Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Petits traités

Pascal Quignard Paris, Editions Clivages, 1981 (tome I), 110 p.

L’intégrale des Petits Traités est parue dans un coffret de luxe des éditions Maeght en 1990 (tomes I à VIII), puis regroupée en deux volumes dans la collection Folio de Gallimard en 1997.

« Les Petits traités ne sont ni des essais ni des fictions. Cela n’entrait dans aucun genre. C’étaient de courts arguments déchirés, des contradictions laissées ouvertes, des mains négatives, des apories, des fragments de contes, des vestiges. Je ne retenais que ce qui du temps était rejeté par l’Histoire tandis qu’elle prétendait écrire sa grande narration mensongère. Je ne retenais des livres des Anciens que ce que la Norme expulsait des littératures du passé pour asseoir son autorité collective et académique. J’ai toujours aimé les choses désavouées. C’est presque devenu une seconde nature. On regarde de haut ce qu’on méprise alors que le trésor qui reste du monde humain est peut-être ce qu’il a rebuté. Pascal Quignard. » (Présentation de Gallimard)

Documentation critique

FARASSE, Gérard, «17 juillet », dans Philippe BONNEFIS et Dolorès LYOTARD (dir.), Pascal Quignard, figures d’un lettré, Paris, Galilée, 2005, p. 445-453. +++ Chapitre de collectif

###« C’est sur le commentaire de ce tableau [La découverte du corps de saint Alexis] que s’achève le petit traité que Quignard consacre à Georges de La Tour. Peut-être parce que cette toile est la seule dans l’oeuvre du peintre “dont le sens soit assuré” (p. 66). […] Le sens de ces images qu’aucune désignation n’oblitère ou que leur multiplication vient brouiller, devient flottant. S’y ouvre une lézarde qui rend possible l’interpértation. Et Quignard de s’y glisser […]. » (Extrait, p. 447) ###

BLANCKEMAN, Bruno, « Une écriture intraitable », Études françaises, vol. 40, no 2 (2004), p. 13-24. +++ Article de revue

###« Les Petits traités constituent le point d’orgue de l’oeuvre de Pascal Quignard. Mais comment définir leur identité générique ? L’écrivain mène en effet le traité aux confins de la littérature (il brasse plusieurs champs disciplinaires) et à l’intersection de plusieurs catégories littéraires, l’une romanesque, l’autre poétique. Intraitable alors, le traité ? L’article montre comment cette indécidabilité statutaire et générique relaie une visée intime (s’écrire à la source, au plus près des pulsations de la psyché, dans les dénivelés et les heurts de la conscience) et une visée spéculative (faire jouer le texte, pointer ses failles, ses lacunes, les gouffres qu’il recouvre, donner ainsi à entendre une “alerte au néant”, selon la formule de Jean-François Lyotard). » (Résumé joint à l’article)

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BOSMAN-DELZONS, Christine, « Pascal Quignard, un passeur de vies », Rapports Het Franse boek, vol. 68, no 3 (1998), p. 156-165. +++ Article de revue

MONTOYA-CAMPUZANO, Pablo, « Las músicas de Pascal Quignard », Revista Universidad de Antioquia, vol. 276 (avril-juin 2004), p. 68-75. +++ Article de revue

RIENDEAU, Pascal, « Les Petits traités de Pascal Quignard : une nouvelle éthique du lecteur et de la lecture », Dalhousie French Studies, vol. 64 (automne 2003), p. 101-110. +++ Article de revue

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WYBRANDS, Francis, « Un trouble au pays de l’écriture : les Petits traités de Pascal Quignard », Études, vol. 386, no 1 (janvier 1997), p. 91-94. +++ Article de revue

CHAZAUD, Olivier, « L’écriture à l’épreuve de la défaillance », Scherzo, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Richard ROBERT, no 9 (septembre-novembre 1999), p. 37-41. +++ Article de revue

###« Ouvrons les Petits traités. Rien n’y est plus vigoureusement contesté que l’idée même de maîtrise. Du côté du lecteur, bien entendu, si prompt à s’identifier à son propre désir d’identification (donc d’aliénation). Du côté de l’écrivain, également, pour autant qu’il ne cède pas au leurre de fétichiser son expérience en objet de savoir » (extrait, p. 37-38). ###

ROGER, Jérôme, « L’essai, point aveugle de la critique ? », Études littéraires, vol. 37, no 1 (automne 2005), p. 49-65. +++ Article de revue

### « Une réflexion sur l’essai critique contemporain ne peut faire l’économie de la perspective historique, tant le terme d’“essai” est porteur de malentendus. Quoi de commun en effet entre l’entreprise téméraire de Michel de Montaigne et l’institutionnalisation progressive de l’essai comme discours de maîtrise du savoir ? L’article se propose de comparer tout d’abord le début des XXe et XXIe siècles, en interrogeant les oeuvres parallèles de Proust et de Péguy, qui s’approprient la forme de l’essai critique pour se démarquer du positivisme et inventer un nouveau mode de relation avec le lecteur. La situation est à la fois plus trouble et plus tendue aujourd’hui, alors que l’écrivain ne peut faire oeuvre critique, au plein sens du terme, que sous des formes indécidables, comme c’est le cas de Pascal Quignard et de Richard Millet, ou bien, à l’instar de Nancy Huston et de Florence Delay, en mettant en valeur ce qui résiste au concept : la force de répulsion ou de séduction des oeuvres. Ces voix dissidentes, que les stratégies éditoriales hésitent à légitimer, permettent pourtant de comprendre la façon dont la littérature nous donne à penser, autrement que dans le champ des savoirs cautionnés par l’institution. » (Résumé joint à l’article)

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LEPAPE, Pierre, « Chasser, lire, écrire : le silence des traces », dans Adriano MARCHETTI (dir.), Pascal Quignard, la mise au silence, Seyssel, Champ Vallon, 2000, p. 75-84. +++ Chapitre de collectif

###Chapitre portant aussi sur Rhétorique spéculative.

« On irait sans doute trop vite et sur un terrain trop instable en affirmant qu’il est possible d’organiser l’ensemble des opérations de lecture et de littérature – écrite et non-écrite – autour de ces deux axes de l’interprétation de l’invisible, l’un, celui des chasseurs, tout entier porté vers la métonymie (la transposition, la contiguïté) ; l’autre, celui des prêtes, entraîné vers la métaphore (le transport, l’analogie). Contentons-nous donc de remarquer que les livres de Pascal Quignard invitent avec vigueur à explorer ce chemin qui retourne vers les sources – Tout ce qui crée, dit-il, fait entendre l’origine – et que la métaphore n’est pas leur manière préférée de se mouvoir. » (Extrait, p. 78-79) ###

WALD LASOWSKI, Patrick, « Les Tragiques », Revue des sciences humaines (Lille), dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, no 260 (octobre-décembre 2000), p. 237-246. +++ Article de revue

KRISTEVA, Irena, « Pascal Quignard : la fascination du fragmentaire », thèse de doctorat, département des lettres, Université Paris 7, 2005, 392 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###« La singularité des Petits traités a suscité le désir de problématiser cette oeuvre de Pascal Quignard en évitant toutefois de la réduire à des schémas interprétatifs. Le problème de la “Fascination du fragmentaire” est déployé en trois parties. La première partie, “Rhétorique du fragment”, vise à décortiquer la rhétorique spéculative et à souligner la discontinuité narrative supposée par le fragment. La deuxième, “Poétique du mythe”, à relever les enjeux du mythe qui assure la continuité du récit fragmentaire. Et finalement, la troisième, “Éclats esthétiques du fascinant” : regarder, écouter, lire, - à jeter de la lumière sur le fonctionnement de la fascination du sujet par l’Autre qu’il regarde, écoute, lit. L’effet de fascination, provoqué par les traités quignardiens, est dû au bouleversement des attributions conventionnelles d’identité et d’existence. Quant au fragment, il représente pour l’écrivain le dépôt déposé par le mouvement de la pensée. À la fois trace et négation d’une mémoire particulière, par lesquelles on accède à l’originel en empruntant la voie de l’anamnèse, le fragment renvoie à l’absence en tant que “principe” organisateur des Petits traités. Témoin de l’échec de toute tentative de remplir le vide, d’échapper au rien, de tromper la mort, il permet une entrée adéquate dans leur structure. Le fascinus, qui s’y incorpore par l’instant, est le trait essentiel du fragment. Le mythe, qui s’évertue à établir un lien entre la parole et le silence, assure l’articulation narrative de la succession des fragments. » (Résumé joint à la thèse)

« The peculiarity of the Little treatises has aroused the desire to problematize this work of Pascal Quignard, avoiding however its reduction to interpretative schemes. The problem of the “Fascination of fragmentary” is unfolded in three parts. The first one, “Rhetoric of fragment”, aims at dissecting the speculative rhetoric and emphasising the narrative discontinuity supposed by the fragment. The second one, “Poetic of myth”, aims at showing the stakes of the myth that assures the continuity of the fragmerrtary story. And finaly, the third one, “Aestetical components of the fascinating” : look, listen, read, aims at bringing tight to the workings of subject’s fascination by the Other whom this subfect looks at, listens to, reads. The fascinating effect of Quignard’s treatises is due to the upheavai of the conventional attributions of identity and existence. As to the fragment, it represents for the writer a kind of sediment settled by the mouvement of thought. At the same time trace and negation of a specifie memory, through which we reach the original by the way of anamnesis, the fragment refers to the absence as a “principle” that organizes the Little treatises. Witness of the failure of every attempt to fit the emptiness, to elude the nothing, to fool the death, he allows an appropriate entry in their structure. The fascinus, which incorporates in it by the instant, is the essentiel feature of the fragment. The myth, which struggles to estabtish a relationship between the word and the silence, ensures the narrative articulation of the fragments’ sequence. » (Abstract) ###

BLANCKEMAN, Bruno, « La transposition dans la transposition: les Petits Traités de Pascal Quignard », Protée, vol. 31, no 1 (printemps 2003), p. 101-115. +++ Article de revue

### « Pascal Quignard est l’un des écrivains français majeurs de la littérature immédiatement contemporaine. Les Petits Traités, son œuvre principale, peuvent être rattachés au genre du traité tel que l’âge classique le pratiqua. Plusieurs éléments attestent de cette filiation : l’importance de certains topiques comme le sentiment de la langue ou du chaos ; l’usage d’argumentaires à visée didactique ; le recours fréquent à une pensée de type axiomatique. Mais chez Quignard, le traité est l’objet d’un double processus de transposition, l’un qui tend à le fictionnaliser de façon romanesque, l’autre à l’accomplir sur un plan poétique. Chacune de ces opérations est à la fois cumulative et réversible. Le traité devient ainsi un lieu littéraire dans lequel le penseur est confronté à l’instabilité de sa propre démarche de connaissance - figure d’un lettré des temps modernes au savoir et au pouvoir soumis à l’épreuve du doute autant que de la mélancolie. » (Résumé joint à l’article)

KRISTEVA, Irena, Pascal Quignard. La fascination du fragmentaire, Paris, L’Harmattan (Critiques littéraires), 2008, 351 p. +++ Monographie

### « La singularité des Petits traités, l’oeuvre majeure de Pascal Quignard, suscite le désir de définir la problématique de l’ouvrage en évitant toutefois de le réduire à des schémas interprétatifs. Le problème de la Fascination du fragmentaire est déployé en trois temps. Le premier vise à décortiquer la rhétorique spéculative et à souligner la discontinuité narrative supposée par le fragment. Le deuxième relève les enjeux du mythe qui assure la continuité du récit fragmentaire ; le troisième éclaire le fonctionnement de la fascination du sujet par l’Autre qu’il regarde, écoute, lit. » (Présentation de l’éditeur) ###

GENETTI, Stefano, « Fragments de vie, de corps, de langue: Littré et Pascal Quignard, littéraires », Contemporary French and Francophone Studies, vol. 18, no 3 (2014), p. 234-241. +++ Article de revue

### « Pascal Quignard’s biographical petit traité concerning Littré is analysed in a metalinguistic and metaliterary perspective. The metamorphosis of the lettré into his own work and Littré’s archaistic translations of Homer and Dante support a vision of literary language which is both literal and legendary, achronological and heterotopian. » (Résumé joint à l’article)

L’article est en français.

PLOUVIER, Paule, « Le sujet aphoristique. À propos de Quignard », dans Pierre PIRET (dir.), La littérature à l’ère de la reproductibilité technique. Réponses littéraires aux nouveaux dispositifs représentatifs créés par les médias modernes. Penser la représentation I, Paris, L’Harmattan (Champs visuels), 2007, p. 75-85. +++ Chapitre de collectif

LESTRINGANT, Frank, « De Louis Cordesse et de quelques procédés rhétoriques à la renaissance. Additif aux Petits traités de Pascal Quignard », Revue des sciences humaines (Lille), dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, no 260 (octobre-décembre 2000), p. 147-165. +++ Article de revue

### « Une manière contre une autre. Quignard cultive le maniérisme de la rupture, de préférence au maniérisme du raccord. Le fragment contre l’essai. La Bruyère ou Pierre Nicole, La Rochefoucauld surtout, plutôt qu’Érasme ou Montaigne. Anticicéronien comme Montaigne, Quignard surenchérit et se proclame de surcroît antisénéquien. […] Le sublime de Quignard est un sublime de la rétention et de la perte brusque, une écriture de l’à-pic, “le logos déchirant le legein qui est à sa source”, et révélant la fascinante nudité de l’être, l’abîme de la chair ouvert sous les mots. » (Extrait de la conclusion, p. 165) ###



Petits traités (oeuvre)
TitrePetits traités
AuteurPascal Quignard
Parution1990
TriPetits traités
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