culpabilité” et de “destin” auquel il se serait soustrait. Enseveli dans l’écriture, le corps de la musique semble alors battre sourdement, comme la trace d’un regret ancien. La musique renvoie, dans les œuvres de Pascal Quignard comme celles de Richard Millet, à la mémoire, à l’origine, à la figure de cet infans que le sens ne touchait pas encore. Ils nous rappellent tous deux que l’ouïe est sans doute le sens premier : celui de l’obscurité d’un ventre, puis celui de l’infans qui, ne maîtrisant pas encore le langage, entendait encore les langues comme d’obscures musiques. Pourtant, écrit Pascal Quignard dans Le Nom sur le bout de la langue, “la seule corde de rappel possible” pour l’écrivain “n’est jamais qu’une corde de langue”, alors même que, comme Lord Chandos chez Hoffmansthal, il est parfois tenté de penser que les mots peuvent tomber en poussière et se décomposer comme des champignons pourris. Mais le recours à la musique n’est, en vérité, pas chose anodine, et ne représente pas un asile d’évidence pour la langue qui s’y affronte : on ne pratique pas aussi aisément l’ekphrasis “musicale” que picturale, et l’art musical, par son statut même d’art non représentatif, est toujours, en un certain sens, au-delà ou en deçà du sens qui la porte. Si l’on exclut sa place en tant que thème, par le biais de personnages de musiciens ou de compositeurs, nombreux chez Pascal Quignard comme chez Richard Millet, on peut prendre toute la mesure de la tension qui peut se jouer alors dans l’écriture : comment en parler autrement que comme cette fleur mallarméenne, cette “absente de tout bouquet” ? » (Introduction, p. 115-116)

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KOLB, Katherine, « Music and the Feminine in Pascal Quignard », L’esprit créateur, vol. 47, no 2 (été 2007), p. 101-114. +++ Article de revue

###« Tous les matins du monde, Alain Corneau’s popular film based on the novel of the same title by Pascal Quignard, crossed the Atlantic under a title translated word for word from the French : All the Mornings of the World. Even in English the phrase sounds harmonious, resonant with overtones of cosmic origins, country air, springtime, and nostalgia for ages past. The specific age in question strikes a particular chord with French ears : it is that golden age of French cultural origins, the seventeenth century. The predominant setting, apart from a few contrasting scenes in Paris and Versailles, is the lovely valley of the Bièvre river, site of Port-Royal and cradle of Jansenism. The subject, of course, is music : the haunting Baroque music of the film score, which recovers little-known music contemporary with—and by implication equal to—Corneille, Racine, and Molière. In a brief passage of the novel omitted from the film the main characters, stopping by a tennis court (jeu de paume) in Paris, happen upon two actors declaiming a famous scene from Racine’s Britannicus. The implied parallel with music is underscored by the use of the theatrical declamation for a teaching comparison with music. […] » (Introduction, p. 101)

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GAMONEDA, Amelia, Merodeos. Narrativa francesa actual, Madrid, Abada Editores (Lecturas de teoria Literaria), 2007, 186 p. +++ Monographie

BLANCKEMAN, Bruno, « Pascal Quignard. Une écriture de l’autodiversion », dans Bertrand DEGOTT et Marie MIGUET-OLLAGNIER (dir.), Écriture de soi : secrets et réticences, Paris, L’Harmattan, 2002, p. 89-99. +++ Chapitre de collectif

CHAUDIER, Stéphane, « Les “narrats” de Quignard », dans Catherine DOUZOU et Lise GAUVIN (dir.), Frontières de la nouvelle de langue française. Europe et Amérique du Nord (1945-2005), Dijon, Éditions Universitaires de Dijon, 2006, p. 45-55. +++ Chapitre de collectif

SOULIER, Catherine, « Pascal Quignard, “dans l’ombre de l’histoire” », dans Renée VENTRESQUE (dir.), Le procès de l’Histoire au XXe siècle, Montpellier, Publications de l’Université Paul-Valéry (Montpellier III), 2003, p. +++ Chapitre de collectif

SAMOYAULT, Tiphaine, La montre cassée, Paris, Verdier (Chaoïd), 2004, 256 p. +++ Monographie

###« Essai sur une fiction que la littérature, le cinéma, les arts plastiques ont donnée du temps, La Montre cassée se propose d’analyser une scène-clef peu remarquée jusqu’alors. Dans les arts qui en procèdent en effet, le cours du temps souvent s’arrête, l’objet qui l’indique se dérègle. La scène de la montre cassée incarnerait ce paradoxe. Partant de cette intuition, l’auteur parcourt les époques et les lieux pour en observer la récurrence. Comme ces fleurs japonaises qui, plongées dans l’eau, ouvrent tout un monde, le déploiement du motif, des poètes baroques à Kôbô Abé, en passant par Orson Welles ou les manuels savants d’horlogerie, révèle alors beaucoup plus qu’un simple dysfonctionnement : tache aveugle, la scène de la montre cassée autorise la formulation de propositions neuves sur notre rapport à la temporalité. Tout en créant la surprise de ces récits multiples pour la première fois rapprochés et du croisement des arts autour d’un même objet, La Montre cassée raconte aussi l’histoire récente, aux résonances intimes et collectives, des dérèglements du temps. En quatre parties et soixante séquences qui rejouent le tour du cadran, le dispositif du livre rejoint son sujet pour nous conduire du temps des histoires au temps des horloges, du temps subjectif à l’arrêt de tout temps. Réflexion théorique et esthétique, cet essai emprunte aussi aux principes de l’anthologie, de l’archive, de la collection, à ces figures de la multiplicité et de la totalisation qui traversent la modernité littéraire. » (Présentation de l’éditeur)

Compte rendu de l’ouvrage: FAERBER, Johan, « La montre cachée », Acta fabula, vol. 5, no 3 (automne 2004), en ligne. ###

Dossier « Le Salon du Wurtemberg et Villa Amalia de Pascal Quignard », sous la direction de François BERQUIN, Roman 20-50, no 44 (décembre 2007), 114 p. +++ Dossier de revue

### Sommaire du dossier « Le Salon du Wurtemberg et Villa Amalia de Pascal Quignard » :

  • « Sous le signe de l’agneau. Sur un tableau de Valerio Adami » / Philippe Bonnefis.
  • « Mise en bouche » / Gérard Farasse. *
  • « Cuisine et clinique » / Laurent Demanze. *
  • « La pêche aux souvenirs » / Serge Saulnier. *
  • « Moulins à musique : ritournelles et art de la mémoire dans Le Salon du Wurtemberg » / Isabelle Soraru. *
  • « Ricochets » / Olivier Allain. *
  • « L’humour allemand » / François Berquin. *
  • « Une histoire de fantômes » / Bruno Blanckeman. *
  • « Le solstice d’hiver » / Midori Ogawa. *
  • « L’emplacement du Paradis » / Aymeric Glacet. *

* Références disponibles sur auteurs.contemporain.info ###

GLACET, Aymeric, « L’emplacement du paradis », Roman 20-50, dossier « Le Salon du Wurtemberg et Villa Amalia de Pascal Quignard », sous la direction de François BERQUIN, no 44 (décembre 2007), p. 103-114. +++ Article de revue

###« “Ce qu’il faut, a dit D. H. Lawrence, c’est vivre à part et oublier.” Il a essayé et ce fut un fiasco, commente Henry Miller. On ne peut vivre à part. Telle est, semble-t-il, notre condition de vie, à nous autres Occidentaux. Et d’ailleurs, le roman se termine par un retour en France. Reste le souvenir, et ce sont les derniers mots du livre, d’un paradis qui a sombré aux enfers. » (Extrait de la conclusion, p. 114) ###

GIRAUD, Vincent, « L’invisible et la proie : une lecture de Pascal Quignard », Studia phaenomenologica, vol. 8 (2008), p. 283-306. +++ Article de revue

###« Les livres de Pascal Quignard se présentent comme une traque de l’invisible. Le soupçon qui les anime, parce qu’il porte sur la nature et la valeur de la représentation, s’offre ainsi par excellence à une approche phénoménologique. C’est elle qui est tentée ici à partir d’une lecture de l’ensemble de l’œuvre. L’élucidation de la teneur de la phénoménalité s’accomplit selon les étapes d’une remontée aux conditions mêmes du voir. Une fois identifiée l’essence de la représentation comme prédation, l’écriture littéraire révèle cette dernière comme suspendue à une proie absente, invisible. Commence alors, à travers les figures successives et ascendantes que sont l’idole, l’amour, l’art et la contemplation, un acheminement vers l’invisible qui est véritable pédagogie du regard. Au terme de cette quête et de cet apprentissage, dans lesquels la littérature trouve son style et sa fin, c’est la représentation elle-même qui fait l’objet d’une compréhension renouvelée. »

« The books of Pascal Quignard present themselves as a hunt for the invisible. In the view of the A., the ambition that lies at their heart seems particularly compatible with a phenomenological approach. Indeed, this literary intuition – this ‘suspicion’ in the words of Quignard – hinges on the nature and value of representation. This article tries to read the entire work of Quignard through the phenomenological lent. The elucidation of phenomenality is accomplished here through the steps of a process that leads to the very condition of vision. Once the essence of representation is established as a ‘predation’, the literary writing of the author reveals it as related to an absent, invisible prey. Through the successive and ascending figures of idolatry, love, art and contemplation, can then start a route to invisibility, which is a true pedagogy of seeing. This quest conceivable as a learning process through which literature finds its ultimate aim, finally leads to a renewed understanding of the concept of representation. » (Résumés joints à l’article) ###

BOUÉ, Rachel, L’éloquence du silence. Celan, Sarraute, Duras, Quignard…, Paris, L’Harmattan (Critique littéraire), 2009, 108 p. +++ Monographie

### « La création au XXème siècle trouve ses motivations dans la découverte et l’exploration d’une évidence : l’image n’est pas ce qu’elle montre et la parole n’est pas ce qu’elle dit. Depuis, la littérature porte en elle cette imprescriptible scission. C’est au creux de cette fissure que s’inscrit désormais le geste d’écrire. Litote d’un monde qui la déborde, la littérature offre aux écrivains deux postulats esthétiques, l’un de tout dire pour “qu’on n’en parle plus”, et l’autre de parler à l’économie et même de se taire dans l’espoir d’atteindre l’absolu du dire.

De ce dilemme entre dire et taire, naît une littérature, non plus préoccupée d’elle-même et en proie au doute, mais plutôt capable de dire ce qu’elle n’arrive pas à être. Ce sont ces postures paradoxales de la parole que nous appelons silence. Le paradoxe tient à ce que l’exploration des limites du dicible ne conduit pas à l’extinction de l’écriture mais au contraire à sa confirmation littéraire. Le silence, c’est-à-dire ce que l’écriture ne peut pas être, est bien ce qui fonde la parole littéraire, animée d’un désir de surpassement. C’est cette dimension translangagière qui sera étudiée chez Rilke, Celan, Beckett, Sarraute, Duras et chez trois écrivains contemporains, Pascal Quignard, Valère Novarina et Frédéric-Yves Jeannet. » (Présentation de l’éditeur) ###

GRATTON, Johnny, « Du “peu de vrai” dans la biographie contemporaine : Macé, Michon, Modiano, Quignard », dans Johnny GRATTON, Suzanne GUELLOUZ et Gabrielle CHAMARAT-MALANDAIN (dir.), Modèles, dialogues et invention. Mélanges offerts à Anne Chevalier, Caen, Presses universitaires de Caen, 2002, p. 313-324. +++ Chapitre de collectif

EYRIES, Alexandre, « Pascal Quignard : la voix du silence », Loxias, n° 14 (septembre 2006), [En ligne]. +++ Article de revue

###« Quiconque se penche sur l’œuvre de Pascal Quignard se doit de prêter l’oreille pour entendre mais aussi d’être à l’écoute afin de mieux entendre. Les écrits de Quignard donnent à entendre une parole poétique à la fois dilatée et elliptique, innervée par un ton et une voix uniques qui, fait singulier, transforment une activité lectorale en expérience auditive. » (Résumé joint à l’article)

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PICARD, Timothée, « La mélomanie porte-t-elle les écrivains à la “déclinologie” (et vice-versa) ? (Parcours à travers la littérature contemporaine, et mise en perspective) », LHT, n° 6 (mai 2009), [En ligne]. +++ Article de revue

###« Il semble que les débats relatifs à la fin de la culture française ou européenne se sont essentiellement concentrés sur la littérature d’un côté et les arts plastiques de l’autre. On oublie que la musique a été prise dans un même type de configuration. On oublie surtout que, comme souvent, la littérature s’est très souvent appuyée sur l’exemple musical pour appréhender l’histoire de sa valeur propre et, dans un jeu de comparatisme interartistique, réfléchir en termes de destinée parallèle à l’évolution et à l’évaluation des deux arts. C’est ce que nous envisageons dans cet article, en montrant tout d’abord comment, au cours du xxe siècle, le genre du tombeau musical tel que pratiqué par la littérature lui a certes d’abord permis d’orchestrer un programme de reconquête, mais a par la suite peu à peu évolué, jusqu’à lui servir de moyen pour composer la partition de son propre deuil. Nous nous arrêtons alors sur un cas particulièrement représentatif du dernier quart du xxe siècle : Milan Kundera, l’un des premiers “professeurs de désespoir” contemporains à avoir déclaré la fin conjointe de quatre données consubstantielles : la modernité, la culture européenne, le roman et la musique. Nous nous attachons ensuite à un autre écrivain tout à fait symptomatique de cette propension à l’époque la plus récente : Richard Millet. Dans les deux cas, nous effectuons quelques extrapolations à plusieurs autres écrivains mélomanes dont les figures viennent s’étoiler autour de ces deux exemples archétypaux. Nous essayons ainsi de montrer que cette tendance est particulièrement représentée chez les écrivains mélomanes français, puis tenterons alors d’effectuer deux mises en perspective. La première s’emploie à montrer que cette obsession terminale associant le sort de la littérature et celui de la musique, métonymie d’enjeux plus fondamentaux, ne date pas de la fin de la fin du xxe et du début du xxie siècles, mais a été également fortement représentée chez les écrivains témoins et dénonciateurs, dans la première moitié du xxe siècle, de la “fin de l’esprit européen”. La deuxième mise en perspective, plus radicale, vise à mettre en lumière le fait que la propension déclinologique semble une constante des écrivains mélomanes.On se risque alors à formuler quelques hypothèses sur les liens entre cette propension et la mélomanie. » (Résumé joint à l’article)

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COSTE, Claude, Les malheurs d’Orphée. Littérature et musique au XXe siècle, Paris, L’Improviste, 2003, 244 p. +++ Monographie

### Voir plus précisément le chapitre : « Les essais de Pascal Quignard sur la musique ».

« Pour les écrivains qui se soucient de musique, les malheurs d’Orphée renvoient aux grandes crises de la modernité. Poulenc, Berg, Beethoven, Wagner et d’autres construisent un “absolu musical” qui culmine à la fin du XIXème siècle. Mais que valent les pouvoirs d’Orphée face aux malheurs du monde ? En dessinant une frontière impalpable, l’écoute cherche à restaurer une harmonie perdue. Géographique, corporelle, générique, la frontière retarde et retient Orphée. Le héros cesse de chanter pour devenir oreille, tel le roi de Berio et Calvino, inspiré par Barthes. Entre séparation et réparation, l’œuvre de Quignard a l’espoir de transformer le regard en arrière en un regard de vie. La frontière passée, la remontée peut commencer. En rétablissant la toute-puissance de l’opéra chez Vian et Soupault, Orphée redonne sa force au chant. Ravel remonte du silence grâce à Fargue. Et Giono restaure le chant du monde et de la littérature, pour fondre les figures d’Orphée et d’Orion. Descendu aux enfers, hésitant au bord de la frontière, confiant dans l’optimisme de la remontée, Orphée est un éternel passant. » (Quatrième de couverture) ###

GORRILLOT, Bénédicte, « L’auteur Pascal Quignard », Littérature, n° 155 (2009), p. 68-81. +++ Article de revue

### Article précédemment paru dans Contemporary French and Francophone Studies, vol. 11, no 1 (janvier 2007), p. 119-136.

« La réflexion de Quignard autour de la notion d’auteur est complexe : informée par les critiques de la figure de l’auteur et les valorisations de la notion de langue comme essence de l’écrivain, engagée par Blanchot, Foucault ou Barthes, elle se nourrit cependant aussi de la notion classique de l’auctor, celui qui ajoute à la culture, à la société, aux écrits précédents. Cela ne fait pas de Quignard un post-moderne quint essentiellement éclectique - il se conçoit plutôt comme un “contemporain” au sens propre, un écrivain qui est “avec tous les temps”. » (Résumé joint à l’article)

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MITAUT, Blandine, « Vendre la peau de l’ourse : la question du bilinguisme dans l’oeuvre de Pascal Quignard », Contemporary French and Francophone Studies, vol. 12, no 4 (2008), p. 479-486. +++ Article de revue

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CHAUDIER, Stéphane, « La dramaturgie de la vie : le bonheur et la joie selon Quignard », dans Ruth AMAR (dir.), L’écriture du bonheur dans le roman contemporain, Newcastle, Cambridge Scholars Publishing, 2011, p. 131-150. +++ Chapitre de collectif

HOLTER, Julia, « Le clair-obscur “extrême contemporain” : Pascal Quignard, Pierre Michon, Patrick Modiano et Pierre Bergounioux », thèse de doctorat, Department of French Studies, University of Washington, 2013, 236 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « My project proposes that a chiaroscuro aesthetic and mode of thought underlie and unite the work of four well-known contemporary French writers, Pascal Quignard, Pierre Michon, Pierre Bergounioux, and Patrick Modiano. Their writing, which demonstrates a profound interest in the origins both of individuals and of the human species itself, oscillates, with varied amplitude, between revealing light and enigmatic darkness, in the context of a dialogue between light and shadow. It also contributes to the representation of the subject through chiaroscuro self-portrait. I argue that what I call chiaroscuro writing opens a passage between revealing and concealing, a door through which to glimpse origins. The interplay between light and shadow creates a mental image, deep and dynamic, that, just as in chiaroscuro painting, promises more than can be seen: it shows the invisible, it points to the unsaid in what has been said. I treat chiaroscuro as a visual metaphor (the form) that evokes the tension between sensitive reason and abstract, rational reason (the content), in which the latter loses ground because it does not take into account the strength of the former and does not integrate its force to temper its own totalitarian tendencies. A rich thematic (Chapter I), an aesthetics (Chapter II), a way of thinking (Chapter III), and a tool for analyzing specific works (Chapter IV), what I call contemporary chiaroscuro links an ancient art technique with a present-day search for a small light as a way of surviving in our violently overlit period of permanent liminality. One can therefore speak of chiaroscuro literature as one that embraces origins in organic, vitalistic and, paradoxically gap-filled continuity. » (Résumé joint à la thèse)

* La thèse est en français.

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest. ###

ARFAOUI, Saïda, « La pensée de l’art chez Quignard », Revue Critique de Fixxion Française Contemporaine, no 8 (2014), p. 51-61. +++ Article de revue

### « La pensée quignardienne de l’art est à la fois spéculative et savante. Sa lecture de l’image peinte interroge l’invisible derrière le visible, dans une perspective à la fois épicurienne et psychanalytique, et donne lieu à une spéculation rhétorique centrée sur la notion de l’image, dans son sens le plus large. Maîtrisant les savoirs théoriques et critiques sur l’art et faisant appel à une grande érudition, Quignard réactive à nouveaux frais des débats majeurs, tel celui de l’ut pictura poesis, et repense des notions-clés, comme celle de mimèsis, dans une optique essentiellement anthropologique. Sa pensée de littéraire, faisant dialoguer le critique et le fictif, tient compte de l’ancrage de la lettre dans l’inconscient et récuse le clivage entre la raison et l’affect. L’art est alors envisagé dans le mouvement d’une “recherche”, d’une expérience où la connaissance implique la reconnaissance du non-savoir originaire et s’articule à la renaissance de l’élan prédateur de la pensée. » (Résumé joint l’article)

SFEZ, Gérald, « La proie pour l’ombre », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 419-442. +++ Chapitre de collectif

###« L’oeuvre de Pascal Quignard, faite d’autant d’esquisses récusant l’évolution, parle d’emblée à la société des solitaires. S’il est vrai qu’“un écrivain , c’est un homme dévoré par un ton” (Réthorique spéculative, p. 184), l’écrivain se met d’emblée à distance de la meute famélique qui va jusqu’à élever le beuglement au discours, au logos, cette humanité, dit-on, toute d’oralité collective et de sociabilité. L’art est une donnée de l’être seul. » (Extrait de l’introduction, p. 419) ###

BLANCKEMAN, Bruno, Les récits indécidables : Jean Echenoz, Hervé Guibert, Pascal Quignard, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2000, 222 p. +++ Monographie

###Version remainiée d’une thèse de doctorat parue en 1995 à l’Université Paris 7 sous le titre : « Les ambiguïtés du récit dans l’oeuvre de Jean Echenoz, Hervé Guibert et Pascal Quignard », 443 f. ###

BLANCKEMAN, Bruno, « À propos de Pascal Quignard », dans Jan BAETENS et Dominique VIART (dir.), Écritures contemporaines 2 : états du roman contemporain, Paris / Caen, Minard (La revue des lettres modernes), 1999, p. 83-97. +++ Chapitre de collectif

BOULARD, Stéphanie, « Écrire après Lascaux : Pascal Quignard romancier », dans André BENHEIM et Michel LANTELME (dir.), Écrivains de la préhistoire, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2004, p. 117-127. +++ Chapitre de collectif

DOP-MILLER, Catherine, « Les récits latins de Pascal Quignard », dans Joseph BRAMI, Madeleine COTTENET-HAGE et Pierre VERDAGUER (dir.), Regards sur la France des années 1980 : le roman, Sarratoga, Anma Libri, 1994, p. 169-178. +++ Chapitre de collectif

VIART, Dominique, « Les “fictions critiques” de Pascal Quignard », Études françaises, vol. 40, no 2 (2004), p. 25-37. +++ Article de revue

###« Les récits de Pascal Quignard font dialogue du critique et du fictif. Ce trait de l’écriture contemporaine ne relève pas simplement d’une investigation des limites génériques de l’écriture mais d’une articulation inédite de l’invention fictive et de la pensée critique qui n’est plus un rapport d’illustration ou de servitude mais de confrontation et de collaboration. Au delà de l’hybridité formelle, l’enjeu est de nature critique, au sens fort du terme, et mêle les considérations littéraires, rhétoriques, biographiques, socio-historiques, anthropologiques, psychanalytiques… Pascal Quignard, très réservé envers les catégorisations de la pensée, se livre ainsi à une archéologie de la prérationalité et active un paradigme archaïque aux confins de la prédation, de la sexualité et du sacré. La rêverie d’un “premier récit prémigratoire” nourrit ses fictions autant que ses méditations, désormais indissociables les unes des autres. Elle s’oppose aux “grands méta-récits” en construisant face à leur téléologie, une archéo-logie ou plus exactement une archéo-pathie. Le langage s’offre à l’écrivain comme l’instrument de cette recherche et le lieu sur lequel elle s’exerce. Quignard retrouve dans le mot le vestige de la chose plus que sa signification. L’explication du mot lui permet de reconstituer son environnement archaïque et produit ainsi un retour au sens ancien, concret, “rude”. Elle accomplit ainsi une désymbolisation du langage. De tels déplacements favorisent les récits : ils sont en puissance de fiction, de représentations imaginaires. Le discours se résorbe alors dans une “raison” fabulante dont la présente contribution étudie les caractéristiques. » (Résumé joint à l’article)

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MURA-BRUNEL, Aline, « Le temps des “oeuvres migrantes” : le modèle et le genre, mémoires du littéraire », dans Jean BESSIÈRE et Gilles PHILIPPE (dir.), Problématiques des genres, problèmes du roman, Paris, Champion, 1999, p. 125-140. +++ Chapitre de collectif

BRUNOT, Chantal, « Énigmes de la langue-mère », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 231-239. +++ Chapitre de collectif

###« L’oeuvre de Pascal Quignard peut sembler à première vue déconcertante. […] Cet éclatement des genres — romans, essais, traités — permet seul d’exercer cette quête qui est la sienne, passion florissante de s’immerger dans l’épaisseur sémantique du temps, l’une des définitions possibles pour la langue-mère. Cette volonté de totalisation transgressant les limites du narratif, subvertissant et dénonçant l’ego contemplatif de notre mythe singulier, s’attache à déterrer de l’oubli des lettres mortes abritant des personnages à l’âme forte et rude. » (Extrait de l’introduction, p. 232) ###

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Inventions du lecteur dans Dernier royaume de Pascal Quignard », Cahier du CERACC, no 3 (juin 2006), [En ligne]. +++ Article de revue

###« Le Dernier royaume, de Pascal Quignard, qui brouille les frontières entre fiction et non fiction, annexe de nouveaux territoires ou les invente à partir de matériaux historiques et culturels, convie le lecteur à entrer dans un espace d’égarement où, faute de pouvoir se reconnaître, il doit se réinventer, entre jouissance de la perte et plaisir de la rencontre. » (Résumé joint à l’article)

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TURIN, Gaspard, « Lecture et écriture chez Pascal Quignard : une archéologie mentale », Cahier du CERACC, no 3 (juin 2006), [En ligne]. +++ Article de revue

###« L’aspect fragmentaire des textes constituant le projet Dernier royaume favorise la juxtaposition d’éléments textuels hétéroclites, très souvent issus de lectures, et dont le mode de transmission évolue de la citation en direction une reprise en charge qui confine à l’extrapolation. Ce jeu sur l’hypotexte s’accompagne d’une remise en question des instances d’écrivain et de lecteur, dans une double dynamique de fusion et de redistribution des rôles. » (Résumé joint à l’article)

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BLANCKEMAN, Bruno, « “J’obéis les yeux fermés à ma propre nuit” », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 87-97. +++ Chapitre de collectif

###« La composition des Ombres errantes, de Sur le jadis, d’Abîmes trahit une identité de partage qui lie par la perte la mesure du temps calendaire —  l’être en dérive d’un univers qui lui échappe — et celle du temps littéraire — l’homme de lettres dissipé dans une oeuvre qui le déborde. Ce vers quoi s’acheminent de page en page les trois tomes publiés en 2002, ce sont leurs propres origines. […] Cette formule, par laquelle l’écrivain définit le temps présent, concerne aussi le livre en cours, l’écriture qui prend en temps, qui fait sens en laissant resurgir des bribes d’ouvrage antérieur que ce montage discursif projette dans un ordre de prospection sans fin. » (Extrait, p. 88) ###

FOREST, Philippe, « Le Japon, dernier royaume de Pascal Quignard », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 173-183. +++ Chapitre de collectif

###« Dans cet ensemble en cours de développement que constitue Dernier Royaume, il existe un certain nombre de traits —  prélevés sur la réalité historico-géographique à laquelle on donne le nom de Japon, et pourtant arbitrairement réarrangés par l’auteur selon la souveraineté d’un projet propre —  qui fonctionnent bien à la façon d’un “système”. Et il va de soi que, chez Quignard autant que chez Barthes, ce “système Japon”, s’il tient à la réalité, s’il ne renonce pas à elle, s’en émancipe également afin de produire ses effets principaux dans le champ du symbolique, soumettant l’espace et le temps à un réel phénomène de “désorientation” par lequel un jeu inédit et imprévu s’insinue dans la mécanique ordinaire des signes. […] Dans la considération d’un Japon réel et rêvé, c’est bien la possibilité d’une différence —   voire d’une mutation même “inféconde ” — qu’insinue Pascal Quignard dans le corps du roman français. » (Extrait de l’introduction, p. 174) ###

NETTELBECK, Colin, « Narrative Mutations : French Cinema and its Relations with Literature from Vichy towards the New Wave », Journal of European Studies, vol. 37 (juin 2007), p. 159-186. +++ Article de revue

###« In the most prominent article of nouvelle vague self-definition — that of the filmmaker as “auteur” — the new French cinema was underlining its relationship with the literary tradition that had been both pathway and obstacle to its independence. This paper examines a particularly intense phase of French cinema’s quest for “high culture” legitimacy, namely the period covering the Occupation and the rise of the New Wave — 1940 to 1958. It evaluates how the combination of historical circumstance and Vichy government policy enhanced the position of cinema relative to literature, and opened the way for subsequent developments in literary and cinematographic expression, both as independent arts and in their interrelationship. Concentrating on works of fiction, it adopts the Ricoeurian view that such narratives afford crucial insight not only into artistic production, but also into the identity of the society that produced it. » (Résumé joint à l’article) ###

VUONG, Léa, « Pascal Quignard’s Metamorphoses: A Contemporary Recuperation of Literary Fairy Tales », dans Michael GRATZKE, Margaret-Anne HUTTON et Claire WHITEHEAD (dir.), Readings in Twenty-First-Century European Literatures, Oxford, Peter Lang, 2014, p. 119-136. +++ Chapitre de collectif

Dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Jean-Louis PAUTROT, L’esprit créateur, vol. 52, no 1 (printemps 2012), 132 p. +++ Dossier de revue

### Sommaire du dossier « Pascal Quignard » :

  • « Introduction » / Jean-Louis Pautrot.
  • « Les Stèles du recueillement: un dialogue avec Pascal Quignard » / Chrystelle Claude.
  • « Les Tablettes de buis d’Apronenia Avitia : à la recherche du manuscrit perdu » / Camilo Bogoya. *
  • « Albucius : un roman latin? » / Bénédicte Gorrillot. *
  • « Prédation et violence fondatrice : la chasse dans la réinterprétation par Pascal Quignard de la théorie mimétique-sacrificielle » / Cristina Álvares. *
  • « La peinture, pré-texte à l’écriture chez Pascal Quignard » / Agnès Cousin de Ravel. *
  • « “Un chant qui errait sans fin” : Pascal Quignard et l’écriture de la béance dans Villa Amalia » / Bruno Thibault. *
  • « Rire en Quignardie : pour une lecture posturale » / Gaspard Turin. *
  • « Unlimited, Unseen and Unveiled : The Force of the Aorist in Pascal Quignard’s Sur le jadis » / John T. Hamilton. *
  • « L’Ange et la bête : notes sur La Nuit sexuelle de Pascal Quignard » / Chantal Lapeyre-Desmaison. *
  • « Les Silences de Dieu : sur les voies perdues de la nostalgie » / Daniel S. Larangé. *

*Références disponibles sur auteurs.contemporain.info

Le dossier « Pascal Quignard » est accessible via Project Muse. ###

ÁLVARES, Cristina, « Prédation et violence fondatrice : la chasse dans la réinterprétation par Pascal Quignard de la théorie mimétique-sacrificielle », L’esprit créateur, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Jean-Louis PAUTROT, vol. 52, no 1 (printemps 2012), p. 35-47. +++ Article de revue

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COUSIN DE RAVEL, Agnès, « La peinture, pré-texte à l’écriture chez Pascal Quignard », L’esprit créateur, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Jean-Louis PAUTROT, vol. 52, no 1 (printemps 2012), p. 48-58. +++ Article de revue

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TURIN, Gaspard, « Rire en Quignardie : pour une lecture posturale », L’esprit créateur, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Jean-Louis PAUTROT, vol. 52, no 1 (printemps 2012), p. 70-82. +++ Article de revue

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LARANGÉ, Daniel S., « Les Silences de Dieu : sur les voies perdues de la nostalgie », L’esprit créateur, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Jean-Louis PAUTROT, vol. 52, no 1 (printemps 2012), p. 120-132. +++ Article de revue

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MESSAGER, Mathieu, « L’ombre errante de l’Allemagne dans l’oeuvre de Pascal Quignard », Cahiers d’histoire des littératures romanes, vol. 36, nos 1-2 (2012), p. 159-173. +++ Article de revue

SHERINGHAM, Michael, « Quignard et l’archive : “Une beauté de découpe” », dans Bruno BLANCKEMAN et Barbara HAVERCROFT (dir.), Narrations d’un nouveau siècle. Romans et récits français (2001-2010), Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2013, p. 57-68. +++ Chapitre de collectif

DECLERCQ, Gilles, « “Tous les matins du monde sont sans retour”. L’image du Grand Siècle dans l’œuvre de Pascal Quignard », Littératures classiques, no 76 (2011), p. 197-212. +++ Article de revue

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CALLE-GRUBER, Mireille, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, 282 p. +++ Collectif

### « Rencontre est le mot juste pour les compagnonnages graves et beaux qui se dessinent entre littérature, arts et critique universitaire. C’est ce que ce livre explore : l’énigmatique contrée des entames et des nouages de l’être que l’on n’approche que par la pesée des matières des langues des corps.

Conviés autour de Pascal Quignard et son oeuvre, peintres, graphistes, musiciens, compositeurs, danseurs, metteurs en scène font ici généreusement montre de leur faculté d’accueil et de la réciproque relance qui nourrit la création. Dans l’attente de l’inattendu. Valerio Adami, Michaël Levinas, Marie Morel, Valère Novarina, Jordi Savall, Pierre Skira, Alain Veinstein dialoguent avec Pascal Quignard et avec les travaux des universitaires. Ensemble, ils donnent à voir, entendre, penser des formes en devenir - à la trame politique autant que poétique. Cahier iconographique (32 pages) et DVD-Supplément. » (Quatrième de couverture)

Table des matières ###

KORTHALS ALTES, Henriette, « The Sublime Revisited : Theory as Fiction in the Essays of Pascal Quignard », dans Naomi SEGAL, Gill RYE et Michael WORTON (dir.), “When familiar meanings dissolve…” : Essays in French Studies, Oxford, Peter Lang, 2011, p. 249-264. +++ Chapitre de collectif

ROY, Nathalie, « Toucher à l’invisible ou comment “ensauvager le domesticateur” : littérature, spéculation et modernité chez Pascal Quignard », @nalyses, vol. 5, no 3 (automne 2010), [En ligne]. +++ Article de revue

### « Pascal Quignard, volontiers considéré comme le modèle contemporain du lettré classique, récuse certains des principaux traits de l’esthétique moderne et se réclame, dans la conception de l’art littéraire qu’il développe, de l’Antiquité et de la rhétorique classique. Toutefois, à étudier sa réflexion de plus près, il devient manifeste que sa spéculation littéraire entre fortement en résonance avec la pensée moderne de l’art, et particulièrement avec celle de ses premiers théoriciens, soit les esthéticiens du Cercle d’Iéna. Cet article analyse la pensée esthétique de Quignard à la lumière de cette théorie spéculative qui fonde l’âge moderne, afin d’élucider le rapport complexe qu’entretient l’auteur avec la modernité et de parvenir ainsi à mieux cerner sa pensée. » (Résumé joint à l’article)

L’article traite de Rhétorique spéculative, des Ombres errantes ainsi que d’un entretien accordé à Chantal Lapeyre-Desmaison et publié sous le titre Pascal Quignard, le solitaire.

KEMP, Simon, French fiction into the twenty-first century : The return to the story, Cardiff, University of Wales press, 2010, 213 p. +++ Monographie

### Voir le chapitre « Pascal Quignard and the Fringes of Narrative ». ###

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Le secret et la source dans l’oeuvre de Pascal Quignard », dans Dominique RABATÉ (dir.), Dire le secret, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, 2001, p. 183-195. +++ Chapitre de collectif

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Éloge de l’aube », Critique, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Fabienne DURAND-BOGAERT et Yves HERSANT, nos 721-722 (2007), p. 533-543. +++ Article de revue

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LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « En haine de la bibliothèque (Sur Pascal Quignard) », dans Marie-Odile ANDRÉ et Sylvie DUCAS (dir.), Écrire la bibliothèque aujourd’hui, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, 2007, p. 109-116. +++ Chapitre de collectif

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Les allégories paradoxales de Dernier Royaume, de Pascal Quignard », Actes du colloque de Metz 2004, textes réunis par Christine DUPOUY, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 295-310. +++ Chapitre de collectif

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Mélancolies de l’artiste », Dalhousie French Studies, vol. 87 (été 2009), p. 51-62. +++ Article de revue

MITAUT, Blandine, « Lait rouge, sang noir : Figures de la nourrice dans l’oeuvre de Pascal Quignard », thèse de doctorat, Emory University, 2008, 212 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « Taking contemporary French writer Pascal Quignard (1948- ) at his word when he claims that bilingualism is the absolute condition of novel-writing–the monolingual being “condemned” to poetry–my dissertation explores Quignard’s work in its relationship to language, by questioning the awkward, and very French, notion of mother tongue, and redefining the odd concept of bilingualism according to the figure of the “nourrice ”–the French wet-nurse. This ambivalent and complex figure whose specter (like a regret? a remorse? a punishment?…) haunts the whole corpus, is indeed central to Quignard’s relationship to language and more especially to writing.

The wet-nurse appears to repair a failed first attempt at learning language with the mother, and as such she is a benevolent figure – at least at first. Soon enough, she too will betray the child and leave him. Therefore she must be punished. Milk, for Quignard, is thus inevitably tainted with red; the blood in turn becomes the black ink of writing. The present study aims at solving the mystery surrounding this alchemy of a new kind, and in so doing, it distinguishes three distinct phases: first, the systematic association of words to food; second, the association of the breast to writing; third, the association of the nourrice to the book.

I argue that Quignard, although not traditionally considered a bilingual author, in his quest for a new literary genre, reformulates the notions of bilingualism and of writing through unexpected figures: chopped-off breasts, bled-white nannies, bloody suckling scenes, starving skeletal characters, candy specialists, food maniacs, barbarians, cannibals, ogres, communions, last suppers. Severed from its usual and all too abstract considerations (second language acquisition, translation theory, linguistics, philosophy, anthropology, sociology), the question of bilingualism is thus reinvested, implicated, incarnated even, in literature. » (Résumé joint à la thèse) ###

TURIN, Gaspard, « “Entre centre et absence” : Fragmentation et style chez Pascal Quignard », Littérature, no 153 (2009), p. 86-101. +++ Article de revue

### « La prose de Pascal Quignard, et plus particulièrement le polyptique Dernier royaume, présente un aspect singulier, une forme discontinue que Dominique Viart qualifie de “syncope”, une forme elliptique, fragmentée, entrecoupée de silences. Cet article se propose d’observer le travail de la voix, des voix présentes dans cette œuvre — au pluriel, parce que les cas de polyphonie, via la convocation d’auteurs antérieurs, sont monnaie courante chez Quignard. En se penchant sur sa pratique de la citation, on remarque que les limites contractuelles de celle-ci sont très rapidement abolies. Cette gestion particulière de l’hypotexte participe d’une esthétique de la collection et de la recollection, définitoire du type de fragmentation à l’œuvre chez Quignard. Le motif de la liste s’avère dans cette perspective un point focal de l’écriture quignardienne (dans la mesure où l’élagage du propos régit sa composition). La liste, point de mire et dernière extrémité de la fragmentation, révèle ce double mouvement : l’abandon des structures syntaxiques en direction d’une simple juxtaposition des termes de la phrase d’une part, et de l’autre le besoin de recollection, de recomposition, de lutte contre la débâcle, d’ordonnancement. Liste d’auteurs également, ceux dont Quignard s’entoure, qu’il recopie, réutilise et auxquels il choisit de s’agréger dans un corps collectif, à la fois multiple et unique. » (Résumé joint à l’article)

ZHUO, Yue, « À l’écart du visible : anachronisme et imaginaires de l’archéologique à partir de Barthes, Bataille, Lacan et Quignard », thèse de doctorat, Department of French, New York University, 2008, 268 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « The concept of anachronism in postwar French literature has caught little attention in contemporary scholarship. Among the scattered criticism which touches upon this question, anachronism has always been thought of within the confines of the “modern vs. anti-modern” dichotomy. My dissertation attempts to move beyond such binaries. I propose to think about anachronism not in relation to time, but to space, or more specifically, to the lack or invention of space in a late capitalist society in which literature and arts have been marginalized. I argue that archaism and the motif of heterogeneity go hand in hand in forming a critical negative apparatus which resists the homogenizing structure of society : both attempt to represent the irrepresentable, the invisible and the silent, that is, the remainders left out by the standardizing process of civilization.

Such an operation is by definition a paradoxical one, for it points not only to a vision of nature exempt from the ravages of history, but also to an imagined nascent human community in which language has not yet become power. How are we to represent such an origin obscured by living civilizations, yet active as a hidden force with regenerative or transformative potential? The archaeological imagination provides a space that calls for exhumation of the buried and the repressed, while conserving the unknown for future inventions. By studying the relationship between anachronism and the archaeological “imaginary”, I try to detach the former from its usual association to linear historical representation and to provide it with an operational autonomy linked to space.

Anachronism, I argue, is linked to the figure of exclusion, but it transforms itself into a generative force which leads to the construction of utopian spaces. The imaginary communities and the literary spaces in Barthes’ late Collège de France public lectures, Lacan’s Écrits and his seminars, Georges Bataille and Pascal Quignard’s unclassifiable non-fictional writings allow us to see how these spaces move away from the social contract, providing a silent resistance to the “global society”, a society in which technological progress and communicational transparency advocate the deletion of any forms of secrecy, obscurity and ambiguity. » (Résumé joint à la thèse)

La thèse est écrite en français.

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest. ###

FENOGLIO, Irène, « Textual Genetics and Manuscript in Word Processing : A new Definition of the Text? Essay on the “Avant-texte” of a short story by Pascal Quignard », Belgian Journal of Linguistics, vol. 23, no 1 (2009), p. 45-61. +++ Article de revue

### « Very little research has been devoted to the way in which the textual genetics approaches the manuscripts in the text processing. However the future of the genetics depends, partly, on the interest which one can carry to this new materiality of the manuscript. The notion of text, the concept of what text is, have they been changed, or at least modified by the use of text processing? To write a text is to elaborate a discourse in the form of an utterance and to record it. The order of the discourse, in other words, the semiotic (the linguistic recognizable) / semantic (the meaning expressed (uttered) in the discourse) ratio should in no way be modified by the use of text processing. What changes, on the other hand, it is the materialization of the paper support of the text and consequently the status of this materialization. » (Résumé joint à l’article) ###

HAMILTON, John T. « Philology and Music in the Work of Pascal Quignard », Studies in Twentieth and Twenty First Century Literature, vol. 33, no 1 (hiver 2009), p. 141-165. +++ Article de revue

RABATÉ, Dominique, Pascal Quignard. Étude de l’oeuvre, Paris, Bordas (Écrivains au présent), 2008, 191 p. +++ Monographie

Dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Charles DOBZYNSKI et Jean-Baptiste PARA, Europe, nos 976-977 (août-septembre 2010), p. 3-196. +++ Dossier de revue

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Dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Fabienne DURAND-BOGAERT et Yves HERSANT, Critique, nos 721-722 (2007), 128 p. +++ Dossier de revue

### Sommaire du dossier « Pascal Quignard » :

  • « Présentation » / Fabienne Durand-Bogaert et Yves Hersant.
  • « Qu’est-ce qu’un littéraire? » / Pascal Quignard.
  • « Un auteur autoritaire ? » / Laurent Nunez. *
  • « Petits fragments de paradis » / Jacqueline Risset. *
  • « Le latin sur le bout de la langue » / Yves Hersant. *
  • « L’éclat bouleversant de l’attaque » / Olivier Renault. *
  • « Ce que dit la revenante » / Georges Kliebenstein. *
  • « Qui bene vestita » / Fabienne Durand-Bogaert. *
  • « Les graveurs ont l’humour grave » / Philippe Chardin. *
  • « La mémoire la plus lointaine » / Laurence Werner David. *
  • « Le roman, lieu sans terre » / Yue Zhuo. *
  • « Éloge de l’aube » / Chantal Lapeyre-Desmaison. *

*Références disponibles sur auteurs.contemporain.info

« “Celui qui silence”, a-t-on dit de Félix Fénéon. C’est de Pascal Quignard qu’aujourd’hui on devrait le dire. Pas seulement parce qu’il faut prêter l’oreille pour entendre cette voix singulière, issue d’un homme qui littérairement (et socialement) se tient à la marge d’un monde sonorisé et bavard ; pas seulement parce qu’il a éprouvé physiquement, dans la souffrance d’expériences intimes, l’incomplétude de la parole et la défaillance du langage. Mais surtout parce que, chez l’auteur de Vie secrète, la taciturnité est au principe de l’écriture. “La voix dans le livre est retraite dans un désir de se taire”. C’est dans la littérature que la parole touche au silence, en même temps que s’y inscrit ce que l’oralité ne peut pas dire. Que faire pour continuer à se taire sans s’exempter du langage ? À cette question paradoxale et fondatrice, une seule réponse : lire, écrire, traduire. Ce sont là, du reste, trois déclinaisons d’une même posture, trois manières de se déprendre de soi ; dans l’allégresse ou l’angoisse, c’est selon.

Ainsi le silence et les incessantes lectures, qui conduisent certains au désœuvrement, sont-ils au contraire chez Pascal Quignard les moteurs d’une écriture proliférante. Le sait-on assez ? L’auteur de Tous les matins du monde (1991) et des Ombres errantes (prix Goncourt, 2002) a publié à ce jour une cinquantaine d’ouvrages. De ses premiers travaux sur Sacher-Masoch, Lycophron et Maurice Scève (La Parole de la Délie, dont Louis-René des Forêts fut le premier admirateur) jusqu’au récent et sidérant work in progress intitulé Dernier royaume, en passant par Le Lecteur (1976), Le Sexe et l’effroi (1994), Rhétorique spéculative (1995) ou La Haine de la musique (1996), il a offert d’étonnants “morceaux de silence” où la gravité n’exclut pas l’espièglerie. Chemin faisant, il a vagabondé dans le Japon médiéval et la Rome d’Auguste, rêvé sur Georges de La Tour et Sainte Colombe, enquêté sur les Inuits ou les jansénistes de Port-Royal. Aux romans (tels Carus en 1979, Les Tablettes de buis d’Apronenia Avitia en 1984, Le Salon du Wurtemberg en 1986, Les Escaliers de Chambord en 1989… jusqu’à Villa Amalia publié l’année dernière), il a mêlé les contes, forme privilégiée à ses yeux parce qu’elle renvoie à la nuit de l’enfance et des mythes, ainsi que les Petits traités spéculatifs qui procèdent “à sauts et à gambades”. Comme un lettré de la Renaissance, il a exalté la varietas. Comme un compositeur baroque, improvisant sur une basse continue, il a tissé de multiples variations sur quelques thèmes omniprésents : le sexe et la mort, la sauvagerie et le secret, la naissance et les états qui la précèdent. Toujours à l’écart des constructions systématiques comme des genres littéraires préétablis : récit et spéculation s’entrelacent, le traité se fait poésie, l’essai accueille le journal intime.

Intempestive et inactuelle, sa manière déjoue l’attente et privilégie la surprise ; en témoigne son goût pour l’aphorisme et le paradoxe, les apologues et les chutes énigmatiques, les étymologies fabuleuses et le trivial des “sordidissimes”. Des Petits traités et de Dernier royaume, où triomphe son art de l’écriture fragmentaire, Pascal Quignard fait soudain jaillir des fusées baudelairiennes ou des assertions épastrouillantes – mais que ne dicte aucune prétention à la véridicité : “Que celui qui me lit”, prévient-il dans La Leçon de musique, “ait constamment à l’esprit que la vérité ne m’éclaire pas et que l’appétit de dire ou celui de penser ne lui sont peut-être jamais tout à fait soumis”. Dans une langue à la fois neuve et nourrie de mots anciens, expansive et elliptique, il bouscule, interroge et déconcerte; comme Albucius, dont il a fait un de ses personnages, Pascal Quignard est un inquietator.

À cet écrivain subtil – qui n’aime pas se dire “écrivain”, mais qui ne devrait pas récuser “subtil” –, Critique rend ici un hommage qui s’est voulu discret. Le propos n’était pas d’écraser Pascal Quignard sous une rhétorique de l’éloge, bien opposée à celle de ce redécouvreur de Fronton. Ni de trop parer son œuvre de prestigieuses références, qui pourraient pourtant se justifier (Bataille, Blanchot, Lacan…). Mais d’enrichir si peu que ce soit, grâce à lui et pour lui, la petite communauté de “ceux qui aiment ardemment les livres”. Ceux-là “s’entre-lisent dans le silence, à la lueur des chandelles, dans le recoin de leur bibliothèque tandis que la classe des guerriers s’entretue avec fracas sur les champs de bataille et que celle des marchands s’entre-dévore en criaillant.” » (Présentation de Fabienne Durand-Bogaert et Yves Hersant) ###

HAROUX, Marilène, « Les Ombres du Temps : Jules Michelet, Romain Rolland, Pascal Quignard », thèse de doctorat, Department of French, Emory University, 2012, 211 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « In my doctoral dissertation, Les Ombres du Temps : Jules Michelet, Romain Rolland, Pascal Quignard, I analyze literature and its vexed relationship with history, using a selection of literary texts by authors from three different time periods (the first half of the nineteenth century, the beginning of the twentieth century, and the end of the twentieth century to the present-day).

I show how Jules Michelet (1798-1874), Romain Rolland (1866-1944) and Pascal Quignard (1948-) endeavor, each in his own way, to reanimate and inscribe anonymous and marginalized individuals forgotten by history. I examine these writers’ diversity of motives in their efforts to avoid oblivion, their attempts to use traces from the past as a way to reflect on forgetting and death, and the writing strategies they utilize. These authors each have a unique role and mission of their own. Michelet, who thinks himself a magus and has faith in progress, participates in the romantic elaboration of the myth of the people and the witch. Rolland, seeing himself as a secretary of time, imagines a realistic inscription of his ancestors in order to prevent the repetition of history. Quignard, presenting himself as an antiquarian, creates an ideal collection based on his conception of the Roman world in order to turn away from our contemporary time exhausted by history.

In my introduction, I show, from diverse meanings of the word ombre (shadow) and expressions containing this word, the complexity of the figure of shadows,. In the first chapter, I study how the three writers depict shadows through their appearance and behavior, and how they are magi capable of illuminating shadows. The second chapter is a study of the fluidity of shadows: their changing nature and their various movements render their encounters with the writers arduous, unless the writers wander to find shadows. Only hybrid texts seem to suit the fluid nature of shadows. In the last chapter, I compare how the writers transform themselves into witnesses who honor the memory of the forgotten with feasts that are shared with the reader. » (Résumé joint à la thèse)

La thèse est écrite en français.

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest. ###

RIESEN, Ingrid, « Eros et Thanatos : la création artistique chez Pascal Quignard », mémoire de maîtrise, Department of French, Spanish and Italian, University of Manitoba, 2009, 86 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « Ce mémoire discute du rôle de l’artiste dans l’oeuvre de Pascal Quignard. Il s’agit d’abord de présenter le concept du Jadis, un temps qui précède l’acquisition du langage et dont le souvenir hante l’être humain, qui passe sa vie à essayer d’en combler le manque. Par la suite, nous démontrons que l’homme voit dans l’amour et dans l’art, né de l’amour perdu, des courts-circuits par lesquels il peut rejoindre le Jadis. Un chapitre est consacré à chacun des arts : la peinture, la littérature et la musique, qui évoquent le Jadis au moyen des pulsions de l’amour et de la mort, dont la métaphorisation sous forme de mythe constitue l’expression fondamentale. En dernier lieu, il s’agit de montrer que la lumière créée par l’amour et l’art, les seules sources possibles de la génération créative, se consomme à force d’illuminer, créant des vestiges du Jadis reflétés stylistiquement par des fragments. » (Résumé joint au mémoire)

La version PDF du mémoire est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest. ###

LUSCANS, Bernard, « La représentation des objets dans le nouveau nouveau roman », thèse de doctorat, Department of Romance Languages, University of North Carolina at Chapel Hill, 2008, 354 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « Le Nouveau Nouveau Roman, comme un genre, est non seulement une notion récente, mais il manque aussi d’une définition unanimement reconnue. Les textes critiques sur le Nouveau Nouveau Roman ont souvent pour but d’illustrer la notion de Postmodernisme. Il nous est apparu qu’il manquait une étude approfondie des textes du Nouveau Nouveau Roman. Nous avons choisi cinq auteurs contemporains en particulier : Jean-Philippe Toussaint, Hélène Lenoir, Pascal Quignard, Jean Echenoz et Marie NDiaye ; ainsi que Claude Simon, qui sera considéré comme une transition entre le Nouveau Roman et le Nouveau Nouveau Roman.

Cette étude débute avec le changement de la voix dans la narration juste après la seconde Guerre Mondiale. La voix de l’auteur s’est réduite à une expérience personnelle, et a perdu son ambition universaliste. L’évolution de la description dans la narration contemporaine coïncide avec les nouvelles préoccupations de la philosophie du milieu du 20e siècle. Nous le constaterons en comparant les travaux de Walter Benjamin, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Roland Barthes, Michel Foucault et Jean-François Lyotard. Depuis les années 70, la représentation des objets apparaît comme un nouvel enjeu. En France, cet enjeu a suivi une approche différente du Postmodernisme américain. Nous l’illustrerons, entre autres, avec les travaux d’Erich Auerbach, Pierre Brunel, Ginette Michaux et Linda Hutcheon. Cette nouvelle perception de notre environnement a aussi apporté un nouveau regard sur la littérature. L’avènement du Nouveau Nouveau Roman nous est apparu comme le signe d’une position plus ouverte et moins radicale sur le rôle tenu par la représentation des objets dans la narration. Nous analyserons la fonction critique de la représentation des objets dans le récit contemporain.

La représentation des objets redéfinit la narration et la place des personnages dans le récit contemporain. Avec la représentation des objets, la littérature contemporaine reconsidère également son expérience avec le quotidien. Cette réécriture est douloureuse, et dévoile le profond malaise de l’individu dans une société qui le dépersonnalise et tend à le placer au même rang que les objets de consommation courante. » (Résumé joint à la thèse)

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest. ###

CALLE-GRUBER, Mireille, « Celui qui cherche », dans Mireille CALLE-GRUBER, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 15-25. +++ Chapitre de collectif

CIVIL, Pierre, « Des murs et des images », dans Mireille CALLE-GRUBER, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 27-32. +++ Chapitre de collectif

LYOTARD, Dolorès, « Visitations », dans Mireille CALLE-GRUBER, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 33-43. +++ Chapitre de collectif

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « L’écrire à corps perdu de la danse dans l’oeuvre de Pascal Quignard », dans Mireille CALLE-GRUBER, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 119-126. +++ Chapitre de collectif

GENETTI, Stefano, « Approche de la danse, tremblements », dans Mireille CALLE-GRUBER, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 127-135. +++ Chapitre de collectif

KHERBI, Souad, « De l’Extrême-Contemporain au Baroque : le temps d’un (im)possible retour? », dans Mireille CALLE-GRUBER, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 149-159. +++ Chapitre de collectif

OGAWA, Midori, « Tout est couvert du sang lié au son », dans Mireille CALLE-GRUBER, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 161-170. +++ Chapitre de collectif

BLANCKEMAN, Bruno, « Banquets, menus, friandises : les arts de la bouche dans l’oeuvre de Pascal Quignard », dans Mireille CALLE-GRUBER, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 181-187. +++ Chapitre de collectif

SPRIET, Stella, « La voix mutique de Pascal Quignard », dans Mireille CALLE-GRUBER, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 189-195. +++ Chapitre de collectif

DECLERCQ, Gilles, « “Ut rhetorica” (Adresse) », dans Mireille CALLE-GRUBER, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 197-209. +++ Chapitre de collectif

DEGENÈVE, Jonathan et Sylvain SANTI, « Poétique(s) du fragment chez Pascal Quignard », dans Mireille CALLE-GRUBER, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 223-239. +++ Chapitre de collectif

FARGE, Arlette, « Brisures du temps », dans Mireille CALLE-GRUBER, Gilles DECLERCQ et Stella SPRIET (dir.), Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 241-247. +++ Chapitre de collectif

ASSELIN, Guillaume, « Entropologiques métamorphoses du sacré dans la littérature contemporaine », thèse de doctorat, département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal, 2008, 312 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « “Le problème capital de la fin du siècle sera le problème religieux”, déclarait André Malraux en 1955. Si l’on cite volontiers son mot selon lequel le XXIe siècle verrait l’éclosion d’un phénomène spirituel majeur, on omet presque toujours la suite. L’écrivain avait pourtant bien pris soin de préciser que ce phénomène ne serait pas forcément la naissance d’une nouvelle religion. L’auteur de La métamorphose des dieux pressentait ainsi “qu’une renaissance religieuse se fonderait sur des données qui ne sont pas les nôtres” et que le problème spirituel se poserait probablement “sous une forme aussi différente que celle que nous connaissons que le christianisme le fut des religions antiques”. À observer ce que la spiritualité devient dans la littérature contemporaine, force est d’admettre qu’il avait vu juste. De Dieu, des dieux, ne reste plus qu’un “effet de trace” là où la croyance s’est pratiquement effacée de l’espace public et artistique.

Ce sont ces “survivances” et leurs effets de spectralité qu’il s’agit ici d’interroger sur la base des oeuvres d’André Malraux, de Louis-Ferdinand Céline, de Marcel Moreau, d’Antoine Volodine, de Juan Garcia, de Pascal Quignard, de Valère Novarina, d’Éric Chevillard et de Philippe Beck. Toutes ont en commun de prendre en charge cet héritage qui a modelé si profondément nos façons de penser, de percevoir, d’agir et de vivre en société, afin d’en extraire le suc et de mettre à jour ce qui avait été voilé sous le manteau des mythes et de leurs images: une énergie pure, à laquelle il s’agit dorénavant de donner corps par l’écriture, libre de toute servitude théologique. Ce qui paraît ainsi pour la première fois à la lumière de cet effacement est ce que les dieux et leur cortège mythologique n’auront jamais cessé d’occulter: la parole elle-même comme démiurgie et fonds abyssal des théogonies et des rêveries d’absolu, comme sous-bassement poïétique du sacré et de ses figures tutélaires. La méthode employée pour étudier ces vestiges du sacré, “l’entropologie”, fait écho à une proposition de Claude Lévi-Strauss qui, dans Tristes tropiques, suggérait de fonder sous ce néologisme une science qui se chargerait d’étudier les processus et les lois préludant aux phénomènes, complexes, d’usure et d’entropie. À la religion qui, fuyant la multiplicité chaotique des phénomènes en dressant l’écran d’un arrière-monde, tend à oblitérer les forces cosmiques sous des formes vidées de toute potentialité, la littérature oppose une parole vive qui brise le carcan des formes instituées, afin de libérer et de recycler l’énergie qui y est fossilisée. Les métamorphoses du sacré que donnent à lire les oeuvres soumises à l’analyse se traduisent ainsi par le passage d’une représentation traditionnelle, substantielle de l’espace, des corps et de la parole à des modalités de spatialisation, d’incarnation et de matérialisation éminemment paradoxales, spectrales. Ce sont ces nouvelles modalités qu’il s’agit ici d’étudier, en trois temps bien distincts (métamorphoses de l’espace, des corps et de la matière). » (Résumé joint à la thèse)

SAINT-ONGE, Simon, « Le temps contemporain ou le Jadis chez Pascal Quignard », Études françaises, vol. 44, no 3 (2008), p. 159-172. +++ Article de revue

### « Cet article vise à éclairer certains aspects d’une des dimensions importantes de l’oeuvre de Pascal Quignard, une dimension qui a trait au temps et qui innerve l’ensemble de ses écrits dès la rédaction de ses Petits traités (1977). Plus précisément, au cours de cette étude, on envisage de saisir comment l’écrivain français construit une modalité temporelle qui fraye avec la question de la contemporanéité : le Jadis. La construction de ce temps contemporain à la fois plus actuel et plus originaire que le présent apparaîtra comme un processus de figuration qui fait éclater le continuum de la temporalité ; comme ce qui détermine une poétique du temps d’une portée aporétique se défiant du tribunal de l’histoire. En appui à cette réflexion, on se propose d’analyser comment s’inscrit cette modalité temporelle dans un texte fictionnel, à savoir le conte qui clôt l’ouvrage Sur le Jadis (2002). » (Résumé joint à l’article)

ALTUNCU, Talat, « Pascal Quignard, romancier au défaut de langue », thèse de doctorat, Strasbourg II, 1998, 527 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « Le but de cette thèse est de proposer une approche thématique et représentative de l’ouvrage romanesque quignardien et de définir le fonctionnement de la question de la langue. Le point de départ est la perception d’un sentiment de défaut, mal définissable et peu enclin à être l’objet de théorie. Ce sentiment de défaut est étudié et abordé selon des approches spécifiques : la narration, l’écriture et la langue. Le défaut définit le mode même du sens chez Quignard. Dans une première partie intitulée “approches narratologiques” dégageant les grandes lignes de la narration quignardienne, nous proposons une vue concise sur Pascal Quignard, romancier. Nous y utilisons une critique fondée sur la narratologie. Dans une seconde partie consacrée à l’écriture quignardienne dans le cadre du fragment, nous essayons de reconstituer les processus d’écriture. Il s’agit d’une classification de quelques figures de l’écriture quignardiennne par quoi l’on perçoit mieux les rapports établis entre l’écriture, l’ancien et le fragment. Un tel repérage arbitraire, mais non exhaustif et non définitif permet de reconnaitre le défaut comme un pivot du roman quignardien. La troisième partie est essentiellement caractérisée et abordée à partir de la problématique du défaut de la langue. Un accent singulier est mis sur l’usage défaillant de la langue lié à la dépression, au manque de soi et à l’abandon de la mère. Nous avons entrepris de montrer que Quignard élabore progressivement un retour à l’origine dont le défaut s’articule davantage autour du questionnement identitaire, langagier. La langue devient le lieu d’une interrogation identitaire profonde. » (Résumé joint à la thèse) ###

ASSELIN, Guillaume, « Du (dé)bris symbolique », Protée, vol. 36, no 1 (printemps 2008), p. 7-15. +++ Article de revue

### « On a l’habitude, lorsqu’on s’attarde au symbole, de faire porter l’attention sur le “rejointement” des deux moitiés de l’objet brisé (tablette, anneau ou cube) auquel renvoie étymologiquement le sumbolon. On occulte, du coup, l’instant dia-bolique de la déchirure ou de la brisure, qui semble ne conditionner l’acte de suture symbolique que pour en signer simultanément la ruine, que matérialise ce qui tombe hors de son règne sous la forme d’un reste ou d’un débris opaque résistant à la signification, analogue au caput mortuum des alchimistes. Il s’agira donc de s’interroger sur l’incongru foisonnement des vestiges qui affluent sur la scène de la littérature contemporaine et se distribuent autour de la fêlure du symbole. J’analyserai, en me basant essentiellement sur l’oeuvre de Pascal Quignard, la nature et la fonction de ce qui fourmille ainsi sur les bords du symbole sous des noms divers : “skybala”, “sordidissimes”, “miroboles” ou “significe” qui tous sont à mettre au compte de cet “impossible-à-sauver” dont parle Benjamin et commandent, à ce titre, d’explorer le lien entre ce qu’on peut qualifier de “souffrance du symbole” et la pensée sacrificielle. » (Résumé joint à l’article)

BRULOTTE, Gaëtan, « Les mondes opposés de Pascal Quignard », Liberté, vol. 37, no 3 (no 219 - juin 1995), p. 143-150. +++ Article de revue

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ASSELIN, Guillaume, « La friche d’enchantement », Contre-jour, no 5 (hiver 2004), p. 163-168. +++ Article de revue

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MACÉ, Marielle, « “Le réel à l’état passé” : passion de l’archive et reflux du récit », Protée, vol. 35, no 3 (hiver 2007), p. 43-50. +++ Article de revue

### « Notre passion pour l’archive se nourrit d’un certain renoncement à l’emportement romanesque : le rapport d’attestation, de conservation, voire de sidération que l’écriture de l’archive nous invite à entretenir avec notre passé n’est pas sans lien avec ce que Ricoeur appelait la “nuit de l’entendement narratif”. La documentation collectée par Roquentin dans La Nausée, le rassemblement d’un répertoire photographique du monde proustien par Roland Barthes, le goût actuel des récits de filiation sont autant d’exemples permettant d’observer le triomphe durable du thème mémoriel et sa force émotionnelle, mais aussi de l’associer à une crise déjà ancienne du récit prospectif dont cet article souhaite exposer les enjeux. » (Résumé joint à l’article)

NUNEZ, Laurent, « Un auteur autoritaire? », Critique, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Fabienne DURAND-BOGAERT et Yves HERSANT, nos 721-722 (2007), p. 432-442. +++ Article de revue

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HERSANT, Yves, « Le latin sur le bout de la langue », Critique, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Fabienne DURAND-BOGAERT et Yves HERSANT, nos 721-722 (2007), p. 453-460. +++ Article de revue

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RENAULT, Olivier, « L’éclat bouleversant de l’attaque », Critique, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Fabienne DURAND-BOGAERT et Yves HERSANT, nos 721-722 (2007), p. 461-471. +++ Article de revue

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DURAND-BOGAERT, Fabienne, « Qui bene vestita », Critique, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Fabienne DURAND-BOGAERT et Yves HERSANT, nos 721-722 (2007), p. 486-496. +++ Article de revue

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CHARDIN, Philippe, « Les graveurs ont l’humour grave », Critique, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Fabienne DURAND-BOGAERT et Yves HERSANT, nos 721-722 (2007), p. 497-507. +++ Article de revue

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WERNER DAVID, Laurence, « La mémoire la plus lointaine », Critique, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Fabienne DURAND-BOGAERT et Yves HERSANT, nos 721-722 (2007), p. 508-519. +++ Article de revue

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ZHUO, Yue, « Le roman, lieu sans terre », Critique, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Fabienne DURAND-BOGAERT et Yves HERSANT, nos 721-722 (2007), p. 520-532. +++ Article de revue

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PACCAUD-HUGUET, Josiane, « Pascal Quignard et l’insistance de la lettre », Savoirs et clinique, no 6 (2005), p. 133-139. +++ Article de revue

### « L’écriture baroque de Pascal Quignard, admirateur de Freud et de Lacan, se situe après la psychanalyse. Orientée par la défaillance du langage qui fit pour l’auteur trauma de jouissance, elle rend hommage à une tradition littéraire marginale qui s’intéresse au fonds biologique silencieux abrité par la littera. Le Nom sur le Bout de la Langue et Terrasse à Rome abordent par la voie de la fiction les berges du langage et la lettre comme énigme au littoral du sens. Le savoir-faire de l’artiste, mis en écho avec L’instance de la lettre (1957) et Lituraterre (1971) où Lacan fait apparaître qu’une lettre détachée de la dimension signifiante peut faire creuset pour la jouissance, éclaire à son tour les deux versants du transfert comme fiction et comme “faire avec” le réel. » (Résumé joint à l’article)

MESSAGER, Mathieu, « La bibliothèque chrétienne de Pascal Quignard », Revue d’histoire littéraire de la France, vol. 113 (2013), p. 409-424. +++ Article de revue

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NGUYÊN, Albert, « La nuit du fantasme (Bataille-Quignard) », L’en-je lacanien, no 9 (2007), p. 43-83. +++ Article de revue

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FENOGLIO, Irène et Verónica GALÍNDEZ-JORGE (dir.), Pascal Quignard, littérature hors frontières, Paris, Hermann, 2014, 212 p. +++ Collectif

### « Si les frontières sont conçues comme des limites ou des bornes, elles ne peuvent être associées à l’oeuvre de Pascal Quignard. En revanche, les lisières, les bords, les confins, les seuils, les séparations, oui, sans aucun doute, ces mots ouvrent à son oeuvre. Ce livre – issu du premier colloque international tenu sur l’auteur au Brésil, à l’université de Sao Paulo – s’ouvre sur un texte de Pascal Quignard dont la puissance imprime un appel au passage des frontières par la “désinsertion”, par la “distension des entraves”. Les textes qui suivent dessinent une courbe dynamique allant des thématiques les plus englobantes aux plus particulières. Cette courbe s’incurve sur des accents venus d’une autre langue, le portugais, déplaçant le réseau associatif du lecteur. L’ouvrage s’achève sur quatre témoignages de lectures plus jeunes et plus singulières auxquels Pascal Quignard répond. » (Quatrième de couverture)

Sommaire :

  • Le hors frontière, texte inédit / Pascal Quignard.

Pascal Quignard. Littérature hors frontières

  • « Humain-animal : l’ultime frontière » / Jean-Louis Pautrot. *
  • « La singularité hors les frontières de l’identité » / Irène Fenoglio. *
  • « Lec(ri)ture » / Verónica Galíndez-Jorge. *
  • « Passages des genres. Stases et extases dans les récits de Pascal Quignard » / Mireille Calle-Gruber. *
  • « Pascal Quignard, un baroque contemporain » / Chantal Lapeyre-Desmaison. *
  • « Le visage troué du critique quignardien » / Camilo Bogoya. *
  • « Les “sordidissimes” et la question de l’objet » / Yolanda Vilela. *
  • « Traduire Le nom sur le bout de la langue » / Ruth Silviano Brandão. *

S’initier à la lecture de Pascal Quignard

  • « L’écriture solitude » / Bruna de Carvalho.
  • « Ma musique » / Mario Sagayama.
  • « Le corps chez Quignard: une lecture de Boutès » / Julianna Miasso.
  • « Cinquièmes saisons » / Leda Cartum.

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VOUILLOUX, Bernard, La nuit et le silence des images. Penser l’image avec Pascal Quignard, Paris, Hermann (Savoir Lettres), 2010, 200 p. +++ Monographie

### « Pascal Quignard évoque, dans toute son oeuvre, de très nombreuses images : tableaux, peintures rupestres… Chez lui, les images sont souvent la première forme de la lettre, de la littérature. Ainsi, étudier la réflexion de Pascal Quignard sur les images peut légitimement éclairer la compréhension que nous avons du fait iconique. Mais, pour ce faire, il est décisif que nous changions notre regard de la littérature et abandonnions l’idée que le “faire poétique” serait pur de tout rapport au savoir. Tel est d’ailleurs la réforme de notre conception à laquelle nous convie Pascal Quignard lorsqu’il théorise la notion de “littéraire” (par opposition au “littéral”). C’est pourquoi, autant qu’un essai sur l’image dans les écrits d’un auteur contemporain, le présent essai entend éprouver un certain nombre d’hypothèses sur la nature et le statut de l’image. En procédant par essais et corrections, il nous invite à penser l’image avec Pascal Quignard. » (Présentation de l’éditeur) ###

MURA-BRUNEL, Aline, Silences du roman : Balzac et le romanesque contemporain, Amsterdam, Rodopi (Faux titre), 2004, 327 p. +++ Monographie

### « Paradoxalement, le silence qui menace la parole et l’écriture, hante l’imagination des écrivains de la modernité et insuffle une dynamique renouvelée à leurs romans. Dans un parcours qui conduit de La Comédie humaine de Balzac aux écrits du XXIe siècle, le présent ouvrage tente pour la première fois le rapprochement insolite d’œuvres hétéroclites à la lumière de la puissance et de l’éloquence narrative du silence : conjoncturel ou structurel, thématique ou ontologique, celui-ci fonde en effet les textes relus et détient une valeur heuristique pour la redéfinition du romanesque d’un siècle à l’autre. Sans sacrifier la précision et la rigueur de l’analyse, cet essai lance un défi en explorant les ressources illimitées du roman pour atteindre les limites du langage. Ce faisant, il ouvre un champ d’investigation que la critique n’a pas fini d’interroger. » (Quatrième de couverture) ###

HENROT, Geneviève, « Pascal Quignard et la peau de Marsyas », dans Elisa GIRARDINI et Geneviève HENROT (dir.), Le corps à fleur de mots, Padova, Unipress, 2003, p. 89-111. +++ Chapitre de collectif

FENOGLIO, Irène, « “Du” texte avant “le” texte. Formes génétiques et marques énonciatives de “pré-visions” textualisantes », Langue française, no 155 (septembre 2007), p. 8-34. +++ Article de revue

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DECLERCQ, Gilles, « Pascal Quignard, Declamator inquietatorque : un antiquaire fabulateur en modernité », dans Tradition classique et modernité. Actes du 12ème colloque de la Villa Kérylos à Beaulieu-sur-Mer les 19 & 20 octobre 2001, Paris, Académie des Inscriptions et Belles Lettres (Cahiers de la Villa Kérylos, vol. 13), 2002, p. 171-192. +++ Chapitre de collectif

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GAUTHIER, Patricia, « Le roman du roman de Pascal Quignard: Dernier Royaume ou le triomphe du “non-roman” », dans Dominique MONCOND’HUY et Henri SCEPTI (dir.), Les genres de travers. Littérature et transgénéricité, Rennes, Presses Universitaires de Rennes (La Licorne), 2008, p. 341-353. +++ Chapitre de collectif

HENROT, Geneviève, « Chapitre 7. Pascal Quignard ou la peau de Marsyas », dans Peaux d’âme, Paris, Honoré Champion, 2009, p. 155-175. +++ Monographie

### « Le concept de Moi-peau développé par Didier Anzieu offre pour nombre d’œuvres littéraires une modalité de lecture qui surprend par sa fécondité. Une synthèse théorique prépare le lecteur à une meilleure connaissance du concept dans toutes ses articulations, ses fonctions et ses nuances. Neuf auteurs contemporains de langue française sont ensuite revisités à la lumière du concept, révélant chacun une configuration originale de Moi-peau. Nathalie Sarraute revêt ses personnages d’une brûlante tunique de Nessus. Henri Michaux transperce les siens comme un tonneau des Danaïdes. Marie Darrieussecq dessine une contenance emboîtée en boule de Canton. Patrick Chamoiseau modèle une peau d’argile, entre liquéfaction et pétrification. Michel Tournier tanne une primitive peau de bouc pour Robinson, ou corrode de sel l’épiderme du quatrième Roi mage. Pascal Quignard loge son musicien dans sa viole comme un bernard-l’hermite. Gaston Compère forge à Charles le Téméraire une cuirasse de saint Georges. Cependant que Proust s’emmitoufle dans les épaisseurs transitionnelles de sa chambre. Enfin, Marcel Moreau, au plus près de l’algorithme psychanalytique, raconte comment se confectionne un Moi-peau de substitution, à travers la lecture et l’écriture du corps. » (Quatrième de couverture) ###

DUBUIS, Mickaël, Pascal Quignard et la mécanique du retour, Paris, L’Harmattan (Critiques littéraires), 2010, 248 p. +++ Monographie

### « Cet essai a l’ambition très claire de mettre en lumière les propriétés systémiques de l’écriture quignériste, mécanique définie comme dynamique non statique. En effet, afin de comprendre la dimension majeure de cet auteur et de son oeuvre, il est nécessaire de refonder les bases d’une nouvelle lecture, propre à l’écriture totalisante et fractale de P. Quignard. Cet essai est donc un gradés, le précis d’une matière littéraire nouvelle, difficile d’accès parfois, mais qui annonce, pour ceux qui ont la carte du ciel, une nouvelle saison en littérature. Témoin et révélateur d’un nouveau pacte de lecture, cet essai fixe les éclats nombreux d’une écriture fragmentée sur quelques pages parfois poétiques et toujours didactiques afin d’apporter au lecteur une image panoramique de l’oeuvre quignériste. Il se fait l’écho du silence, d’une écriture qui se tait pour être la voix d’une oeuvre qui abandonne au lecteur les mots sur le bout de la langue. » (Quatrième de couverture) ###

DOUMET, Christian et Midori OGAWA (dir.), Pascal Quignard. La littérature à son Orient, Paris, Presses Universitaires de Vincennes (L’imaginaire du texte), 2015, 224 p. +++ Collectif

### « L’œuvre de Pascal Quignard est traversée par le sentiment d’un essentiel dépaysement. Associant des textes extrêmement éloignés, rapprochant des formes de pensée étrangères les unes aux autres, elle réveille et révèle “la violence décontextualisante du langage”. L’Orient extrême y est une constante discrète, fondée principalement sur un goût pour les écritures idéographiques, et tout ce qu’elles impliquent dans l’ordre de la connaissance et de la pensée : l’obscurité du sens, la densité de l’expression, une sagesse et un art de vivre, indissociablement unis, chez ce grand vivant, dans la saveur de l’instant, le sens de la minutie, du silence des choses autant que des royaumes fabuleux et de leurs récits épiques.

Lorsque Pascal Quignard s’embarque en direction du soleil levant, c’est avec l’œil neuf, érudit et inventif à la fois qu’il emploie à parcourir tous les textes. La Chine, le Japon ne sont pour lui rien d’autre que des pages couvertes de signes indéchiffrables, beaux comme des jardins. » (Quatrième de couverture)

Sommaire :

  • « Introduction. Le plus profond, le plus lointain » / Christian Doumet
  • « Le mot littérature est sans origine » / Pascal Quignard

1. L’ordre du texte

  • « L’ode de Pascal Quignard » / Midori Ogawa
  • « La fascination de l’incompréhensible » / Christian Doumet
  • « Pascal Quignard et Lycophron : l’art d’un traduire paradoxal » / Bénédicte Gorrillot

2. L’ordre de l’art

  • « La (dé)figure de l’artiste » / Keling Wei
  • « Réécriture du conte ? Ou de la latence du genre » / Eberhart Gruber
  • « Écrire avec les mots des morts » / Mireille Calle-Gruber

3. La part des êtres et des choses

  • « La part du chien : des esprits animaux dans l’œuvre de Pascal Quignard » / Michaël Ferrier
  • « L’homme et l’animal dans l’imaginaire de Pascal Quignard » / Yann Mével
  • « Pascal Quignard et la liste des commissions » / Thierry Maré
  • « La cueillette du sens » / Vincent Giraud
  • Récit-récital : « Femme disant adieu » / Récit : Pascal Quignard ; piano : Kaoru Hakata
  • Présentation des auteurs
  • Bibliographie chronologique des œuvres de Pascal Quignard

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SAMOYAULT, Tiphaine, « “Il faut se souvenir que les dinosaures n’apparurent qu’en 1841” - Pascal Quignard et l’histoire », Fabula / Les colloques. Littérature et histoire en débats, (septembre 2013), [En ligne]. +++ Article de revue

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COUSIN DE RAVEL, Agnès, « De “l’être” du balbutiement à “l’être-lieu” ; quand Quignard devient chat », Acta fabula, vol. 15, n° 4 (avril 2014), [En ligne]. +++ Article de revue

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PAUTROT, Jean-Louis, « Humain-animal : l’ultime frontière », dans Irène FENOGLIO et Verónica GALÍNDEZ-JORGE (dir.), Pascal Quignard, littérature hors frontières, Paris, Hermann, 2014, p. 21-41. +++ Chapitre de collectif

FENOGLIO, Irène, « La singularité hors les frontières de l’identité », dans Irène FENOGLIO et Verónica GALÍNDEZ-JORGE (dir.), Pascal Quignard, littérature hors frontières, Paris, Hermann, 2014, p. 43-71. +++ Chapitre de collectif

GALÍNDEZ-JORGE, Verónica, « Lec(ri)ture », dans Irène FENOGLIO et Verónica GALÍNDEZ-JORGE (dir.), Pascal Quignard, littérature hors frontières, Paris, Hermann, 2014, p. 73-89. +++ Chapitre de collectif

CALLE-GRUBER, Mireille, « Passages des genres. Stases et extases dans les récits de Pascal Quignard », dans Irène FENOGLIO et Verónica GALÍNDEZ-JORGE (dir.), Pascal Quignard, littérature hors frontières, Paris, Hermann, 2014, p. 91-107. +++ Chapitre de collectif

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Pascal Quignard, un baroque contemporain », dans Irène FENOGLIO et Verónica GALÍNDEZ-JORGE (dir.), Pascal Quignard, littérature hors frontières, Paris, Hermann, 2014, p. 109-129. +++ Chapitre de collectif

BOGOYA, Camilo, « Le visage troué du critique quignardien », dans Irène FENOGLIO et Verónica GALÍNDEZ-JORGE (dir.), Pascal Quignard, littérature hors frontières, Paris, Hermann, 2014, p. 131-151. +++ Chapitre de collectif

Dossier « Pascal Quignard et l’amour », sous la direction de Christine RODRIGUEZ et Sylvie VIGNES, Littératures, no 69 (2013), 268 p. +++ Dossier de revue

### « Il est un geste de l’esprit dont Pascal Quignard a fait sa signature : remonter le temps, rechercher “le perdu”, “héler” la plénitude à jamais brisée. Dans la musique et les arts, la lecture et l’écriture, la parole et le silence, les terreurs et les désirs… Comment l’amour, cette passion fondamentale de l’âme, dans toute sa phénoménologique manifestation, eût-elle pu échapper à la conquête intellectuelle de Pascal Quignard, à sa méthode d’investigation, à son étymologisme, à ses créations lexicales (le fascinus, la “désidération”, la coniventia) ?

Sur un corpus très étendu, les réflexions des neuf chercheurs français et étrangers que ce numéro rassemble s’entre-répondent sur deux axes majeurs : l’origine de l’amour et ses objets transférentiels. Ce sont aussi bien les amitiés, que l’enfant et les objets fétiches, ou les collections et autres jouets symboliques qui ont guidé ces auteurs vers le point nodal où tout amour prend forme et racine.

Offrant aux lecteurs la retranscription d’un entretien accordé par l’écrivain aux étudiants du master “Métiers de l’écriture” le 19 octobre 2012 à l’université Toulouse II-le Mirail, ce numéro est en outre enrichi par un inédit de Pascal Quignard : Le Fond magique de l’amour. » (Présentation de l’éditeur)

Sommaire :

  • « Avant-propos » / Christine Rodriguez.
  • « Vie secrète : de l’origine de l’amour » / Midori Ogawa. *
  • « Zétès : l’écriture, de la langue au chant de la voix perdue » / Laurent Fourcaut. *
  • « Lire. Aimer. Le corps-à-corps. » / Agnès Cousin de Ravel. *
  • « Histoires d’amour du temps Jadis » / Mathieu Messager. *
  • « L’Éros antique de Pascal Quignard » / Bénédicte Gorrillot. *
  • « Le pli des amours interdites dans Carus et Les Solidarités mystérieuses » / Pauline Vachaud. *
  • « L’enfant fétiche dans l’oeuvre de Pascal Quignard » / Léa Vuong. *
  • « Collection Érotique et vertige archaïque. Les escaliers de Chambord de Pascal Quignard » / Laurent Demanze. *
  • « Dictes-moy où, n’en quel pays, Est Flora, la belle Romaine » / Gérard Farasse. *
  • « Le fond magique de l’amour » / Pascal Quignard, texte inédit.

*Références disponibles sur auteurs.contemporain.info

Le dossier « Pascal Quignard et l’amour » est accessible en ligne. ###

COUSIN DE RAVEL, Agnès, « Lire. Aimer. Le corps-à-corps. », Littératures, dossier « Pascal Quignard et l’amour », sous la direction de Christine RODRIGUEZ et Sylvie VIGNES, no 69 (2013), p. 39-50. +++ Article de revue

### « Si dans l’amour la présence du corps va de soi, il n’en va pas de même dans la lecture. Or, Pascal Quignard le met au jour au fil de ses livres, quand la lecture est une expérience qui revivifie l’attache primitive à la mère, elle est un toucher, une présence quasi corporelle qui n’exclut pas un risque d’effondrement, de vide, prix à payer pour découvrir en soi du nouveau, pour que la lecture soit, à l’égal de l’amour, la “vraie vie”. » (Résumé joint à l’article)

MESSAGER, Mathieu, « Histoires d’amour du temps Jadis », Littératures, dossier « Pascal Quignard et l’amour », sous la direction de Christine RODRIGUEZ et Sylvie VIGNES, no 69 (2013), p. 51-66. +++ Article de revue

### « Ce titre fait bien sûr référence au recueil de contes japonais écrits au XIIe siècle et traitant invariablement de rencontres érotiques ; Pascal Quignard en a lui-même rédigé la préface dans l’édition de poche parue chez Picquier en 2005 avec un texte intitulé “portraits crachés”. Ce titre nous interpelle car il semble rendre compte d’une réalité poétique propre à Dernier royaume. En effet, quand on mène l’investigation dans l’ensemble des sept tomes publiés à ce jour (huit, si l’on compte Vie secrète), on est frappé par la quantité d’“historiettes” érotiques – au double sens du terme, littéral et licencieux – qui parcourent ces quelque 3000 pages. Ce sont tour à tour des contes licencieux, des anecdotes galantes, des légendes bibliques à caractère sexuel, des récits d’amour plus indécidables qui empruntent à différents folklores. Cette entrée générique – l’histoire d’amour du temps jadis – permet de déplier plusieurs pôles de questionnements et de révéler la force structurante du motif amoureux à l’intérieur du projet théorique qui sous-tend Dernier royaume. » (Résumé joint à l’article)

GORRILLOT, Bénédicte, « L’Éros antique de Pascal Quignard », Littératures, dossier « Pascal Quignard et l’amour », sous la direction de Christine RODRIGUEZ et Sylvie VIGNES, no 69 (2013), p. 67-82. +++ Article de revue

### « Dans Le Petit Cupidon, Le Sexe et l’effroi ou La Nuit sexuelle, consacrés à l’amour-désir, Pascal Quignard mobilise plusieurs figures archaïques d’Éros, issues du fonds mythologique gréco-latin : l’Éros titanesque de la pulsion séminale et parthénogénique, l’Éros titanesque de la pulsion coïtale fusionnante, l’Éros non moins originaire de la division (physique et psychologique). Ces trois figures se superposent souvent, modelant un Éros quignardien complexe et émancipé de ses stricts modèles d’inspiration antiques. » (Résumé joint à l’article)

VUONG, Léa, « L’enfant fétiche dans l’oeuvre de Pascal Quignard », Littératures, dossier « Pascal Quignard et l’amour », sous la direction de Christine RODRIGUEZ et Sylvie VIGNES, no 69 (2013), p. 107-122. +++ Article de revue

### « L’enfance est le premier et le dernier amour de Quignard, le lieu d’origine de l’œuvre et celui, inaccessible, vers lequel elle se dirige. Si les personnages tendent vers l’enfance à travers la médiation d’objets, l’écriture a aussi ses fétiches, au sens lacanien du terme : les enfants, qui sont des images produites par l’écriture en réponse au manque suscité par l’enfance. » (Résumé joint à l’article)

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, Pascal Quignard. La voix de la danse, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion (Objets), 2013, 178 p. +++ Monographie

### « Au mois de novembre 2010, Pascal Quignard et la danseuse de butô Carlotta Ikeda ont créé la pièce Medea, sur la scène du Théâtre Molière, à Bordeaux. Cette rencontre de la danse et de la littérature était-elle donc marquée du sceau de l’inéluctable ? Oui, parce que la danse est au cœur de l’œuvre de Pascal Quignard, depuis toujours, et elle éclaire indirectement le sens de ses collaborations multiples, avec des peintres, des musiciens, des comédiens. Affirmer la nécessité esthétique et logique de cet événement peut cependant surprendre car, dans le premier temps de l’œuvre, le corps et sa danse n’apparaissaient guère. Pourtant, quand je l’interrogeais à ce sujet dans les entretiens que nous avons menés ensemble en 2000, il répondit ceci : “La danse est un art, bien sûr. J’en parle très souvent, quoi que vous en disiez, sous la forme du corps humain tournant la tête, tombant les bras levés, versant en arrière.” Cette réponse m’a laissée songeuse. Je n’avais pas lu la danse dans son œuvre, et c’est cette erreur de lecture – ou cette myopie – que l’écriture du présent essai a voulu corriger. Aussi ai-je souhaité lire ici ce que je n’avais pas lu, comprendre ce que je n’avais pas compris, en retraçant l’histoire de cette présence, à la fois fantomatique et réelle, du corps et de sa danse dans l’œuvre. » (Quatrième de couverture)

Compte rendu de cet ouvrage: FONTILLE, Brigitte, « Corps & graphie : la danse dans l’oeuvre de Quignard », Acta fabula, vol. 14, no 6 (septembre 2013), en ligne.###

COUSIN DE RAVEL, Agnès, Chantal LAPEYRE-DESMAISON et Dominique RABATÉ (dir.), Les lieux de Pascal Quignard. Actes du colloque du Havre (29 et 30 avril 2013), Paris, Gallimard (Cahiers de la NRF), 2014, 256 p. +++ Collectif

### « Qu’est-ce qu’un lieu? Quels rapports, de nostalgie, de désir, de hantise, peut-être d’effroi, entretenons-nous avec nos lieux, passés ou présents? Ces questions sont centrales dans l’œuvre de Pascal Quignard, dont la géographie profonde se déploie des lieux de l’enfance aux lieux rhétoriques et accorde un statut singulier aux maisons, aux jardins, aux laisses. Mais les lieux géographiques comme l’Orient ou l’Italie, les lieux intemporels, la préhistoire, l’Antiquité, trament également l’œuvre en profondeur. Or si la question du temps a été explorée par la critique, la spatialité est moins abordée, alors qu’elle joue un rôle capital. Cette spatialité est marquée par le corps et son inconscient, comme le mettent en scène les romans et les contes de Pascal Quignard, mais elle joue aussi le rôle de métaphore dans une pensée de l’écriture, de l’espace littéraire. Enfin, le lieu, le monde ne peuvent être pensés sans recours à l’ailleurs, “l’autre monde”, que suggère l’importance accordée aux ports, aux berges et aux rivages. » (Quatrième de couverture)

Sommaire :

1. Ruines

  • « Pascal Quignard au Havre » / Pierre Lepape.
  • « Les havres de Pascal Quignard » / Jean-Louis Pautrot. *
  • « Pompéi ou la rhétorique spatialisée de Pascal Quignard » / Bénédicte Gorrillot. *
  • « Au commencement la ruine du commencement » / Mireille Calle-Gruber. *
  • « Notes pour une table ronde, à l’intention d’Agnès Cousin de Ravel » / Jacques Henric.
  • Table ronde « L’origine est-elle un lieu? »

2. Mémoires

  • « Variations sur le lieu perdu » / Chantal Lapeyre-Desmaison. *
  • « Noms de pays (à partir du Salon de Wurtemberg) » / Dominique Rabaté. *
  • « L’Allemagne de Pascal Quignard. “L’appel pur” de la langue » / Agnès Cousin de Ravel. *
  • « À l’origine, le vide. Réfractions du Dernier Royaume » / Yves Ouallet. *
  • « Musique et origine » / Guilherme Massara. *
  • « Entretien » / Pascal Quignard et Philippe Pintore.

3. Sources

  • « L’eau, la voix et l’ailleurs » / Arlette Farge.
  • « L’eau, lien » / Irène Fenoglio. *
  • « “Mais il y a la mer - et qui l’épuisera?” Sur Les Solidarités mystérieuses » / Sarah Barbedette. *
  • « Pascal Quignard et le non-lieu du conte » / Léa Vuong. *
  • « Les lieux de l’érudition » / Nathalie Piégay-Gros. *

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PAUTROT, Jean-Louis, « Les havres de Pascal Quignard », dans Agnès COUSIN DE RAVEL, Chantal LAPEYRE-DESMAISON et Dominique RABATÉ (dir.), Les lieux de Pascal Quignard. Actes du colloque du Havre (29 et 30 avril 2013), Paris, Gallimard (Cahiers de la NRF), 2014, p. 35-50. +++ Chapitre de collectif

CALLE-GRUBER, Mireille, « Au commencement la ruine du commencement », dans Agnès COUSIN DE RAVEL, Chantal LAPEYRE-DESMAISON et Dominique RABATÉ (dir.), Les lieux de Pascal Quignard. Actes du colloque du Havre (29 et 30 avril 2013), Paris, Gallimard (Cahiers de la NRF), 2014, p. 69-84. +++ Chapitre de collectif

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Variations sur le lieu perdu », dans Agnès COUSIN DE RAVEL, Chantal LAPEYRE-DESMAISON et Dominique RABATÉ (dir.), Les lieux de Pascal Quignard. Actes du colloque du Havre (29 et 30 avril 2013), Paris, Gallimard (Cahiers de la NRF), 2014, p. 105-118. +++ Chapitre de collectif

COUSIN DE RAVEL, Agnès, « L’Allemagne de Pascal Quignard. “L’appel pur” de la langue », dans Agnès COUSIN DE RAVEL, Chantal LAPEYRE-DESMAISON et Dominique RABATÉ (dir.), Les lieux de Pascal Quignard. Actes du colloque du Havre (29 et 30 avril 2013), Paris, Gallimard (Cahiers de la NRF), 2014, p. 132-142. +++ Chapitre de collectif

OUALLET, Yves, « À l’origine, le vide. Réfractions du Dernier Royaume », dans Agnès COUSIN DE RAVEL, Chantal LAPEYRE-DESMAISON et Dominique RABATÉ (dir.), Les lieux de Pascal Quignard. Actes du colloque du Havre (29 et 30 avril 2013), Paris, Gallimard (Cahiers de la NRF), 2014, p. 143-161. +++ Chapitre de collectif

FENOGLIO, Irène, « L’eau, lien », dans Agnès COUSIN DE RAVEL, Chantal LAPEYRE-DESMAISON et Dominique RABATÉ (dir.), Les lieux de Pascal Quignard. Actes du colloque du Havre (29 et 30 avril 2013), Paris, Gallimard (Cahiers de la NRF), 2014, p. 186-207. +++ Chapitre de collectif

VUONG, Léa, « Pascal Quignard et le non-lieu du conte », dans Agnès COUSIN DE RAVEL, Chantal LAPEYRE-DESMAISON et Dominique RABATÉ (dir.), Les lieux de Pascal Quignard. Actes du colloque du Havre (29 et 30 avril 2013), Paris, Gallimard (Cahiers de la NRF), 2014, p. 220-232. +++ Chapitre de collectif

PIÉGAY-GROS, Nathalie, « Les lieux de l’érudition », dans Agnès COUSIN DE RAVEL, Chantal LAPEYRE-DESMAISON et Dominique RABATÉ (dir.), Les lieux de Pascal Quignard. Actes du colloque du Havre (29 et 30 avril 2013), Paris, Gallimard (Cahiers de la NRF), 2014, p. 233-245. +++ Chapitre de collectif

ANTON, Sonia, « Les représentations du Havre dans l’oeuvre de Pascal Quignard », dans Sonia ANTON (dir.), Vers une cartographie littéraire du Havre : de Bernardin de Saint-Pierre à Pascal Quignard, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre (Le Havre: territoire d’écriture), 2015. +++ Chapitre de collectif

COUSIN DE RAVEL, Agnès, Quignard, maître de lecture. Lire, vivre, écrire, Paris, Hermann (Fictions pensantes), 2012, 120 p. +++ Monographie

### « Loin des discours sur les vertus et les nécessités sociales de la lecture, Pascal Quignard, lecteur insatiable, en mesure les dangers. Elle peut être une passion dévorante, une expérience des limites, conduisant le lecteur aux confins de soi. Expérience a-sociale de ce qui en soi est le plus intime, le plus secret, elle peut aussi, à rebours, sauver la vie. Elle est, pour l’écrivain, le coeur de sa vie et de son oeuvre. En elle, il puise l’énergie de sa pensée et de son écriture. Dans cet essai, à l’écoute des expériences de lecture les plus douloureuses imposées par les totalitarismes au XXe siècle, Agnès Cousin de Ravel interroge celle si singulière de Pascal Quignard, qui, au fil de ses livres, rend hommage à ses maîtres, Bataille, des Forêts, Rousseau, Montaigne et redonne vie à des auteurs oubliés. Il devient ainsi, à son tour, un Maître de lecture, invitant ses lecteurs à un voyage intellectuel et sensible au coeur de leur subjectivité. » (Présentation de l’éditeur) ###

YAHIA KHABOU, Saadia, Évocation de la peinture figurative classique : dans quelques oeuvres de Butor, Quignard et Bonnefoy, Paris, L’Harmattan (Critiques littéraires), 2014, 330 p. +++ Monographie

### « Pourquoi, au moment où l’on assiste à une crise de la représentation, au moment où l’opacité réflexive se superpose à la transparence transitive pour détourner la littérature de son désir de représenter le monde, Pascal Quignard, Michel Butor et Yves Bonefoy renouent-ils avec l’art figuratif classique qui est essentiellement mimétique ? Comment ces écrivains recourent-ils à la peinture classique, où la mimèsis a connu son plus haut point d’accomplissement, sans pour autant s’assujettir au modèle représenté ? » (Présentation de l’éditeur) ###

FENOGLIO, Irène, « Fête des Chants du Marais, un conte inédit de Pascal Quignard. Genèse in vivo et “traitement de texte” », Genesis, no 27 (2006), p. 73-93. +++ Article de revue

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DE TOFFOLI, Ian, La réception du latin et de la culture antique dans l’œuvre de Claude Simon, Pascal Quignard et Jean Sorrente, Paris, Honoré Champion (Poétiques et esthétiques), 2015, 496 p. +++ Monographie

### « Ce travail étudie la présence du latin et de la culture antique dans l’œuvre de trois écrivains contemporains (Claude Simon, Pascal Quignard et Jean Sorrente). La notion d’héritage étant problématique, l’Antiquité latine y perd son statut particulier : ni objet du texte, ni voix de l’autorité, ni preuve d’érudition (même si elle feint de l’être), son réinvestissement s’approche tantôt du maniérisme formel, tantôt du stéréotype, tantôt d’une réutilisation complètement personnelle, et tronquée, de la culture antique. Les trois auteurs entretiennent avec l’Antiquité latine un rapport paradoxal : ils la réinventent, ils la réécrivent. » (Présentation de l’éditeur) ###

GENETTI, Stefano, « Pascal Quignard : les écrits pour la danse », dans Magali NACHTERGAEL et Lucille TOTH (dir.), Danse contemporaine et littérature, entre fictions et performances écrites, Pantin, Éditions du Centre national de la danse (Recherches), 2015. +++ Chapitre de collectif

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Pascal Quignard : les écrits sur la danse », dans Magali NACHTERGAEL et Lucille TOTH (dir.), Danse contemporaine et littérature, entre fictions et performances écrites, Pantin, Éditions du Centre national de la danse (Recherches), 2015. +++ Chapitre de collectif

DEMANZE, Laurent, Les fictions encyclopédiques de Gustave Flaubert à Pierre Senges, Paris, Corti (Les essais), 2015, 352 p. +++ Monographie

### Voir plus particulièrement : « Chapitre 3. Listes, catalogues et collections: la totalité impossible. Olivier Rolin : l’invention de la totalité et Pascal Quignard : le collectionneur mélancolique ». ###

MEURET, Isabelle, L’anorexie créatrice, Paris, Éditions Klincksieck (50 questions), 2006, 176 p. +++ Monographie

### Voir la question 25 : « L’anorexie ou “anachorèse” est-elle un corollaire à l’oeuvre de Pascal Quignard ? » ###

KORTHALS ALTES, Henriette, « Les méditations de Pascal Quignard : impersonnalité, identité, intensité », dans Fabien ARRIBERT-NARCE et Alain AUSONI (dir.), L’Autobiographie entre autres. Écrire la vie aujourd’hui, Berne, Peter Lang (Modern French Identities), 2013, p. 11-28. +++ Chapitre de collectif

QUIGNARD, Pascal et Chantal LAPEYRE-DESMAISON, Pascal Quignard le solitaire. Rencontre avec Chantal Lapeyre-Desmaison, Paris, Flohic (Les Singuliers/Littérature), 2001, 247 p. +++ Monographie

### « Chantal Lapeyre-Desmaison et Pascal Quignard se sont rencontrés près de Bordeaux au cours de l’hiver 2000. Pascal Quignard est un écrivain de plus en plus solitaire. En 1994, il a énigmatiquement démissionné de toutes les fonctions sociales qu’il exerçait. Jamais il ne s’est confié de façon aussi précise que dans cette méditation à deux voix. C’est enfin un véritable musée secret où Pascal Quignard a rassemblé toutes les images qui hantent sa vie, ses traités, ses romans. » (Présentation de l’éditeur) ###

PAUTROT, Jean-Louis, Pascal Quignard, Paris, Gallimard (Hors série / Littérature), 2013, 176 p. +++ Monographie

### Contient 1 CD audio (extraits d’entretiens avec Alain Veinstein, de 1978 à 2012)

« Pascal Quignard est l’un des écrivains majeurs de son époque. Il préfère le désengagement à la vie publique. Il pratique la musique et pour lui “l’écriture se fait par carence de lecture”. Il a publié plus d’une cinquantaine d’ouvrages : Tous les matins du monde, Terrasse à Rome, Villa Amalia, Les Solidarités mystérieuses, mais aussi Le Sexe et l’Effroi, La haine de la musique ou encore Petits traités ou la suite Dernier Royaume. Bousculant les genres, inventant leurs propres formes pour mieux capturer le réel, les livres de Pascal Quignard convoquent de multiples savoirs, des lectures innombrables. Ils interrogent l’humain, le langage, l’histoire, les origines, la conscience, la sexualité, l’art, l’amour.

C’est cette œuvre parfois grave ou férocement drôle, exigeante mais accessible, que nous fait découvrir Jean-Louis Pautrot. Cette “vie secrète où survivre”, née du sentiment vertigineux des abîmes et de la quête qui hante notre espèce et pousse aux œuvres d’art les plus sublimes. Une véritable aventure littéraire où se mêlent “la pensée, la vie, la fiction, le savoir, comme s’il s’agissait d’un seul corps” – ce que Pascal Quignard dit admirer chez Stendhal ou Bataille. » (Présentation de l’éditeur) ###

DETHURENS, Pascal (dir.), Écrire la peinture : de Diderot à Quignard, Paris, Citadelles & Mazenod, 2009, 496 p. +++ Collectif

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, Résonances du réel : de Balzac à Pascal Quignard, Paris, L’Harmattan (Critiques littéraires), 2011, 327 p. +++ Monographie

LYOTARD, Dolorès, Prestiges de la jalousie : La princesse de Clèves, Michel Leiris, Georges Bataille, Pierre Michon, Pascal Quignard, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion (Objet), 2013, 250 p. +++ Monographie

PLAZENET, Laurence, « Poème obscur : le grec et la littérature grecque dans l’oeuvre de Pascal Quignard », dans Sandrine DUBEL, Sophie GOTTELAND et Estelle OUDOT (dir.), Éclats de littérature grecque d’Homère à Pascal Quignard, Nanterre, Presses Universitaires de Paris Ouest, 2012, p. 313-365. +++ Chapitre de collectif

Dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Jean-Pierre BOYER et Emmanuel PONSART, Cahier critique de poésie, vol. 10, no 2 (2004), p. 5-72. +++ Dossier de revue

### Sommaire du dossier « Pascal Quignard » :

  • « Un entretien » / Pascal Quignard et Marie-Laure Picot.
  • « Une sortie » / Françoise de Laroque.
  • « Gouache… » / Claude Royet-Journoud.
  • « Cher Emmanuel… » / Éric Audinet.
  • « Latéralement » / David Lespiau.
  • « Sino-miso-logie » / Pierre Parlant. *
  • « Un dîner de souvenirs » / Jean-François Bory.
  • « Du côté des peintres » / Alain Paire.
  • « Île Quignard, journal d’un lecteur en vacances » / Michéa Jacobi.
  • « Acousmie(s) » / David Verdier.
  • « Bibliographie sommaire » / Emmanuel Ponsard.

*Références disponibles sur auteurs.contemporain.info ###

PARLANT, Pierre, « Sino-miso-logie », Cahier critique de poésie, dossier « Pascal Quignard », no 10 (2004), p. 31-40. +++ Article de revue

Dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Hugues BACHELOT, Carnets de Chaminadour, no 6 (juillet 2011), p. 9-152. +++ Dossier de revue

### Sommaire du dossier « Pascal Quignard » :

  • « Introduction » / Bruno Blanckeman.
  • « États de corps. Penser le corps avec Pascal Quignard » / Chantal Lapeyre-Desmaison. *
  • « La haine de Pascal Quignard » / Jean-Marie Chevrier.
  • « Pascal Quignard et l’impossible » / Dominique Rabaté. *
  • « Habiter le jadis » / Irène Fenoglio. *
  • « Manuscrit de Boutès » / Pascal Quignard.
  • « La conférence de Guéret sur Albert Palma » / Pascal Quignard.
  • « Pascal Quignard, musique et peinture » / Table ronde.

*Références disponibles sur auteurs.contemporain.info

Il s’agit des actes des Cinquièmes Rencontres de Chaminadour qui se sont tenues du 23 au 26 septembre 2010 à Guéret, en France. ###

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « États de corps. Penser le corps avec Pascal Quignard », Carnets de Chaminadour, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Hugues BACHELOT, no 6 (juillet 2011), p. 13-33. +++ Article de revue

RABATÉ, Dominique, « Pascal Quignard et l’impossible », Carnets de Chaminadour, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Hugues BACHELOT, no 6 (juillet 2011), p. 49-65. +++ Article de revue

FENOGLIO, Irène, « Habiter le jadis », Carnets de Chaminadour, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Hugues BACHELOT, no 6 (juillet 2011), p. 67-94. +++ Article de revue

PAUTROT, Jean-Louis, « La fragmentation romanesque chez Pascal Quignard », Contemporary French and Francophone Studies, vol. 18, no 3 (mai 2014), p. 251-257. +++ Article de revue

### « One striking feature of Pascal Quignard’s writing style is his use of the fragment and fragmentation. We give examples of fragmentation in his narratives and novels, where one would least expect it. While utilizing narrative functions and devices of the romanesque, Quignard’s novels are structured according to one characteristic gesture of loosening textual ties. Under the relative continuity of an overall plot, they betray various forms of fragmentation that, paradoxically, contribute to the story-telling and to the appeal that they have on the reader. » (Résumé joint à l’article)

L’article est en français.

THIBAULT, Bruno, « Rives et dérives chez Jean Rolin, J.M.G. Le Clézio et Pascal Quignard », L’esprit créateur, vol. 51, no 2 (été 2011), p. 69-80. +++ Article de revue

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BALCÁZAR MORENO, Melina, « Muerte y traducción en la escritura de Pascal Quignard », Acta Poética, vol. 36, no 1 (2015), p. 105-116. +++ Article de revue

### « Este artículo explora la faceta del escritor Pascal Quignard como traductor y su postura frente a una tarea imposible. Más que entablar un diálogo con su tiempo, al traer las palabras de otra lengua a la suya, Quignard asume que la traducción es una relación con la muerte y con los muertos. “Traducir es ayudar a hablar al muerto”, escribe Quignard, y de esta frase partimos para mostrar su manera de abordar los problemas de la compenetración y la rivalidad del traducir, rozando al mismo tiempo lo que escapa irremediablemente al sentido. » (Résumé joint à l’article)

ARFAOUI, Saïda, « La latinité spéculative de Pascal Quignard ou la métamorphose de la trace antique », Contemporary French and Francophone Studies, vol. 18, no 3 (2014), p. 242-250. +++ Article de revue

### « Pascal Quignard draws with passion from his Latin heritage, while investigating its hidden side. His concern for the trace is manifested primarily through the complex notion of imago, which combines memory and imagination and lies at the heart of the speculative rhetoric. This tradition is directly put in relation with a Latin spirit driven from the primitive origins of the Urbs. Quignard’s writing is a metamorphosis of the Latin trace according to the principles of a rhetoric that targets the depth of thought, the tempestivitas of images, and the power of saying. The articulation between reading and writing reveals the metonymic and metaphorical functioning of his creative imitation. Quignard’s search makes “the interval of the loss” the setting of an experience of the limits characterized by an exacerbated tension between fragmentum and continuum. The initiation into the mystery of the origin imposes sacrifice and requires a “virtue of completion” which makes possible a rebirth of life and art. » (Résumé joint à l’article)

L’article est en français.

Dossier « Trace(s), Fragment(s), Reste(s). Pascal Quignard », sous la direction de Stéphanie BOULARD, Roger CÉLESTIN, Éliane DALMOLIN et Christophe IPPOLITO, Contemporary French and Francophone Studies, vol. 18, no 3 (2014), p. 219-279. +++ Dossier de revue

### Sommaire du dossier « Trace(s), Fragment(s), Reste(s). Pascal Quignard » :

  • « Introduction. Trace(s), Fragment(s), Reste(s). Pascal Quignard » / Stéphanie Boulard, Roger Célestin, Éliane Dalmolin et Christophe Ippolito.
  • « Sur le mot littérature » / Pascal Quignard.
  • « Fragments de vie, de corps, de langue : Littré et Pascal Quignard, littéraires » / Stefano Genetti. *
  • « La latinité spéculative de Pascal Quignard ou la métamorphose de la trace antique » / Saïda Arfaoui. *
  • « La fragmentation romanesque chez Pascal Quignard » / Jean-Louis Pautrot. *
  • « P. Quignard ou le fragmentaire dialectique : au-delà du cut-up? » / Bénédicte Gorrillot. *
  • « Éclats de Médée » / Chantal Lapeyre-Desmaison. *
  • « Table Ronde “Sur la poétique du fragment chez Pascal Quignard”, samedi 30 mars 2013 » / Pascal Quignard, Bruno Blanckeman, Bénédicte Gorrillot, Chantal Lapeyre-Desmaison et Jean-Louis Pautrot.

*Références disponibles sur auteurs.contemporain.info

Le dossier est disponible via Taylor & Francis.###

GORRILLOT, Bénédicte, « P. Quignard ou le fragmentaire dialectique: au-delà du cut-up? », Contemporary French and Francophone Studies, vol. 18, no 3 (2014), p. 258-265. +++ Article de revue

### « Pascal Quignard confesses he has written many cut-ups inspired by American Modernists (as Inter aerial fagos composed in 1976) and invites us to read their influence in the fragmentation of several books (like Les Tablettes de buis d’Apronenia Avitia, 1984). In his essay of 1986, Une Gêne technique à l’égard des fragments, he tries to define the main characteristics of this first fragmental practice, but above all he specifies how he changed it in his own peculiar manner. Far from denying the presence of an individual subject in his texts, his montages of different fragments, considered as the relics of the original Jadis, are the way, indeed dialectic, found by him to join again the original human being, “one” – that is to say, merged in the space and with the other –, pure-feelings, pure-sensitive and no-speaking (in-fans), that we all have begun to be just, after our birth. Most of Quignard’s texts represent the diffracted story of this (recon)quest so that each fragment is the cell-matrix of this fantasmatical narration. » (Résumé joint à l’article)

L’article est en français.

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Éclats de Médée », Contemporary French and Francophone Studies, vol. 18, no 3 (2014), p. 266-272. +++ Article de revue

### « In Bordeaux in November of 2010, Pascal Quignard and Carlotta Ikeda created the play Medea, on the stage of the Théâtre Molière. There the writer found, once again, the haunting figure of the infuriated mother. For years, throughout texts, the ancient Medea and the reading memories associated with her have never ceased to return, for the murderous mother, prey to the furor of vengeance, anger or hatred, never ceases to haunt Pascal Quignard’s work in ways that are to varying degrees apparent—for the frenzied lover at times comes forward masked, which is an encouragement to reread the ancient myth otherwise. How can the practice of the fragment, which we will here redefine as a shard, lead us to read this enigma? Is there not a profound solidarity between this pattern and the fragmentary imperative? Is Medea not, also and most importantly, the privileged conduit of filial speech? Additionally, if Medea never ceases returning in fragmentary form, a dissolving force, a terror of disconnection, the shard here becomes a principle of creation and suture. The work of Pascal Quignard, more generally, doubtless functions in the same way, inasmuch as it must continuously be thought in its solidarity with totality. » (Résumé joint à l’article)

L’article est en français.

BOGOYA, Camilo, « La literatura y su función crítica », TRANS, revue de littérature générale et comparée, no 4 (2007), [En ligne]. +++ Article de revue

### « Cet article cherche à éclaircir le problème de l’utilité de la littérature à partir de quelques réflexions qui rendent palpable la tension entre l’inutilité et la revendication des lettres à l’intérieur de l’histoire et de la culture. La première partie tente de mettre en perspective la relation entre l’imagination et l’utilité littéraire, ainsi que de faire dialoguer trois auteurs : P.B.Shelley, qui veut démontrer la puissance de l’imagination par le biais de son opposition avec la raison ; Baudelaire, chez qui l’imagination a pour but d’installer une conscience critique ; et Carlos Fuentes, selon lequel “Dans la littérature, le nom de la connaissance est imagination”. Dans la deuxième partie, nous explorons la défense du roman entreprise par Sábato, Kundera et Carpentier, en essayant de montrer la persistance de l’opposition entre raison et imagination établie par Shelley. À la défense de la poésie et du roman, nous ajoutons la position de Pascal Quignard qui envisage l’utilité de la littérature en tant que concurrence et négation de l’histoire, mais aussi comme source d’une critique ouverte de la culture à partir d’une position marginale.

Este ensayo pretende dilucidar el problema de la utilidad de la literatura a partir de un puñado de reflexiones en que se hace palpable la tensión entre la inutilidad y la reivindicación de las letras dentro de la historia y la cultura. La primera parte intenta poner en perspectiva la relación entre la imaginación y la utilidad literaria, así como hacer dialogar tres autores : P. B. Shelley quien intenta demostrar los alcances de la imaginación a través de su contraposición con la razón ; Baudelaire, para el cual la imaginación tiene como objetivo instalar en el poeta una conciencia crítica ; y Carlos Fuentes, según el cual : “el nombre del conocimiento en literatura es imaginación”. En la segunda parte exploraremos la defensa de la novela emprendida por Sábato, Kundera y Carpentier, intentando mostrar cómo la dicotomía de Shelley entre razón e imaginación persiste. A la defensa de la poesía y de la novela, agregamos la posición de Pascal Quignard, quien plantea aquí una utilidad de la literatura en competición y negación de la historia, así como una crítica abierta a la cultura pero desde un lugar marginal. » (Résumés joints à l’article)

L’article est en espagnol.

BRAMI, Joseph, « Origines de la musique en l’homme, selon Pascal Quignard », Revue italienne d’études françaises, no 2 (2012), [En ligne]. +++ Article de revue

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Dossier « Pascal Quignard : la danse et les langues », sous la direction de Dominique RABATÉ et Chantal LAPEYRE-DESMAISON, Lendemains, no 136 (janvier 2010). +++ Dossier de revue

CALLE-GRUBER, Mireille, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, 607 p. +++ Collectif

### « “Quand un homme meurt un chapitre n’est pas arraché au livre mais traduit dans un langage “autre”. Le mot exact qu’emploie John Donne est “translation”. Le destin humain est fait de neuf métamorphoses, de quatre translations, de trois silences.”

Pascal Quignard marque ainsi, dès l’ouverture, les enjeux de l’interrogation originaire qui se trouve au cœur des études issues du colloque international de Cerisy-la-Salle (9-16 juillet 2014) et réunies dans cet ouvrage. Explorant les mutations de l’écriture et des genres littéraires dans leur frayage avec les formes de l’art – peinture, arts plastiques, musique, théâtre, danse, cinéma – ainsi qu’avec les extraordinaires découvertes scientifiques, Pascal Quignard. Translations et métamorphoses est une méditation sur les gestes de connaître et sur les mystères du vivant.

L’ouvrage fait aussi écho à d’autres activités proposées lors de cette rencontre:

  • deux entretiens de Pascal Quignard avec Jean-Claude Ameisen et Benoît Jacquot;
  • un cahier iconographique avec les œuvres de Jean-Paul Marcheschi;
  • un CD-audio : Récit-Récital de Pascal Quignard et Jean-François Détrée (organiste) à la Cathédrale de Coutances ; lecture de Pascal Quignard à L’Abbaye d’Ardenne (IMEC) ; lecture par les neuf traducteurs des traductions en neuf langues d’une page de Mourir de penser. » (Quatrième de couverture)

Sommaire :

Introductions

  • « Accueil de plus d’une forme » / Mireille Calle-Gruber.
  • « Physique de Quignard » / Jonathan Degenève.
  • « Trans-, meta-, des préfixes pollinisant » / Irène Fenoglio.

Partie I

  • « L’Énigme suivi de Commentaire sur trois vers de Donne » / Pascal Quignard.
  • « L’heure du loup : motricité et déchronologie dans l’oeuvre de Pascal Quignard » / Michaël Ferrier. *
  • « Des métamorphoses aux solidarités. Quand les chats et les ânes donnent suite » / Mireille Calle-Gruber. *
  • « Pascal Quignard et le récit antique de métamorphose » / Saïda Arfaoui. *
  • « Traduire le vivant d’un texte : Boutès en portugais » / Verónica Galíndez. *
  • « Métamorphoses chamaniques » / Chantal Lapeyre-Desmaison. *
  • « L’imaginaire d’un Japon secret » / Midori Ogawa. *

Partie II

  • « Feuilles qui tombent » / Jean-Claude Ameisen rencontre Pascal Quignard.
  • « Id quod *des-inter-est. Avant la nuit sexuelle » / Eberhard Gruber. *
  • « D’un printemps, l’autre. L’écriture de Pascal Quignard, un ethos de l’imprévisible » / Irène Fenoglio. *
  • « Dans la métamorphose, l’aoriste triomphe » / Mathieu Messager. *
  • « Au commencement était le fauve. Prédation et fondement animal de l’humain chez Pascal Quignard » / Cristina Álvares. *
  • « Politique de Quignard » / Jonathan Degenève. *
  • « Translations politiques » / Sylvain Santi. *
  • « De l’élan du réel au mouvement du monde » / Marie-Christine Lala. *

Partie III

  • « À propos de Villa Amalia, roman de Pascal Quignard (2006) et film de Benoît Jacquot (2009) » / Rencontre entre Pascal Quignard et Benoît Jacquot.
  • « “Chaque art est une mue” : Pascal Quignard et le cinéma » / Jean-Louis Pautrot. *
  • « Le Cinéma de Pascal Quignard ou les transfigurations de la présence » / Souad Kherbi. *
  • « La pudeur ou le front de l’écriture chez Pascal Quignard » / Anaïs Frantz. *
  • « Métamorphoses du silence » / Angela Peduto. *
  • « La flèche lente de la beauté. Ou la prédation de l’image chez Pascal Quignard » / Johan Faerber. *

Partie IV

  • « Pour Pascal Quignard. Feux d’astres noirs de neige revêtus » / Jean-Paul Marcheschi.
  • « Métamorphoses de l’ekphrasis dans Terrasse à Rome » / Gilles Declercq. *
  • « Textualiser l’image : la démarche ekphrastique et herméneutique de Pascal Quignard » / Stella Spriet. *
  • « “Plorer, gémir, crier” : des larmes musicales aux larmes littéraires chez Pascal Quignard » / Sarah-Anaïs Crevier Goulet. *
  • « Les oiseaux de Pascal Quignard. Écrire, danser, mourir – rêver d’ombre et d’oubli » / Stéphanie Boulard. *
  • « Méditer Médée » / Stefano Genetti. *
  • « Métamorphoses et disparitions » / Léa Vuong. *

Partie V

  • « La fille métamorphosée en lectrice » / Françoise Wilder.
  • « Le geste d’écrire » / Cécile Bonopéra. *
  • « Les métamorphoses de l’écriture du “je” » / Camilo Bogoya. *
  • « Une lettre excentrée : auto-métamorphose et plasticité » / Isabelle Mangou. *
  • « Écrire, la part du diable: entre sarcasme et humour » / Agnès Cousin de Ravel. *
  • « “Un tu sans mort” : de la traduction des morts » / Melina Balcázar Moreno. *
  • « Le destin des nourrissons : l’enfant “mort” au visage couleur de la vie » / Yue Zhuo. *

*Références disponibles sur auteurs.contemporain.info ###

FERRIER, Michaël, « L’heure du loup : motricité et déchronologie dans l’oeuvre de Pascal Quignard », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 47-60. +++ Chapitre de collectif

ARFAOUI, Saïda, « Pascal Quignard et le récit antique de métamorphose », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 83-97. +++ Chapitre de collectif

### « J’étudierai, dans un premier temps, les différentes actualisations du mythe de la métamorphose dans l’oeuvre de Quignard, en commençant par le motif de la mue, qui renvoie aussi bien à une évolution psychique qu’à une transformation physique. […] Dans un deuxième temps, j’essaierai de montrer que, prolongeant et approfondissant le questionnement antique sur les énigmes du désir et sur le mystère de l’origine, l’oeuvre quignardienne se mesure à la “fascination prédatrice” originaire qui façonne le psychisme humain en amont de toute conscience. […] Je soulignerai, enfin, l’importance de la métamorphose comme principe poétique et esthétique majeur de cette oeuvre où deux modèles me semblent déterminants, celui du rêve et celui de la prédation. » (Extrait de l’introduction p. 83-84) ###

LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Métamorphoses chamaniques », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 117-131. +++ Chapitre de collectif

OGAWA, Midori, « L’imaginaire d’un Japon secret », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 133-149. +++ Chapitre de collectif

GRUBER, Eberhard, « Id quod *des-inter-est. Avant la nuit sexuelle », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 171-186. +++ Chapitre de collectif

FENOGLIO, Irène, « D’un printemps, l’autre. L’écriture de Pascal Quignard, un ethos de l’imprévisible », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 187-204. +++ Chapitre de collectif

MESSAGER, Mathieu, « Dans la métamorphose, l’aoriste triomphe », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 205-218. +++ Chapitre de collectif

ÁLVARES, Cristina, « Au commencement était le fauve. Prédation et fondement animal de l’humain chez Pascal Quignard », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 219-232. +++ Chapitre de collectif

DEGENÈVE, Jonathan, « Politique de Quignard », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 233-240. +++ Chapitre de collectif

SANTI, Sylvain, « Translations politiques », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 241-254. +++ Chapitre de collectif

LALA, Marie-Christine, « De l’élan du réel au mouvement du monde », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 255-268. +++ Chapitre de collectif

PAUTROT, Jean-Louis, « “Chaque art est une mue” : Pascal Quignard et le cinéma », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 287-303. +++ Article de revue

KHERBI, Souad, « Le Cinéma de Pascal Quignard ou les transfigurations de la présence », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 305-316. +++ Chapitre de collectif

FRANTZ, Anaïs, « La pudeur ou le front de l’écriture chez Pascal Quignard », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 317-330. +++ Chapitre de collectif

FAERBER, Johan, « La flèche lente de la beauté. Ou la prédation de l’image chez Pascal Quignard », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 347-358. +++ Chapitre de collectif

SPRIET, Stella, « Textualiser l’image : la démarche ekphrastique et herméneutique de pascal Quignard », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 385-399. +++ Chapitre de collectif

CREVIER GOULET, Sarah-Anaïs, « “Plorer, gémir, crier” : des larmes musicales aux larmes littéraires chez Pascal Quignard », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 401-418. +++ Chapitre de collectif

BOULARD, Stéphanie, « Les oiseaux de Pascal Quignard. Écrire, danser, mourir – rêver d’ombre et d’oubli », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 419-434. +++ Chapitre de collectif

GENETTI, Stefano, « Méditer Médée », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 435-447. +++ Chapitre de collectif

VUONG, Léa, « Métamorphoses et disparitions », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 449-462. +++ Chapitre de collectif

BONOPÉRA, Cécile, « Le geste d’écrire », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 471-485. +++ Chapitre de collectif

BOGOYA, Camilo, « Les métamorphoses de l’écriture du “je” », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 487-500. +++ Chapitre de collectif

MANGOU, Isabelle, « Une lettre excentrée : auto-métamorphose et plasticité », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 501-514. +++ Chapitre de collectif

COUSIN DE RAVEL, Agnès, « Écrire, la part du diable : entre sarcasme et humour », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 515-527. +++ Chapitre de collectif

ZHUO, Yue, « Le destin des nourrissons : l’enfant “mort” au visage couleur de la vie », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 541-555. +++ Chapitre de collectif

LYOTARD, Dolorès, « Nuit fossile », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 259-290. +++ Chapitre de collectif

MANGOU, Isabelle, « Real archives », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 291-313. +++ Chapitre de collectif

FENOGLIO, Irène, « L’hic et nunc de l’écrire immémorial », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 355-379. +++ Chapitre de collectif

ALTES, H. K., « Reading the other: subjectivity and mourning in late twentieth-century theory and fiction (with special reference to Pierre Michon and Pascal Quignard) », thèse de doctorat, University of Oxford, 2011. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### Abstract
This thesis investigates how the literature of mourning that emerged in the 1980s in France were challenged by the legacies of post-structuralism and deconstruction and challenged them in return. On the one hand, they responded to both the constraints imposed by the so-called crise du sujet, i.e. the demise of a subject capable of knowledge and self-knowledge, and the crise du référent, i.e. the scepticism about the referential nature of language. On the other, they also responded to the demands of Levinasian ethics, which consigned the Other to an unattainable core of mystery and posited that responsibility towards the Other is infinite.
This thesis focuses on texts of mourning by Roland Barthes and Jacques Derrida, as authors associated with post-structuralism and deconstruction, as well as Pierre Michon and Pascal Quignard, as authors whose formative years have been marked by their legacy. Combining close reading with the insights of theory, the thesis explores how their texts in turn dramatise or complicate the legacies of psychoanalysis and post-structuralism. Under the impetus of the latter, they find a renewed ethical concern for the singularity of the mourned which goes hand in hand with renewed conceptions of subjectivity. The mourner, self-effaced, defines himself through the act of commemorating figures of the past and through an imaginative posthumous dialogue with the dead.
This thesis investigates how writing, mourning, and individuation form a singly dynamic process. If loss elicits a shattered sense of self, the thesis explores how, paradoxically, mourning also brings about a heightened sense of self, what Barthes called la crime du particulier.
Secondly, contemporary texts of mourning transform certain functions of the elegy. As a coded genre, it sought closure by giving a symbolic meaning to those mourned and by maintaining an imaginative dialogue with them. In contemporary texts, the encounter between mourner and mourned becomes internalised, hosting, ghosting, incarnation, trans-substantiation, or identification providing metaphors for this communion. Freud made melancholia a pathological form of mourning, with the mourner unable to attain closure. Instead, contemporary texts construe melancholia as a special vigilance of memory. It becomes an ethical form of mourning tinted with joy. Finally, this thesis foregrounds a paradigmatic shift in the consolations of writing. The consoling efficacy of the traditional elegy was premised on the belief that giving a symbolic meaning to the dead ensured them an afterlife. The contemporary literature of mourning discussed here has instead become a locus of communion with the dead, organizing the transmission of their legacy. ###

ZHUO, Yue, « Le monde romain est notre mélancolie : L’objet perdu de Pascal Quignard », French Forum, vol. 41, n° 1-2 (été-automne 2016), p. 127-140. +++ Article de revue

### Extrait (p. 128)
Le monde romain chez Quignard est ainsi un monde sentimental, pis, mélancolique. Il s’oppose frontalement à la pensée spéculative des Grecs d’Athènes. Son érotisme s’éloigne de la sensualité joyeuse de ces derniers, marqué par un regard effrayé et une tristesse infinie. Mais c’est surtout un monde où l’oubli ressuscite la mémoire, où le vrai se mélange avec le faux, où l’érudition s’imbrique discrètement dans l’autobiographique. Dans la plupart des écrits qui évoquent l’antiquité romaine, Quignard conduit ses personnages vers une frontière où ils doivent succomber au silence et à l’amnésie. Ses héros subissent presque tous une défaillance de la parole et une perte de mémoire.

Zhuo, 2016, PDF ###



Pascal Quignard - ensemble de l'œuvre (oeuvre)
TitrePascal Quignard - ensemble de l'œuvre
AuteurPascal Quignard
Parution9999
TriPascal Quignard - ensemble de l'œuvre
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