Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

Outils pour utilisateurs

Outils du site


Quel beau dimanche !

Jorge Semprún - Paris, Grasset (Les Cahiers rouges), 2002, 437 p.

« “Avais-je rêvé ma vie à Buchenwald ? Ou bien, tout au contraire, ma vie n’était-elle qu’un rêve depuis mon retour de Buchenwald ?” Quel beau dimanche !, que Semprún tient pour son livre “essentiel”, sera cette vertigineuse recherche d’identité d’un double rescapé du nazisme et du stalinisme. Ici, l’ancien dirigeant du Parti communiste espagnol clandestin, en homme presque suspect à lui-même, cherche à dire, à comprendre quelle fut son histoire dans l’histoire du siècle. Inspiré, et même commandé par la lecture d’Une Journée d’Ivan Denissovitch de Soljenitsyne, ce livre est aussi une réflexion irréductible sur la mort de la Révolution. » (Présentation de l’éditeur)

Documentation critique

MARQUART, Sharon, « Witnessing Communities and an Ethics of Reading », thèse de doctorat, Romance Languages and Literatures, University of Michigan, 2008, 169 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### Abstract

Concentrating on the work of Nazi camp survivors Charlotte Delbo and Jorge Semprún, this dissertation examines the relation that testimonial narratives attempt to establish with their readers. Through close readings of Delbo’s trilogy Auschwitz et après and of Semprún’s L’écriture ou la vie and Quel beau dimanche!, I move beyond trauma theory and argue that witness texts challenge the interpretive practices with which readers initially approach them, in order to educate people in a reflective ethical reading practice that looks for what texts have to say in their own terms. I propose that witness texts do this to thwart the reflexive responses to those events in which readers’ societies have conditioned them. Chapter one situates my argument about this reader-text relation within the context of the French government’s official commemoration of the sixtieth anniversary of Auschwitz’s liberation. Chapter two considers the understanding of witnessing advanced in Delbo’s Aucun de nous ne reviendra. Witnesses in this text act as scribes who record and negotiate the different socio-cultural orders that condition their responses to the events of camp life. In chapter three, I explicate the critique that appears in Delbo’s Mesure de nos jours of techniques used to reincorporate concentration camp deportees into postwar French society. I argue that a reassuring form of love in which several of the text’s characters engage is renounced in this text as a humble form of Holocaust denial. Chapter four examines how Semprún’s text L’écriture ou la vie exposes the limits of literature as a means of representing atrocity by revealing the limits of the text’s narrator as a witness. My fifth chapter looks at the problematic relationship between intellectual witnesses and the community of survivors for whom they claim to speak in Semprún’s L’écriture ou la vie and Quel beau dimanche! I propose that Semprún’s witness testimonies point us towards the silences upon which witness writing depends. In my conclusion, I make use of these insights to read photographs of the arrival of Hungarian Jews in Auschwitz. I contend that testimonial narratives reveal the inadequacies of any and all interpretive frameworks used to understand atrocity.

PAVIS, Marie-Christine, « Jorge Semprún, le militant au camp », dans Jeanyves GUÉRIN (dir.), Fiction et engagement politique : La représentation du parti et du militant dans le roman et le théâtre du XXe siècle, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2008, p. 253-262. +++ Chapitre de collectif

### Présentation du collectif

Les militants, qu’ils soient de droite ou, plus volontiers, de gauche, syndicalistes ou, plus souvent, membres d’un parti, ont trouvé leur place dans le roman et au théâtre dès le début du 20e siècle, sans pour autant susciter de types. Les belles années de la littérature engagée, avant et après la Seconde Guerre mondiale, donnent l’occasion à Malraux, à Aragon et à Sartre de les exalter comme des héros de l’histoire. Au même moment, ces auteurs, parmi d’autres, décapent l’illusion lyrique et voient en eux des instruments au service de machines bureaucratiques. Après le temps des doutes et celui de la nostalgie est maintenant venue l’heure d’un premier bilan. ###

LOUWAGIE, Fransiska, « L’imaginaire de Jorge Semprún : Narcisse entre miroir et fleur », Orbis Litterarum : International Review of Literary Studies, vol. 63, no 2 (avril 2008), p. 152-171. +++ Article de revue

### Résumé

Jorge Semprún publie en 1980 et 1981 deux textes dont les pactes de lecture et les sujets abordés semblent radicalement différents. Le premier, Quel beau dimanche, constitue un témoignage et fait l’objet d’un pacte autobiographique, tandis que le deuxième, L’algarabie, est une uchronie nantie du sous-titre « roman ». Les deux textes manifestent toutefois des ruptures contractuelles. D’abord, dans Quel beau dimanche, l’identité du protagoniste et le réel en général sont questionnés et fictionnalisés. Ensuite, le protagoniste de L’algarabie, ainsi que deux autres personnages, s’avèrent être des doubles de Semprún. L’un et l’autre livre demandent donc une lecture à l’intérieur de « l’espace autobiographique », domaine intertextuel par excellence. Or, une étude textuelle et intertextuelle dévoilera une parenté profonde entre l’imaginaire des deux récits, en identifiant les clefs de lecture qu’ils s’offrent mutuellement. Face à cette écriture à clef, le lecteur agit comme un héros-quêteur, ce qui n’empêche pas Semprún de se cacher devant lui. L’opération de dénudation effectuée par le lecteur est de ce fait orientée vers le réseau associatif de l’œuvre plutôt que vers l’intimité de l’écrivain.

SULEIMAN, Susan Rubin, « Historical trauma and literary testimony : writing and repetition in the Buchenwald memoirs of Jorge Semprún », Journal of Romance Studies, vol. 4, no 2 (2004), p. 1-19. +++ Article de revue

### Abstract

This essay discusses the nature of literary testimony in three autobiographical works by the Buchenwald survivor Jorge Semprún, written over a period of twenty years. By tracing the variations and carefully orchestrated contradictions of a single episode recounted in all three books (Quel beau dimanche!, L’Écriture ou la vie and Le Mort qu’il faut), the essay explores the function of repetition as well as of literary artifice in the working-through of traumatic experience. I argue that Semprún’s use of inconsistent repetition can be read as an allegory of testimony and of the failures of memory, as well as of the relation between testimony and history.

LANGER, Lawrence L., « The Pursuit of Death in Holocaust Narrative », dans Gary D. FIREMAN, Ted E. MCVAY et Owen J. FLANAGAN (dir.), Narrative and Consciousness : Literature, Psychology and the Brain, Oxford, Oxford University Press, 2003, p. 149-165. +++ Chapitre de collectif

FERRÁN, Ofelia, « “Cuanto más escribo, más me queda por decir” : Memory, Trauma, and Writing in the Work of Jorge Semprún », MLN, vol. 116, no 2 (mars 2001), p. 266-294. +++ Article de revue

###

RINN, Michael, « L’indicible du génocide : la pratique de l’ironie », Energeia, no 4 (juin 1998), p. 19-26. +++ Article de revue

RINN, Michael, « Rhétorique de l’indicible : le cas des ironies », dans Jürg STRÄSSLER (dir.), Tendenzen europäischer Linguistik, Tübingen, Niemeyer, 1998, p. 182-185. +++ Chapitre de collectif

BERG, Walter Bruno, « Literarischer Sonntag und Kulturelles Gedächtnis », Romanische Forschungen, vol. 110, no 4 (1998), p. 456-477. +++ Article de revue

### Résumé

Pour comprendre le rôle et la fonction du dimanche comme thème littéraire, il faut surmonter le cadre trop étroit d’une « critique des idéologies » tel que l’auteur lui-même l’avait pratiquée dans une étude consacrée au « dimanche littéraire » parue en 1976. C’est le concept de la « mémoire collective » proposé par Maurice Halbwachs qui permet de mieux saisir le rôle de la littérature comme pratique culturelle en général et celui du motif du dimanche en particulier. Comparant des textes aussi disparates que ceux de Jean Paul (Flegeljahre), Eugène Ionesco (Le solitaire), Marcel Proust (Jean Santeuil), Jorge Semprún (Quel beau dimanche!) et Wallace Stevens (Sunday Morning), l’auteur est en mesure de révéler la persistance d’un motif, celui de l’expérience transcendantale d’un bonheur réalisable en ce monde (« Glücksmotiv transzendentaler Diesseitigkeit »). Comme le démontrent les mémoires d’un communiste espagnol aux camps de concentration (J. Semprún) ou les vers d’un moderniste américain agnostique (W. Stevens), la peinture des stéréotypes de la vie de province par un romancier français du XXe siècle (M. Proust) ou l’écriture ironique d’un romantique allemand (Jean Paul), il s’agit d’un élément indestructible de la mémoire collective en Occident que le « dimanche littéraire » — en dépit du déclin des religions, en dépit de la transformation d’une pratique religieuse en institution de la société bourgeoise — ne cesse de récupérer.

DAVIS, Colin, « Understanding the Concentration Camps : Elie Wiesel’s La Nuit and Jorge Semprún’s Quel beau Dimanche! », Australian Journal of French Studies, vol. 28, no 3 (septembre-décembre 1991), p. 291-303. +++ Article de revue

###

JACOBS, J. U., « Totalitarianism and the Voices of Authority : Narrative Aliases in Jorge Semprún’s What a Beautiful Sunday! », Theoria : A Journal of Studies in the Arts, Humanities and Social Sciences, no 75 (mai 1990), p. 53-64. +++ Article de revue

###

MUNNÉ, Antoni, « La memoria y la experiencia », Quimera : Revista de Literatura, no 14 (décembre 1981), p. 76-79. +++ Article de revue

DIAMANT, Naomi, « The boundaries of Holocaust literature : The emergence of a canon », thèse de doctorat, Graduate School of Arts and Sciences, Columbia University, 1992, 403 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### Abstract

This dissertation discusses the emergence of a discourse and a field of study, that of Holocaust literature. Because of the magnitude of the events in question, scholars and readers appear to agree that the literature which emerged from the Holocaust must be considered sui generis, an almost sacred literature devoted to the testimony of victims and survivor-writers, marked by a constant struggle between the inadequacy of language to communicate the Holocaust experience and the obligation to testify to it. Thus the most basic premise of this literature seems to be that the events of the Holocaust are so terrible that they cannot be expressed. Despite the vast body of Holocaust literary material in existence, these events are paradoxically considered both unspeakable and beyond comparison. Holocaust literature therefore exists in a hermetic canon, completely removed from comparison and literary interaction with other non-Holocaust literary texts.

I examine the figure of Elie Wiesel, who has come to represent the Holocaust survivor, and describe the way that Wiesel as a writer and public figure has become the foundation of a set of mostly tacit assumptions about what constitutes Holocaust literature. I challenge the notion of the hermetic canon, and examine conditions of speakability by describing how French writers like Jorge Semprún, David Rousset and Robert Antelme (all former political deportees to the Nazi camps) find literary strategies of various kinds (intertextual reference, genre, and language itself) that can successfully communicate their own concentration camp experiences. I use this literary context to show that Elie Wiesel adopts similar literary strategies in his own writing about the Holocaust, thereby implicitly fragmenting the boundaries of the canon and its discourse.

The hermetic canon constitutes an attempt to ensure that the Holocaust is never forgotten. But the memory of the events and works arising from it cannot be assured by enclosing them in a hermetic canon. Only by bringing Holocaust literature into active dialogue with other literary canons and cultural contexts can collective historical memory retain its significance.

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest. ###

NACHMAN, Larry D., « Totalitarianism re-examined : Jorge Semprún’s What A Beautiful Sunday! », Salmagundi, no 63-64 (printemps-été 1984), p. 286-304. +++ Article de revue

###

TABACHNICK, Moshé, « Réticence comme élément de la cohérence textuelle : exemple de la chronologie libre dans Quel beau dimanche ! de Jorge Semprún », dans Jacqueline MICHEL et Marlena BRAESTER (dir.), La réticence dans des écritures poétiques et romanesques contemporaines, Bucarest, EST-Samuel Tastet Éditeur, 2007. +++ Chapitre de collectif

SEMILLA DURÁN, María Angélica, « Chapitre III. Au seuil de l’indicible : Quel beau dimanche! », Le masque et le masqué : Jorge Semprún et les abîmes de la mémoire, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail (Hespérides), 2005, p. 91-122. +++ Monographie

CÉSPEDES GALLEGO, Jaime, « Aquel domingo (1980) », La obra de Jorge Semprún : Claves de interpretación. Vol. 1 : Autobiografía y novela, Berne, Peter Lang (Perspectivas hispánicas), 2012, p. 81-88. +++ Monographie

WACHOWSKA, Judyta, « El universo concentracionario en las novelas de Jorge Semprún : historia, memoria, escritura », dans Juan Francisco GARCÍA BASCUÑANA (dir.), Jorge Semprún : memoria, historia, literatura / mémoire, histoire, littérature, Berne, Peter Lang (Perspectivas Hispánicas), 2015. +++ Chapitre de collectif

SIMÓN, Paula, « El sujeto y la experiencia en Aquel domingo de Jorge Semprún », Hesperia : Anuario de filología hispánica, no 12 (2009), p. 107-125. +++ Article de revue



Quel beau dimanche ! (oeuvre)
TitreQuel beau dimanche !
AuteurJorge Semprún
Parution1980
TriQuel beau dimanche !
Afficheroui

Outils de la page

complaint