Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Pierre Bergounioux - ensemble de l'oeuvre

Documentation critique

COYAULT-DUBLANCHET, Sylviane, La province en héritage : Pierre Michon, Pierre Bergounioux, Richard Millet, Genève, Droz (Histoire des idées et critique littéraire, vol. 396), 2002, 289 p. +++ Monographie

###« Écrivains de la même génération, Pierre Michon, Pierre Bergounioux, Richard Millet apparaissent sur la scène littéraire au début des années quatre-vingt. Tous trois Limousins, ils sont dépositaires de l’héritage d’une province originelle où s’enracine leur œuvre. Toutefois, on ne saurait les considérer comme des auteurs régionalistes : le terroir ne constitue pas pour eux le décor de romans historiques ni le cadre bucolique des siècles passés. Cette appartenance singulière détermine plutôt le miroir où l’homme moderne interroge son origine et sa fin. En même temps qu’elle entraîne la pensée vers les profondeurs abyssales de la mémoire, la province donne à voir le crépuscule d’un état de la civilisation. Elle est enfin interrogée comme origine du moi : un fort déterminisme sociologique résulte de cette province déshéritée. Ces “lieux où l’on naît” fondent l’imaginaire, la réflexion esthétique et la relation de l’être à l’espace et au temps. » (Quatrième de couverture)

Pour un commentaire détaillé sur cet ouvrage, voir l’article de Sylvain Brehm paru dans Acta fabula###

DEMANZE, Laurent, « Le roman contemporain : filiation et généalogie, l’archéologie de soi : Pierre Bergounioux, Gérard Macé, Pierre Michon, Pascal Quignard », thèse de doctorat, département des lettres modernes, Université Charles de Gaulle-Lille 3, 2004, 561 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###Résumé
Entre inquiétude et mélancolie, le récit français contemporain interroge les figures de l’ascendance. La littérature contemporaine procède en effet du douloureux sentiment d’une défection des origines. Si bien que le récit contemporain tente en vain de dresser la cartographie des emblèmes déchus de la filiation, à rebours d’une modernité qui multiplie les figures du désuet et du révolu. Affronté à un passé manquant, le sujet contemporain ausculte les traces enfouies d’une ascendance, qui font de son identité une identité plurielle. Pour cela, le sujet reconduit dans l’inflexion de son existence les courbures de la vie de ses ancêtres, mais c’est alors une répétition qui déplace les perspectives, et renverse l’obscurité des existences en accomplissement narratif. Ainsi, le sujet se sent mélancoliquement endetté par un passé obsédant dont il lui faut cependant faire son deuil, entre trahison et transfiguration d’un autrefois inaccompli.

Thèse remaniée, publiée chez José Corti en 2008. ###

JACQUET, Marie-Thérèse, « Une écriture de fer », dans Matteo MAJORANO (dir.), Le jeu des arts. L’écriture et les arts, Bari, B. A. Graphis (Marges critiques / Margini critici, n° 3), 2005, p. 77-95. +++ Chapitre de collectif

Dossier « Compagnies de Pierre Bergounioux »,Théodore Balmoral, n° 45 (hiver 2003-2004), 242 p. +++ Collectif

###Fort de quelque 240 pages, c’est en tout cas un solide volume que celui-ci, riche de dix-sept études ou témoignages (du « Murmure épuré des morts », de Pierre d’Almeida, à « L’écrivain-relieur » de Dominique Viart, qui déplace ainsi la problématique de la collection souvent évoquée à propos de Bergounioux, en passant par « L’Ombre enclose », de Lionel Bourg, « Frère fictif » d’Yves Charnet, « Ressaisissement » de Jacques Réda, qui fait référence à un précédent article paru en 1990 sous le titre « Saisissement », mesurant l’écart accompli depuis par l’auteur de La Mort de Brune, ou « Les cycles de Pierre Bergounioux », de Christian Garcin) ; d’un inédit sous forme de journal des premiers « Jours de juillet » (pour ainsi dire un cahier estival du retour au pays natal à l’issue heureuse des corrections du baccalauréat), d’un long entretien mené par Thierry Bouchard pour passer en revue quelques-uns des principaux titres de Bergounioux, depuis Catherine, écrit en « douze jours » semble-t-il et paru chez Gallimard en 1984, voici juste vingt ans, jusqu’au Premier mot paru en 2001 ; d’une bibliographie détaillée ; d’une belle collection - justement - de citations rassemblées par l’auteur sous le titre « Jerrycans, touques, moques et nourrices » qui ferme le volume et où l’on croise Montaigne ou Faulkner (bien sûr) mais aussi Sébastien Mercier et Lapérouse. Reste que c’est à Jean-Paul Michel qu’il revient de nous enchanter dans son texte « La chose même » par sa conclusion, qui fait référence au livre qu’on persiste à estimer le plus remarquable parmi ceux qu’on a pu lire sous le nom de Bergounioux, et qui incite à lire d’un -autre oeil ce qui le précède, B-17 G (paru chez Flohic en 2001) : « Avant B-17 G, Pierre Bergounioux était un écrivain suprêmement émouvant et sensible. Avec B-17 G, il est grand », conclut Michel.

Bertrand Leclair, Quinzaine Littérairen° 876 (1er au 15 mai 2004) en ligne ###

Dossier « Pierre Bergounioux, Régine Detambel, Laurent Mauvignier », sous la direction de Jacques DÜRRENMATT et Stéphane BIKIALO, La Licorne, Dialogues contemporains (collection suspendue), vol. I , 2002, 148 p. +++ Dossier de revue

###« Avec ce volume, La Licorne inaugure une nouvelle collection, dévolue  à des auteurs contemporains. Chaque volume, consacré à trois écrivains, constituera un recueil formé de trois éclairages, de trois “dialogues”, autour de chacun des auteurs. Au centre de ce triple triptyque : l’entretien, prolongé par une étude universitaire, qui entend, avec ses outils et son regard propre, offrir une autre approche de cet “artisanat du style” qui se révèle dans les entretiens. Le texte inédit que chacun des auteurs a bien voulu nous confier poursuit cette invite à la lecture en faisant entendre la voix première et dernière, celle  de l’écriture. Ce sont ainsi trois regards complémentaires qu’on offre aux lecteurs, pour découvrir ou approfondir l’approche d’œuvres contemporaines, en l’occurrence trois prosateurs : Pierre BERGOUNIOUX, Régine DETAMBEL et Laurent MAUVIGNIE. » Sommaire du dossier « Pierre Bergounioux, Régine Detambel, Laurent Mauvignier » :

Pierre BERGOUNIOUX

  • « TGV » (texte inédit).
  • « Entretien » (réalisé en février 2000).
  • « Note sur l’écriture de Pierre Bergounioux » / Auriane Bel.
  • « Bibliographie ».

Régine DETAMBEL

  • « Le Cinéma de l’animation » (texte inédit, extrait d’un livre à paraître).
  • « Entretien » (réalisé en mars 2001).
  • « Entre type et stéréotype : enjeux de la dénomination des personnages dans les romans de Régine Detambel » / Sybille Lajus.
  • « Bibliographie ».

Laurent MAUVIGNIER

  • « Ici-bas (fragments autobiographiques) » (texte inédit).
  • « Entretien » (réalisé en avril 2000).
  • « Rien n’est dit et l’on vient trop tard (pour le dire). Sur Loin d’eux (1999) et Apprendre à finir (2000) de Laurent Mauvignier » / Stéphane Bikialo.
  • « Bibliographie »

Extrait de La Licorne en ligne ###

SAINT-ARNOULT, Thierry, « Polyphoniques : Pierre Bergounioux, Nathalie Sarraute, Claude Simon, Antoine Volodine ,mémoire de maîtrise, département des lettres modernes, Université de Provence (Aix, Marseille 1), 2004, 183 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

PÉLISSIER, Vincent, Autour du Grand Plateau : Pierre Bergounioux, Alain Lercher, Jean-Paul Michel, Pierre Michon, Richard Millet, Tulle, Mille sources, 2002, 141 p. +++ Monographie

COYAULT-DUBLANCHET, Sylviane, « Pierre Bergounioux : le premier et le dernier mot », dans Bruno BLANCKEMAN,  Aline MURA-BRUNEL et Marc DAMBRE (dir.), Le roman français au tournant du XXIe siècle, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2004. +++ Chapitre de collectif

###Les textes de ce volume sont issus du colloque international « Vers une cartographie du roman français depuis depuis 1980 », organisé à la Sorbonne les 23, 24 et 25 mai 2002 par le Centre d’Études sur le roman du second demi-siècle, aujourd’hui CERACC (Centre d’Études sur le Roman des Années Cinquante au Contemporain). ###

DEMANZE, Laurent, « Pierre Bergounioux : le crépuscule des origines », dans Alain SCHAFFNER (dir.), L’ère du récit d’enfance (en France depuis 1870), Arras, Artois Presses Université, 2005, p. 215-228. +++ Chapitre de collectif

###Corpus retenu :

La bête faramineuse
La maison rose
L’arbre sur la rivière
C’était nous
Le matin des origines
Conversations sur l’Isle
Le premier mot
###

VIART, Dominique, « Écrire avec le soupçon - enjeux du roman contemporain », dans Michel BRAUDEAU, Lakis PROGUIDIS, Jean-Pierre SALGAS et Dominique VIART, Le roman français contemporain, Paris, Ministère des affaires étrangères - adpf, 2002, p. 129-174. +++ Chapitre de collectif

###Porte sur L’orphelin, La Toussaint et Miette. ###

D’ALMEIDA, Pierre, « Le Khâgneaux et le Limousin : Pierre Bergounioux », L’esprit créateur, n° 42 (été 2002), p. 12-21. +++ Article de revue

MONTFRANS, Manet von, « Hauteurs désertifiées, plaines surpeuplées. Pierre Bergounioux et Koos van Zomeren, chroniqueurs des métamorphoses rurales en France aux Pays-Bas », L’esprit créateur, n° 42 (été 2002), p. 22-23. +++ Article de revue

KORTHAIS ALTES, Liesbeth, « Writing the Local in Times of Globalisation : Pierre Bergounioux and Claudio Magris », L’esprit créateur, n° 42 (été 2002), p. 34-42. +++ Article de revue

JACQUET, Marie Thérèse, Fiction Bergounioux. De Catherine à Miette, Photographies de Oliviero SKENTEL, Bari, B.A. Graphis (Marges critiques / Margini Critici) 2006, 330 p. +++ Monographie

TAYLOR, John, « Balacing the Books (Pierre Bergounioux) », Paths to Contemporary French Literature, volume 1, Nouveau-Brunswick / New Jersey, Transaction Publishers, 2004, p. 75-81. +++ Monographie

BEDRANE-TSALPATOUROS, Sabrinelle, « Les derniers récits de Pierre Bergounioux : de la langue de bois à la langue du bois, le bruissement de la langue », dans Sylviane COYAULT (dir.), L’écrivain et sa langue. Romans d’amour : de Marcel Proust à Richard Millet, Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise-Pascal (Littératures), 2005, p. 199-213. +++ Chapitre de collectif

RUFFEL, Lionel, « Le récit de la fin », dans Le dénouement. Essai, Lagrasse, Verdier (Chaoïd), 2005, p. 97-99. +++ Monographie

###« Partant du principe que la proclamation des trois fins [celle de l’histoire, celle des idéologies, celle de la modernité] relève de l’idéologie, il s’agira d’en prouver l’inconséquence “par l’absurde”, en montrant la permanence massive, dans le renouvellement des idées et des formes, de la préoccupation historique, de la dimension politique, et plus généralement des grands thèmes de la modernité, transformés et réactualisés. Parce qu’il n’est probablement pas légitime de déduire une dramaturgie historique d’une seule scène romanesque, il a fallu la situer dans un réseau de représentations, de figures ou de scènes. Ces “figures du dénouement”, une enquête les a repérées, chez des auteurs qu’on imagine proches d’Antoine Volodine : Pierre Guyotat, Valère Novarina, Olivier Rolin, mais aussi chez des auteurs en apparence plus éloignés, les écrivains “minimalistes” par exemple [Jean Echenoz, Jean-Philippe Toussaint, Éric Chevillard], ou encore chez Pascal Quignard. L’enjeu était de comprendre ce qu’elles disaient de l’époque. Le réseau fut donc élargi aux “discours du dénouement”, perceptibles juste après la double chute (du mur de Berlin, des statues de Moscou) chez des philosophes marqués, de manière fort différente, par l’histoire et la pensée du marxisme. Cette articulation des discours et des figures tente de comprendre une fin de siècle, c’est-à-dire le passage d’un siècle à l’autre. » ###

VIART, Dominique, « L’archéologie de soi dans la littérature française contemporaine : récits de filiations et fictions biographiques », dans Robert DION, Frances FORTIER, Barbara HAVERCROFT et Hans-Jürgen LÜSEBRINK (dir.), Vies en récit. Formes littéraires et médiatiques de la biographie et de l’autobiographie, Québec, Nota bene (Convergences, 38), 2007, p. 107-137. +++ Chapitre de collectif

### Résumé
L’écriture autobiographique contemporaine a connu coup sur coup deux mutations décisives. La première […] fonde l’autofiction. […] Mon propos concernera la seconde de ces inflexions : celle qui s’invente en 1984 avec les Vies minusculesde Pierre Michon. En redécouvrant le genre oublié des vitae, qu’il dégage du modèle hagiographique et qu’il applique à des figures qui n’y auraient jamais eu accès selon les canons de l’ancienne biographie ; en y articulant selon un tressage très élaboré sa propre autobiographie, l’écrivain trouble une autre frontière, celle qui sépare autobiographieet biographie. […] Or le geste de Michon dévoile l’illusion de cette séparation. Ce faisant, il s’appuie, comme on va le voir, sur les acquis de l’autofiction sans y souscrire vraiment. […] Mon propos sera […] de montrer comment les vingt dernières années de notre littérature ont peu à peu constitué ce détour de l’autobiographie ou, plus exactement, cette autobiographie comme détour, comment elles en ont construit la “méthode” […], allant jusqu’à puiser dans le champ des sciences humaines ce qui semblait en propre leur appartenir. Je partirai du manque auquel s’affronte l’autobiographie pour en venir aux récits de filiations puis aux fictions biographiques. »

Porte sur La maison rose, L’orphelin, Le grand Sylvain, La cécité d’Homère et Jusqu’à Faulkner###

BEDRANE-TSALPATOUROS, Sabrinelle, « Les recueils de récits brefs au tournant du second millénaire (1980-2005) : hybridité, multiplicité, généricité », thèse de doctorat, département des lettres modernes, Université de la Sorbonne Nouvelle Paris III, 2006, 501 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

###Résumé
De nombreux recueils de textes courts sont très visibles au tournant du second millénaire. Au-delà de l’effet “fin de siècle” rendu par une structure en éclats, une tendance se dessine, articulant deux thèmes, celui des minuscules et celui de la fin d’un monde. L’on ne peut, toutefois, parler d’un archigenre des petites proses. Seules les formes narratives nous intéressent. Ces textes font montre d’une hybridité prononcée, hybridité qui intervient à deux niveaux, celui des récits courts et celui du recueil. La dimension “recueil” doit en effet être prise en compte et étudiée pour elle-même et non pas seulement en termes de manque par rapport au livre continu. Nous montrons en quoi le recueil de récits brefs fonctionne différemment du recueil de fragments. Cet objet complexe participe aujourd’hui du retour au récit. Par son hybridité au carré et sa dimension plurielle, le recueil de récits brefs renouvelle les questions de généricité. »

Abstract\
Many compilations of short texts are very visible at the turn of the second millennium. Beyond the “millennium effect” rendered by a fragmented structure, a tendency takes shape, articulating two topics, that of the tiny and that of the end of a world. One cannot, however, speak of an arch-genre of small prose. Only the narrative forms interest us. These texts show a pronounced hybridity, hybridity which intervenes on two levels, that of the short accounts and that of the collection. The “collection” dimension must indeed be taken into account and be studied for itself and not only in terms of a lack as compared to the continuous book. We show in what way the collection of short narrative forms functions differently from the collection of fragments. This complex object partakes today of the return to the account. By its square hybridity and its plural dimension, the collection of short accounts casts a new light on the questions of generics. ###

BARRABAND, Mathilde, « Pierre Bergounioux, François Bon : la connaissance à l’œuvre. Essai d’histoire littéraire et de poétique historique », thèse de doctorat, département de littérature et civilisation françaises, Université de la Sorbonne nouvelle-Paris 3, 2008, 685 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

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Résumés joints à la thèse

« Ce travail met en regard les projets littéraires de deux écrivains français, qui ont commencé à publier au début des années quatre-vingt : Pierre Bergounioux, né en 1949, et François Bon, né en 1953. Il parcourt l’ensemble des deux œuvres, déjà substantielles, sans limitation générique ni temporelle. Ces deux frères en littérature partagent une même conception de l’écriture littéraire comme outil d’exploration, voire d’aménagement, d’un monde contemporain qui reste en souffrance d’un langage et de représentations qui lui soient propres. À partir de projets analogues, deux œuvres singulières se sont élaborées, trouvant des solutions similaires ou divergentes, mais posant toujours la question des rapports que la littérature entretient avec la connaissance. Il s’est agi, dans une perspective d’histoire littéraire et de poétique historique, de cerner les dynamiques des deux œuvres, de les comparer, mais aussi de les resituer dans le paysage littéraire et culturel de la fin du vingtième siècle et du début du vingt-et-unième. L’enquête, chronologique, s’articule autour de trois moments : celui de l’initiation intellectuelle, politique et littéraire (fin 60-début 80), celui de la première période de publication, placée sous le signe du genre romanesque (décennie 80), celui de la diversification générique (années 90 à nos jours). »

« This thesis compares the literary projects of two French writers, who began to publish in the 1980s : Pierre Bergounioux, born in 1949, and François Bon, born in 1953. The project encompasses the entirety of their already substantial works without any temporal or genre limitations. These brothers in literature share the same conception of literary writing as a tool for the exploration and even organization of a world which is still awaiting a language and a representation of its own. Based on similar projects, each of the two works grew in a unique manner, finding solutions sometimes similar sometimes divergent, but always questioning literature’s relationship to knowledge. Our purpose is to capture from the perspective of literary history and historical poetics the dynamics of the two works, to compare them, but also to situate them in the literary and cultural landscape of the late twentieth and early twenty first centuries. Our survey covers three steps : the intellectual, political and literary initiation (end of the 60s-beginning of the 80s), the first published novels (the 1980s), the diversification of genres (90s to the present day). »

Table des matières
PARTIE I. FIN 60-DÉBUT 80. LE CHEMINEMENT VERS L’ÉCRITURE
Chapitre 1. Les années de formation
1. Pierre Bergounioux
2. François Bon

Chapitre 2. Premier roman
1. Catherine, le passage
2. Passage à l’acte, Sortie d’usine

PARTIE II. DÉCENNIE 80. L’OUTIL ROMANESQUE
Chapitre 1. Pierre Bergounioux. De Catherine(1984) à La Mue (1991)
1. L’inspiration autobiographique
2. Une « Économie narrative autarcique »
3. Des récits de l’Esprit

Chapitre 2. François Bon. De Sortie d’usine (1982) à Un fait divers (1994)
1. Le « Globe writer »
2. Un projet nouveau romanesque ?
3. Questionnement de la notion de sujet
 
PARTIE III. DÉCENNIE 90-ANNÉES 2000. EXPLICATIONS 
Chapitre 1. Le rôle des éditeurs
1. La rencontre avec Verdier
2. Diversification générique et éditoriale

Chapitre 2. Le rejet de l’outil romanesque
1. Contre la figure du romancier inspiré
2. Inadaptation à la quête cognitive
3. Redéfinition du projet de la littérature

Chapitre 3. L’exploration (auto)biographique
1. Les autobiographies
2. Les autobiographies au second degré

Chapitre 4. Des vies, rencontres du littéraire et des sciences humaines
1. Invention de la réalité
2. De l’illustre au minuscule

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GARDY, Philippe, « Bergounioux, Millet, Michon… Bourdieu : l’ombre du patois perdu », Critique, vol. 59, n° 670 (mars 2003), p. 199-207. +++ Article de revue

###Résumé
L’auteur se penche sur l’ouvrage de Sylviane Coyault-Dublanchet intitulé La province en héritage. Pierre Michon, Pierre Bergounioux, Richard Millet, consacré au rapprochement de ces trois romanciers autour de préoccupations similaires : la province et la terre. Les cheminements de ces auteurs témoignent tous en effet d’un certain ancrage dialectal, à un moment de l’histoire linguistique de la France. L’auteur ajoute à ces trois écrivains une parenté avec Pierre Bourdieu, dont les phrases et mots en béarnais envahissent les analyses scientifiques. ###

PORRA, Véronique, « Du périphérisme francophone aux affinités africaines de la “France profonde” », dans Papa Samba DIOP, Hans-Jürgen LÜSEBRINK, Ute FENDLER et Christoph VATTER (dir.), Littératures et sociétés africaines : regards comparatistes et perspectives interculturelles, Tübingen, Gunter Narr (xx), 2001, p. 209-218. +++ Chapitre de collectif

NARDOUT-LAFARGE, Élisabeth, « Des anciennes photos à l’archive de pierre », Protée, vol. 35, n° 3 (hiver 2007), p. 33-42. +++ Article de revue

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Résumé
Cet article décrit quelques-unes des modalités d’appropriation de l’archive dans quatre récits de Pierre Bergounioux, La Maison rose, Miette, B-17 G et La Mort de Brune, depuis les photographies anciennes jusqu’à l’édifice qui abrite les archives elles-mêmes. Par une appropriation dynamique où le récit convoque l’archive pour débattre avec elle et la mettre à l’épreuve, ces textes l’incorporent au projet d’ensemble de l’oeuvre attachée à la compréhension de ce qui du passé détermine le présent.

Abstract
This paper describes some of the modes used to appropriate a very diverse archive, including old pictures and the building where archives themselves are stocked, in Bergounioux’s narratives, La Maison rose, Miette, B-17 G and La Mort de Brune

Nardout-Lafarge, 2007, HTML ###

OUELLET, Pierre, « Le roman de la terre : Millet, Michon, Bergounioux », Liberté, n° 225 (juin 1996), p. 165-177. +++ Article de revue

HAENEL, Yannick, « Le roman de la terre impossible : Bergounioux, Michon, Millet », L’Atelier du roman, n° 12 (1997), p. 113-124. +++ Article de revue

DEMANZE, Laurent, Encres orphelines, Pierre Bergounioux, Gérard Macé, Pierre Michon, Paris, José Corti (Les Essais), 2008, 403 p. +++ Monographie

###Version remaniée de la thèse « Le roman contemporain : filiation et généalogie, l’archéologie de soi : Pierre Bergounioux, Gérard Macé, Pierre Michon, Pascal Quignard », Université Charles de Gaulle-Lille 3.

Quatrième de couverture :

Dans un temps de transmission empêchée et de tradition morcelée, la littérature contemporaine interroge les figures évanouies de l’ascendance. Tour à tour investigation généalogique et restitution biographique, les livres de Pierre Bergounioux, Gérard Macé et Pierre Michon s’écrivent à rebours de l’amnésie moderne. Car la modernité fait peu de cas des heures révolues et des êtres minuscules, des héritages secrets et des filiations traversières. Entre inquiétude et mélancolie, ces trois auteurs se ressaisissent d’un passé familial lacunaire, dans un souci de mémoire aux couleurs de deuil. C’est la mélancolie qui taraude ce livre. La mélancolie d’écrivains qui ne se résignent pas à faire le deuil des temps désuets. La mélancolie aussi de leurs récits de filiation, où se dit la figure fin de siècle d’un individu hanté par les fantômes de l’ascendance et par leurs désirs inaccomplis. La mélancolie, enfin, d’une mémoire encombrée par les souvenirs de lecture et l’aura des livres d’autrefois. C’est elle qui donne à ce livre sa tonalité funèbre, c’est elle encore qui module dans les textes de Pierre Bergounioux, Gérard Macé et Pierre Michon l’élégie d’un monde disparu. Mais cette teinte sombre, qui colore leurs écritures, ne se réduit pas aux inflexions de l’humeur ni aux sombres cogitations. Elle est aussi une passion de l’altérité, qui recueille les destins déshérités de l’ascendance et restitue leur éclat singulier. Il y va ainsi dans cette mélancolie contemporaine d’une éthique de la littérature.

Table des matières :PROLOGUE

Airs de famille Du roman familial au récit de filiation L’ombre de la modernité La défection des origines Figures du généalogique

PREMIÈRE PARTIELA COMMUNAUTÉ ENFOUIEChapitre I. Pierre Michon : L’homme n’est pas si varié

Les illustres et les minuscules L’homme n’est pas si varié Miroir déformant L’autobiographie du genre humain La chaîne et le supplément

Chapitre II. Gérard Macé : Une écriture en miroir

Métamorphoses du miroir Boiterie et bâtardise Le mime et le traducteur La voix perdue Le nom et le hiéroglyphe Littérature et bâtardise

Chapitre III. Pierre Bergounioux : Une parenté malheureuse

Catherine : Le roman d’un lecteur « Une parenté malheureuse » L’Orphelin : Le récit lacunaire Le temps enrayé

SECONDE PARTIEMALAISE DANS LA TRANSMISSIONChapitre I. Pierre Michon : Économies de l’héritage

La dette et le tombeau Phénoménologie de la grâce : L’or céleste Anthropologie du désir : L’or monétaire Poétique du don : La fausse monnaie La fausse monnaie du souvenir

Chapitre II. Pierre Bergounioux : L’inconnu familier

Opacité des origines Revenances du récit Miette : Différence et répétition La perte et le savoir La Maison rose : Les inconnus familiers

Chapitre III. Le symptôme et le fantôme

Le boîtier de la mélancolie Le symptôme et le fantôme La fabrique des fantômes Gérard Macé : Les chambres noires du fantasme Roland Barthes : La filiation incertaine Pierre Michon : Une légende dorée

TROISIÈME PARTIEMÉLANCOLIE DE LA MODERNITÉChapitre I. Pierre Michon : Michon le fils

L’enfance de l’art Héritage des médiations et médiation de l’héritage Fraternité flaubertienne Une sociologie critique Désapprentissage

Chapitre II. Gérard Macé : De Pierrot à Prospero

Portrait de l’artiste en mime Le mime et le revenant Le conteur et le colporteur L’ogre et l’anthropologue

Chapitre III. Pierre Bergounioux : Mécanique des fluides

Dedans, dehors La Corrèze Liqueur sombre Le fleuve des âges Lignes et lignées Sang d’encre

(http://www.jose-corti.fr/titreslesessais/encresOrphelines.html)

###

ALTES, Liesbeth, et Manet van MONTFRANS, « Pierre Bergounioux : un Limousin entre Descartes et Bourdieu », European Studies, vol. 18 (2002), p. 125-149. +++ Article de revue

DUCAS, Sylvie, « Posture de l’écrivain en sa bibliothèque ou la confrérie littéraire de Pierre Bergounioux », Littératures, (2009), p. 11-27. +++ Article de revue

DUCAS, Sylvie, « Père ou fils de ses oeuvres ? », dans Murielle Lucie CLÉMENT et Sabine VAN WESEMAEL (dir.), Relations familiales dans les littératures française et francophone des XXe et XXIe siècles : la figure du père, Tome 1, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 173-184. +++ Chapitre de collectif

###« Depuis une vingtaine d’années, la littérature française est le théâtre d’un retour en force d’autobiographies ou plutôt de récits de filiation qui revisitent la question de l’identité et de l’individu à l’aune des figures et relations familiales qui la fondent. Parmi elles, la figure du Père occupe une place de choix, comme si la fiction de soi ne pouvait faire l’économie d’une réflexion, moins sur l’hérédité que sur l’héritage dont tout fils (ou fille) est le produit. Cet article se propose donc d’étudier cette problématique à partir des œuvres de Pierre Michon (Vies minuscules), Pierre Bergounioux (L’Orphelin, La Toussaint…), Jean Rouaud (Des Hommes illustres, Pour vos cadeaux, Sur la scène comme au ciel…), Annie Ernaux (La Place, La Honte…) et Marie Nimier (Reine du silence). Pour tous ces auteurs, en effet, le père n’a plus rien d’évident : père absent, père issu de classes sociales modestes ou provinciales, ou encore père obsédant à la présence excessive, il n’est plus une fonction au sens psychanalytique du terme ni un modèle à imiter, encore moins une figure d’autorité ou le garant d’un système de pensée. Du coup, la relation au père devient un enjeu existentiel mais aussi littéraire : savoir ce dont on hérite, ce qu’on subit, rejette ou ignore d’un tel héritage revient à la fois à s’interroger sur les outils de l’investigation (enquête, archives, hypothèses, fiction…) et sur la langue ou la poétique la mieux à même d’en rendre compte (écriture “plate”, pastiche, détournement de genres, lyrisme, etc). Mais par-delà ces projets d’écriture singuliers, cette crise du Père recouvre plus largement une crise de l’écriture contemporaine marquée par le soupçon, la désillusion, la faillite historique des convictions et des idéologies. En destituant la figure paternelle de sa valeur exemplaire et en l’instituant en figure du manque, les fictions de soi contemporaines y perdent certes en assertion et en certitude, mais y gagnent un espace de liberté inédit : repenser ce qui jusque-là faisait autorité et s’affirmer comme l’auteur de son père et non l’œuvre de ce dernier. Car ce père inventé, ce père de papier, offre à l’écrivain de devenir, comme l’écrit Pierre Michon, “le fils de ses propres œuvres”. » ###

Dossier « Pierre Bergounioux », sous la direction de Yves REBOUL et Guy LARROUX, Littératures, n° 60 (2009), 250 p. +++ Dossier de revue

###Sommaire du dossier « Pierre Bergounioux » :

  • « Avant-propos » / Yves Reboul et Guy Larroux
  • « Posture de l’écrivain en sa bibliothèque ou la confrérie littéraire de Pierre Bergounioux » / Sylvie Ducas


- « Faire avec les morts. La Toussaintde Pierre Bergounioux » / Jean-Yves Laurichesse

  • « Pierre Bergounioux : le travail de l’empreinte » / Aurélie Adler
  • « Maux, remèdes, issues » / Guy Larroux
  • « La narration dans Miette: le modèle du Douglas » / Sylvie Vignes
  • « La mort en images ou le “différend ininterrompu” avec le réel dans La mort de Brune» / Ibtissem Bouslama
  • « Portrait de l’écrivain en volailler : sur quelques pages de La mort de Brune » / Olivier Barbarant
  • « Pourquoi lire le Carnet de notesde Pierre Bergounioux ? » / Elisa Bricco
  • « Pierre Bergounioux : La chambre du lettré » / Laurent Demanze

Entretien et inédits :

  • « Lorsque nous regardons par-dessus notre épaule, entretien de Pierre Bergounioux » / Yves Reboul
  • « En Corrèze. Été 2008 » / Pierre Bergounioux

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BEDRANE, Sabrinelle, « À la recherche du premier mot », dans Marie-Odile ANDRÉ et Johan FAERBER (dir.), Premiers romans 1945-2003, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2005, p. 155-166. +++ Chapitre de collectif

BARRABAND, « L’entretien avec Jean-Paul Sartre. Le questionnaire implicite du discours sur la littérature des écrivains Verdier », @nalyses. Revue de critique et de théorie littéraire, dossier Les entours de l’oeuvre (2010), [En ligne]. +++ Article de revue

###Résumé\
Nées en quelque sorte de la rencontre de Jean-Paul Sartre et de Benny Lévy à la fin des années 1970, les éditions Verdier ont aujourd’hui réussi à fédérer autour d’elles des écrivains importants de la littérature française contemporaine. Certains de ces écrivains (Pierre Bergounioux, François Bon, Didier Daeninckx, Pierre Michon, Natacha Michel et Olivier Rolin) et les éditeurs Verdier eux-mêmes ont en commun d’être passés de l’engagement gauchiste dans les années 1970 à l’engagement dans la littérature au début des années 1980. L’article pose alors ces questions : que reste-t-il, dans le discours sur la littérature de ces auteurs, des grands concepts, des grandes idées de Sartre? Quelles fonctions sociales assignent-ils à la littérature et pour qui affirment-ils écrire?

Abstract\
« Arising from the meeting of Jean-Paul Sartre and Benny Levy in the late 70s, Éditions Verdier have now attracted important writers of contemporary French literature. These writers (Pierre Bergounioux, François Bon, Didier Daeninckx, Pierre Michon, Natacha Michel and Olivier Rolin) and Verdier as publishers have in common that they went from leftist commitment in the 70s to commitment in literature in the early 80s. The article raises the following questions: in the discourse on literature of these writers, what remains of Sartre’s major concepts and main ideas? What social functions do they assign to literature? And for whom do they write? »

Barraband, 2010, PDF ###

INKEL, Stéphane, « Les images du cabinet de Pierre Bergounioux », @nalyses. Revue de critique et de théorie littéraire, dossier Les entours de l’oeuvre (2010), [En ligne]. +++ Article de revue

###Résumé
Des œuvres de fiction aux essais sur la littérature, les livres de Pierre Bergounioux font souvent référence aux mêmes figures, de Descartes à Flaubert en passant par Hegel. Si le commentaire qui accompagne ces figures tend à se ressembler, il s’agira ici d’analyser le surcroît de sens qui se dégage de leur inscription dans la fiction, du fait de sa mise en rapport avec l’ensemble du récit, malgré son caractère souvent elliptique. Le statut de l’image, depuis son rattachement explicite à la confusion du sensible de Hegel, sera en particulier interrogé en fonction de son caractère atemporel dans certains récits.

Abstract
From works of fiction to essays on literature, the books of Pierre Bergounioux often refer to the same authors, from Descartes to Flaubert and Hegel. If the comment which goes with these figures tends to be alike, it will be shown that additional meaning emerges from their fictional inscription, despite its elliptic expression, because of its connection with the narrative. The explicit link to Hegel of the status of the image will also be questioned according to its timelessness in some narratives.

Inkel, 2010, PDF ###

BLANCKEMAN, Bruno, « Les tentations du sujet dans le récit littéraire actuel », dans Cahiers de recherche sociologique, n° 26, 1996, p. 103-113. +++ Article de revue

### Résumé
La création littéraire française s’est, avec une nouvelle génération d’écrivains des années quatre-vingt, réorientée vers des préoccupations plus conventionnelles du récit, en amoindrissant l’importance des préoccupations plus formalistes des générations précédentes portant sur l’exploration du matériau langagier. Parallèlement à ce mouvement, la sociologie se tourne également vers des analyses de contenu, qui délaissent dans une certaine mesure les préoccupations plus formalistes de l’histoire récente de la sociologie. Il s’agirait, dans les deux cas, d’un intérêt renouvelé pour la question du sujet. Entre l’autobiographie, l’autofiction et le récit «transpersonnel», cette nouvelle écriture romanesque témoigne d’une problématisation de l’identité subjective dans le contexte de la société contemporaine. Dans cette perspective, le récit romanesque en vient à inclure l’analyse sociologique, ou à se rapprocher d’une sociologie préoccupée des débats idéologiques concernant la formation de l’identité, le rapport à l’autre, le possibilité d’universalisme à l’endroit de l’expression nationaliste, ethnique ou religieuse.

Summary
With the arrival of a newr generation of authors in the 1980s, French literary creation reoriented itself toward more conventional narrative concerns pertaining to the exploration of the stuff of language. At the same time, sociology also turned toward content analyses, which, to a certain extent, discarded the more formalist concerns of recent sociological analyses. Both cases display a renewed interest in the subject. Situated between autobiography, autofiction, and the “transpersonal” narrative, this new approach to novel writing testifies to a problematization of subjective identity in contemporary society. In this perspective, the novel’s narrative incorporates sociological analysis. That is, it develops affinities with sociological analyses concerned with ideological debates over identity formation, relations with others, the possibility of universalism with regard to nationalist, ethnie, or religious expression.

Blanckeman, 1996, PDF ###

LETENDRE, Daniel, « À la cheville des temps. La construction du présent dans la littérature narrative française au tournant du XXIe siècle », thèse de doctorat, département des littératures de langue française, Université de Montréal, 2013, 368 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### Résumé joint à la thèse
Cette thèse de doctorat met en lumière les stratégies narratives déployées dans le récit français actuel pour représenter et construire son présent. L’hypothèse principale que cette recherche vérifie est la suivante : la littérature narrative d’aujourd’hui, par le recours à une énonciation entremêlant discours et narration ainsi que par une utilisation critique et pragmatique du passé, réplique au « présentisme » observé par François Hartog, cette perspective sur les temps dont le point d’observation et le point observé sont le présent. Les écrivains contemporains mettent en place un régime de temporalités où passé et avenir sont coordonnés au présent pour pacifier le rapport entre les trois catégories temporelles et faire apparaître un présent qui, sinon, demeure narrativement insaisissable ou soumis à l’autorité d’un passé ou d’un avenir qui dicte ses actions. En distinguant leurs textes du genre romanesque et du mode narratif qui le compose, Pierre Bergounioux, François Bon, Olivier Cadiot, Chloé Delaume, Annie Ernaux, Jean Echenoz et Olivier Rolin, entre autres, s’inscrivent dans la tradition énonciative du récit, ici entendu comme genre littéraire où l’énonciation et le texte en formation sont à eux-mêmes leur propre intrigue. Le sujet d’énonciation du récit contemporain cherche à élucider son rapport au temps en ayant recours à des scènes énonciatives qui ont à voir avec l’enquête et l’interlocution, de manière à ce que d’une anamnèse personnelle et intellectuelle, de même que de la confrontation d’une mémoire avec son récit jaillissent les caractéristiques d’une expérience du présent. Or, une des caractéristiques du présent expérimenté par le sujet contemporain semble être une résistance à la narration et au récit, rendant alors difficile sa saisie littéraire. Cette opposition au récit est investie par des écrivains qui ont recours, pour donner à voir l’immédiateté du présent, à la note et au journal, de même qu’à des genres littéraires qui mettent en échec la narration, notamment la poésie. En dépit de leurs efforts énonciatifs pour extraire le présent de l’opération qui le transforme en passé, ces écrivains font tout de même l’expérience répétée de la disparition immédiate du présent et de leur incapacité à énoncer littérairement un sentiment du présent. Le seul moyen d’en donner un aperçu reste alors peut-être de chercher à construire le présent à partir du constat répété de l’impossibilité d’un tel accomplissement.

Letendre, 2013, PDF ###

BIKALO, Stéphane et Jacques DÜRRENMATT (dir.), Dialogues contemporains. Pierre Bergounioux, Régine Detambel et Laurent Mauvignier, Rennes, Presses universitaires de Rennes (La Licorne), 152 p. +++ Collectif

### Résumé
Consacré à Pierre Bergounioux, Régine Detambel et Laurent Mauvignier, ce volume constitue un recueil formé de trois éclairages (un texte inédit, un entretien et une étude universitaire) autour de chacun de ces auteurs contemporains. ###

ADLER, Aurélie, Éclats des vies muettes : figures du minuscule et du marginal dans les récits de vie d’Annie Ernaux, Pierre Michon, Pierre Bergounioux et François Bon, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2012, 330 p. +++ Monographie

### Résumé
Les récits de vie d’Annie Ernaux, Pierre Michon, Pierre Bergounioux et François Bon témoignent des figures oubliées de l’arbre généalogique et des laissés pour compte de la société contemporaine. En écho aux mutations épistémologiques des sciences humaines dans les années 1960-1970, ces quatre auteurs entendent écrire l’Histoire non plus du point de vue des hommes illustres, mais du point de vue des anonymes. La mise en récit des sans-voix participe d’un renouvellement des paradigmes de la narration dans les dernières décennies du XXe siècle. Les figures sans histoire semblent en effet induire des processus de réduction et de marginalisation du genre romanesque. La trame des vies muettes se déroule sur le mode de l’éclat, bribes de la mémoire ou jaillissement incisif d’un réel à vif. La ténuité des archives, le maintien d’un soupçon éthique et poétique quant à la reconfiguration narrative de ces vies réelles conduisent l’écrivain à délaisser les formes périmées du roman réaliste.

Ils le poussent aussi à questionner l’écart social et culturel avec ces demi-autres, mués en autant de miroirs de soi en éclats. Travaillées d’hypothèses personnelles, analytiques ou fantasmatiques, ces narrations au genre hybride font apparaître une figure d’auteur problématique, latérale et brisée, nourrie d’une incertitude épistémique majeure. Ces identités narratives diffractées – personnages et auteurs – interrogent en retour l’histoire de la littérature, sa place et sa puissance de résistance dans la société d’aujourd’hui.

Table des matières ###

BARRABAND, Mathilde, « Le roman dépassé. Une histoire fin de siècle autour de P. Bergounioux et F. Bon », dans Roman 20-50, dossier « Alexandre Vialatte » (Alain Schaffner, dir.), n° 50 (décembre 2010), p. 159-170. +++ Article de revue

COLLECTIF, dossier « Pierre Bergounioux », dans Le préau des collines, n° 11 (2010), 358 p. +++ Article de revue

### Sommaire
à propos de Pierre Bergounioux Jacques Réda, Jean-PaulMichel, Tristan Hordé, François Bon, Inédit de Pierre Bergounioux,Entretien : Pierre et Gabriel Bergounioux, Extraits des principaux livresde Pierre Bergounioux - Cahier iconographique, Bibliographie, Biographie.

écrire la peinture ? Jean-Baptiste Para, MathieuBénézet, Denis Martin, Philippe Hélénon, Jean-Paul Michel, Ana Marques Gastão,Nuno Júdice, Jacques Le Scanff, Paul Louis Rossi, Gastão Cruz, Emmanuel Moses.

Mais aussi des contributions importantes de :Michel Butor, Geneviève Huttin, Jean-Paul Michel, Esther Tellermann, BernardNoël, Christophe Marchand-Kiss, Valérie Rouzeau, Christiane Veschambre, MarcelCohen, Marilyn Hacker, Marie Etienne, Hugo Pradelle, Lilianne Giraudon,Jean-Yves Reuzeau, Seyhmus Dagtekin, Carole Florentin, Florence Pazzottu,Sophie Loizeau, Sandra Moussempès, Gabrielle Althen, Eric Maclos, Jean-PaulBota, Michel Deguy. ###

BLANCKEMAN, Bruno, « Identités narratives du sujet, au présent : Récits autofictionnels / récits transpersonnels », dans Elseneur, dossier « Se raconter, témoigner », n° 17 (septembre 2001). +++ Article de revue

### Extrait d’un compte rendu
« Passons au néologisme, “ transpersonnel ”, proposé par B. Blanckeman pour désigner les récits publiés depuis le milieu des années 80, par des écrivains comme Jean Rouaud, Pierre Michon ou Annie Ernaux, mais surtout Pierre Bergounioux que B. Blanckeman prend ici pour exemple. “ Il s’agit moins, pour Bergounioux, de répercuter les effets d’une intersubjectivité agissant à l’horizon des relations humaines que d’une transpersonnalité définissant, à la verticale du temps, par stratification générationnelle, des constantes d’identité. […] De récit en récit, Pierre Bergounioux reconstitue, dans le tissu de la narration, la trame des liens familiaux défaits. En écrivant à partir des différentes figures ancestrales, il tente de retrouver quelque empreinte première échappée à la connaissance, de mettre à jour une homologie de tempérament dont dépendrait, comme d’une assise souterraine, sa propre individualité. L’identité individuelle, pour se construire, organise ainsi sa propre déconstruction, se décompose en réseaux de lignage dissociés. ” (p. 79).\ Les analyses de B. Blanckeman tentent à montrer que “ si les formes littéraires nouvelles du récit de soi visent à construire une identité individuelle, elles refusent toute logique d’édification et mettent en trouble autant qu’en ordre, en doute autant qu’en forme, le sujet qu’elles composent, le surexposant dans le cas du récit d’autofiction, l’investissant souterrainement dans celui du récit transpersonnel. Si ces mêmes formes témoignent par ailleurs d’une confiance retrouvée, ou préservée, en l’acte narratif, en ses capacités de médiation et de fondation, elles refusent toute plénitude d’écriture, toute bonne conscience de récit, toute marque d’autobiographiquement correct. ” (p. 81). » ###

GARDY, Philippe, « Pierre Bergounioux : le passage d’un monde à l’autre », dans L’Ombre de l’occitan. Des romanciers français à l’épreuve d’une autre langue, Rennes, Presses universitaires de Rennes (Plurial), 2009. +++ Monographie

VAN MONTFRANS, Manet, « Brune, Smith, Ivan et Castro : l’Histoire selon Pierre Bergounioux », Études Romanes de Brno : Sborník Prací Filozofické Fakulty Brněnské Univerzity, L: Řada Romanistická/Series Romanica, vol. 33, n° 1 (2012), p. 235-249. +++ Article de revue

DUFFY, Jean, Thresholds of Meaning: Passage, Ritual, and Liminality in Contemporary French Narrative, Liverpool, Liverpool University Press, 2011, 356 p. +++ Monographie

### Abstract
Thresholds of Meaning examines contemporary French narrative and explores two related issues: the centrality within recent French fiction and autofiction of the themes of passage, ritual and liminality; and the thematic continuity which links this work with its literary ancestors of the 1960s and 1970s. Through the close analysis of novels and récits by Pierre Bergounioux, François Bon, Marie Darrieussecq, Hélène Lenoir, Laurent Mauvignier and Jean Rouaud, Duffy demonstrates the ways in which contemporary narrative, while capitalising on the formal lessons of the nouveau roman and drawing upon a shared repertoire of motifs and themes, engages with the complex processes by which meaning is produced in the referential world and, in particular, with the rituals and codes that social man brings into play in order to negotiate the various stages of the human life-cycle. By the application of concepts and models derived from ritual theory and from visual analysis, Thresholds of Meaning situates itself at the intersection of the developing field of literature and anthropology studies and research into word and image.

Table of contents

  • Acknowledgements
  • List of illustrations
  • Introduction
  • At death’s door: illness, ritual and luminality in Darrieussecq, Lenoir and Mauvignier
  • Suicide and saving face in Bon, Mauvignier and Bergounioux
  • Commemoration, monument and identity in Bergounioux, Darrieussecq and Rouaud
  • Retouching the past, family photographs and documents in Rouaud, Bon and Lenoir
  • Conclusion: Writing passage and the passage to writing
  • Notes
  • Select bibliography
  • Index

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BARRABAND, Mathilde, « “Gaule chevelue” et “chevalier Descartes” : quelques clichés de la France par Pierre Bergounioux », dans Marie-Odile ANDRÉ, Marc DAMBRE et Michel P SCHMITT (dir.), La France des écrivains : éclats d’un mythe, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2011, p. 257-264. +++ Chapitre de collectif

BARRABAND, Mathilde, « La Sensibilité du sismographe : le défi romanesque de Pierre Bergounioux, de Catherine à La Mue », dans Wolfgang ASHOLT et Marc DAMBRE (dir.), Un Retour des normes romanesques dans la littérature française contemporaine, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2010, p. 231-242. +++ Chapitre de collectif

ADLER, Aurélie, « Pierre Bergounioux : le travail de l’empreinte », Littératures, n°60 (2009), p. 43-53. +++ Article de revue

REYES DE LA ROSA, Pierre, « Pierre Bergounioux : la force des choses, la prégnance des mots » dans Cuadernos de Filologia Francesa, n° 19 (2008), p. 213-234. +++ Article de revue

DUFFY, Jean, « Family Comes First: I-Identity and We-Identity in Pierre Bergounioux », Modern Language Review, vol. 103, n° 1 (janvier 2008), p. 57-75. +++ Article de revue

CASANOVA, Pascale, « The Literary Greenwich Meridian: Thoughts on the Temporal Forms of Literary Belief », traduction par Nora Scott, Field Day Review, vol. 4 (2008), p. 6-23. +++ Article de revue

### Casanova, 2008, HTML (nécessite un abonnement institutionnel) ###

HOLTER, Julia, « Le clair-obscur “extrême contemporain”: Pascal Quignard, Pierre Michon, Patrick Modiano et Pierre Bergounioux », thèse de doctorat, Department of French Studies, University of Washington, 2013, 236 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « My project proposes that a chiaroscuro aesthetic and mode of thought underlie and unite the work of four well-known contemporary French writers, Pascal Quignard, Pierre Michon, Pierre Bergounioux, and Patrick Modiano. Their writing, which demonstrates a profound interest in the origins both of individuals and of the human species itself, oscillates, with varied amplitude, between revealing light and enigmatic darkness, in the context of a dialogue between light and shadow. It also contributes to the representation of the subject through chiaroscuro self-portrait. I argue that what I call chiaroscuro writing opens a passage between revealing and concealing, a door through which to glimpse origins. The interplay between light and shadow creates a mental image, deep and dynamic, that, just as in chiaroscuro painting, promises more than can be seen: it shows the invisible, it points to the unsaid in what has been said. I treat chiaroscuro as a visual metaphor (the form) that evokes the tension between sensitive reason and abstract, rational reason (the content), in which the latter loses ground because it does not take into account the strength of the former and does not integrate its force to temper its own totalitarian tendencies. A rich thematic (Chapter I), an aesthetics (Chapter II), a way of thinking (Chapter III), and a tool for analyzing specific works (Chapter IV), what I call contemporary chiaroscuro links an ancient art technique with a present-day search for a small light as a way of surviving in our violently overlit period of permanent liminality. One can therefore speak of chiaroscuro literature as one that embraces origins in organic, vitalistic and, paradoxically gap-filled continuity. » (résumé joint à la thèse)

* La thèse est en français.

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest. ###



Pierre Bergounioux - ensemble de l'oeuvre (oeuvre)
TitrePierre Bergounioux - ensemble de l'oeuvre
AuteurPierre Bergounioux
Parution9999
TriPierre Bergounioux - ensemble de l'oeuvre
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