Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Quelque chose noir

Jacques Roubaud, Quelque chose noir, Paris, Gallimard, 1986.

« Neuf groupes de neuf poèmes, plus un dernier, très bref, intitulé Rien, ainsi se compose Quelque chose noir de Jacques Roubaud. Un seul thème d’inspiration, et il est infiniment douloureux : c’est celui de la mort de la femme aimée. Beaucoup de ces poèmes prennent la forme d’une méditation. L’art de Jacques Roubaud, qui sait jouer de toutes les ressources de la technique poétique, se met ici au service de l’absence, du deuil, de la douleur. »
(Présentation de Gallimard)

Documentation critique

CONORT, Benoît, « Tramer le deuil : table de lecture de Quelque chose noir », La Licorne, dossier « Jacques Roubaud », sous la direction de Dominique MONCOND’HUY et Pascaline MOURIER-CASILE, n° 40 (février 1997), p. 47-58. +++ Article de revue

### Conort, 1997, HTML###

MURESAN, Maria Rusand, « Wittgenstein in Recent French Poetics: Henri Meschonnic and Jacques Roubaud », Paragraph: A Journal of Modern Critical Theory, vol. 34, n° 3 (novembre 2011), p. 423-440. +++ Article de revue

### Abstract
Two recent French poets, Henri Meschonnic and Jacques Roubaud, have found in Wittgenstein’s philosophy an alternative to post-structuralist poetics. Meschonnic’s poetry and his theoretical writings show a sustained critical engagement with Wittgenstein, whom he reads in conjunction with Emile Benveniste. The writers inform his theory of poetic rhythm and his practice of biblical translation. Roubaud’s use of Wittgenstein, by contrast, here examined in the collection Quelque chose noir (1984), is linked partly with the poet’s grief following the death of his wife Alix Cléo Roubaud, a photographer and an avid reader of Wittgenstein. In Roubaud, Wittgenstein opens up the space for a meditation on disappearance and absence. Roubaud reformulates passages from Wittgenstein’s On Certainty (Wittgenstein’s last philosophical text written when he was already seriously ill) in poems evoking Alix’s memory.

Muresan, 2011, PDF ###

REIBAUD, Laetitia, « ‘Là où l’espace est sans limites/Un cœur s’étouffe’: L’expérience de la disproportion dans la poésie de deuil contemporaine : Claude Esteban, ‘Fayoum’; Jacques Roubaud, Quelque chose noir; Michel Deguy, À ce qui n’en finit pas », Post-Scriptum.ORG: Revue de Recherche Interdisciplinaire en Textes et Médias, n° 14 (été 2011), 10 p. +++ Article de revue

### Résumé
Si les poètes du passé, tels Novalis et Hugo, ont fait du deuil une expérience mystique conduisant à l’azur de la révélation divine, les poètes endeuillés d’aujourd’hui mènent une réflexion hypnotique et sans fin sur le néant, tentant de comprendre par quelle inimaginable absence de transition l’on passe de la vie à la mort. « L’expérience est celle de la Disproportion », écrit Michel Deguy : une expérience de la perte de mesure. Nous voudrions montrer que la poésie de deuil contemporaine se construit autour des motifs de la disjonction et de la confrontation, se donne pour but de saisir les deux versants de l’expérience du deuil, celui des vivants et de la mesure, celui des morts et de l’immense, et de mettre en image leur insaisissable décalage. Aux monodies endeuillées et autobiographiques de Roubaud et Deguy répondent les multiples voix des morts, fictives, de « Fayoum » : comment, des deux côtés de « l’obscur », l’expérience de la disproportion est-elle menée ?

Abstract
If poets of the past, such as Novalis and Hugo, found in mourning the way of a mystic experience to the azure of divine revelation, the contemporary mourning poets lead a hypnotic and endless meditation upon nothingness, trying to understand by which inconceivable lack of transition we pass from life to death. “The experience is that of Disproportion”, write Michel Deguy : an experience of loss of ratio. We would want to show that contemporary mourning poetry is based on the patterns of separation and of comparison and aims at catching the two sides of the mourning experience, the side of the living and of ratio, that of the dead and of immensity, and at picturing the elusive gap between them. To Roubaud’s and Deguy’s autobiographical mourning monodies the many fictional voices of the dead from “Fayoum” correspond : how, from the two sides of the darkness, is the experience of the disproportion performed ?

Reibaud, 2011, HTML ###

KOZIEJ, Alicja, « La Sacralisation du quotidien: Quelque chose noir de Jacques Roubaud », dans Cristina ALBIZU, Larissa BIRRUR, Marie BURKHARDT, Lorenza PESCIA, Alain SCHORDERET, Marie-Florence SGUAITAMATTI et Vera ZISWILER (dir.), Alltag-Quotidien-Quotidiano-Cotidiano, Aachen, Shaker, 2009, p. 371-382. +++ Chapitre de collectif

MARSAL, Florence, « Mourning and the Call to Possible Worlds in Jacques Roubaud’s Poetry », Sites: The Journal of Twentieth Century Contemporary French Studies, vol. 6, n° 2 (automne 2002), p. 357-369. +++ Article de revue

### Porte également sur La pluralité des mondes de Lewis ###

PLANTE, Manon, « ‘La copia’ de l’art de poésie : à propos de Quelque chose noir chez Jacques Roubaud », Protée, vol. 35, n° 3 (hiver 2007), p. 61-67. +++ Article de revue

### Résumé
Cet article étudie les statuts et les enjeux de l’archive dans le cas particulier de la réécriture faite par Jacques Roubaud, dans le recueil Quelque chose noir (1986), du Journal (1984) d’Alix Cléo Roubaud, son épouse, décédée en 1983. Nous analyserons ce diptyque en nous intéressant à l’effet de répétition produit par le dispositif intertextuel, et surtout aux libertés prises par le poète à l’intérieur de cette copia (déplacements sémantiques, grammaticaux ou syntaxiques). Nous tenterons d’observer comment le travail de deuil et la réorganisation de la mémoire privée, intime, visent à une réinvention de formes appartenant à la tradition, notamment celle du tombeau poétique et, plus généralement, celle du poème lyrique, en ce qui a trait à la représentation et à la récitation. Enfin, nous montrerons comment ce travail sur l’archive convoque de manière paradoxale une pensée à la fois de la disparition et de l’inscription, qui s’accorde aux thèses roubaldiennes sur la création poétique et la mémoire.

Abstract
This article addresses the question of the archive – its status and its stakes – through the act of rewriting as it is achieved by Jacques Roubaud in Quelque chose noir (1986) in which he reworks Journal (1984), written by his wife Alix Cléo Roubaud who passed away in 1983. In this diptych, I will analyse the repetition generated by the intertext, but foremost by the discrepancies created by the poet in the very heart of this copia in order to demonstrate that the mourning process and the re-organisation of the intimate memories lead to a reinvention of a number of traditional forms such as the poetic grave or the representation and recitation of the lyrical poem. I will finally point out the ways in which this work on the archive brings about a paradox, that is to say a reflection on both disappearance and inscription which echoes Roubaud’s theory on memory and poetic invention.

Plante, 2007, PDF ###

MARMANDE, Francis et Sylvie PATRON (dir.), dossier « Pour éclairer Quelque chose noir », Textuel, n° 55 (2008), 197 p. +++ Dossier de revue

### Sommaire

  • Avant-propos
  • Véronique Montémont, « Quelque chose noir : le point de fracture ? » (p. 9)
  • Dominique Moncond’Huy, « Du journal au tombeau ou de « quelque chose » à « rien » » (p. 33)
  • Olivier Barbarant, « La mort photographe » (p. 49)
  • Michèle Monte, « Quelque chose noir : de la critique de l’élégie à la réinvention du rythme » (p. 65)
  • Stéphane Baquey, « Le non-non-vers de Quelque chose noir » (p. 89)
  • Emmanuel Pestourie, « L’impossible déposition de la parole poétique dans Quelque chose noir » (p. 103)
  • Jean-François Puff, « La référence médiévale dans Quelque chose noir » (p. 129)
  • Benoît Conort, « Le chiffre du deuil » (p. 145)
  • Olivier Salon, « Traces et abandons oulipiens dans Quelque chose noir » (p. 169)
  • Entretien entre Marcel Bénabou, Florence Delay et Jacques Roubaud (p. 181) ###

GUÉTEMME, Geneviève, « Alix Cléo et Jacques Roubaud : l’amour, la mort », Nouvelle revue d’esthétique, vol. 2, n° 10 (2012), p. 11-25. +++ Article de revue

### Résumé
Alix Cléo Roubaud, gravement asthmatique et hantée par la mort, photographiait son corps. Ce corps, après sa mort, est saisi par son époux Jacques Roubaud, et transformé – notamment dans Quelque chose noir – en poésie. Nous proposons ici, grâce à une étude croisée de quelques images et de textes, d’observer la dimension spectrale d’un corps amoureux disparaissant, ramené à un souffle, posé entre ce qui fait et défait le corps. Ceci nous permettant d’envisager la rencontre intime entre poésie et photographie comme ce qui permet au connu et à l’inconnu, enfin, de se rejoindre.

Abstract
Alix Cleo Roubaud, severely asthmatic and haunted with death, always photographed her own body. When she died, her husband Jacques Roubaud, wrote Something black, and transformed her amorous body into poetry. The analysis of images and texts should allow us to observe the spectral dimension of a disappearing body, reduced to simple breath and at the limit of what does and undoes it. This should help us to consider the intimate encounter between poetry and photography as what allows finally, the well known and the unknown to rejoin.

Guétemme, 2012, PDF ###



Quelque chose noir (oeuvre)
TitreQuelque chose noir
AuteurJacques Roubaud
Parution1986
TriQuelque chose noir
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