Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Rhétorique spéculative

Pascal Quignard Paris, Calmann-Lévy, 1995, 224 p.

« J’appelle rhétorique spéculative la tradition lettrée antiphilosophique qui court sur toute l’histoire occidentale dès l’invention de la philosophie. J’en date l’avènement théorique, à Rome, en 139. Le théoricien en fut Fronton. L’expression courante : “C’est un littéraire” n’est pas une insulte. Elle est dotée de sens. Elle renvoie à une tradition ancienne, marginale, récalcitrante, persécutée, pour laquelle la lettre du langage doit être prise à la littera. Cette tradition oubliée est la violence de la littérature. » (Présentation de l’éditeur)

Documentation critique

POIGNAULT, Rémy, « Fronton revu par Pascal Quignard », dans Rémy POIGNAULT (dir.), Présence de l’Antiquité grecque et romaine au XXe siècle, Tours, Centre de recherches André Piganiol, 2002, p. 145-174. +++ Chapitre de collectif

###« Comme on fait remarquer que, chez Pascal Quignard, “[si] la fiction s’épuise fréquemment en méditation dans les romans, la méditation prospère toujours de façon romanesque dans les traités”, nous voudrions examiner l’image qui est donnée de Fronton dans Rhétorique spéculative, en étudiant la finalité des choix opérés en matière biographique, en confrontant avec les originaux les traductions de la Correspondance de Fronton qui sont proposées, de façon à déterminer quelle peut y être la part de création littéraire, et, enfin, en nous interrogeant sur la conception frontonienne des imagines et sur sa relation à la philosophie en fonction de ce qu’en dit l’essai. » (Extrait, p. 145-146) ###

BAGNI, Paolo, « Le visage de la langue », dans Adriano MARCHETTI (dir.), Pascal Quignard, la mise au silence, Seyssel, Champ Vallon, 2000, p. 65-74. +++ Chapitre de collectif

###« La langue, les langues, le bruit et le silence des mots : tel est l’espace où se déploie l’écriture de Quignard avec son escorte de gestes, d’inventions et de figures qu’il ne semble ni facile, ni même souhaitable de réduire à l’unité de mort d’un système. Cette écriture, en effet, a davantage les caractéristiques d’une érotique ou d’un guet-apens ; elle ressemble à une obsession si l’on veut bien entendre ce terme dans son ancien sens belliqueux plutôt que dans sa signification psychologique. La métaphore du “visage de la langue” permettra une première exploration partielle de ce territoire, de cette richesse sans quiétude, à la fois inquiète et inquiétante, et de suggérer par là même quelques directions et quelques fils de lecture. » (Extrait, p. 67) ###

LEPAPE, Pierre, « Chasser, lire, écrire : le silence des traces », dans Adriano MARCHETTI (dir.), Pascal Quignard, la mise au silence, Seyssel, Champ Vallon, 2000, p. 75-84. +++ Chapitre de collectif

###Chapitre portant aussi sur les Petits traités.

« On irait sans doute trop vite et sur un terrain trop instable en affirmant qu’il est possible d’organiser l’ensemble des opérations de lecture et de littérature — écrite et non écrite — autour de ces deux axes de l’interprétation de l’invisible, l’un, celui des chasseurs, tout entier porté vers la métonymie (la transposition, la contiguïté) ; l’autre, celui des prêtres, entraîné vers la métaphore (le transport, l’analogie). Contentons-nous donc de remarquer que les livres de Pascal Quignard invitent avec vigueur à explorer ce chemin qui retourne vers les sources — Tout ce qui crée, dit-il, fait entendre l’origine— et que la métaphore n’est pas leur manière préférée de se mouvoir. » (Extrait, 78-79) ###

REY, Jean-Michel, « Figures du sublime », Revue des sciences humaines (Lille), dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, no 260 (octobre-décembre 2000), p. 203-216. +++ Article de revue

###« De quoi sommes-nous contemporains quand nous lisons ou quand nous écrivons ? En d’autres termes : Quel type de “mémoire” se trouve effectivement mis en œuvre dans de telles opérations ? Ou encore : dans quelle sorte d’anachronisme sommes-nous comme toute nécessité projetés ou placés quand nous pratiquons l’une et l’autre, l’une ou l’autre ? D’un abord très partiel des textes de Pascal Quignard, ce sont d’abord de telles questions que j’entrevois. Des questions tout autant que des sollicitations. Des indications constantes en apparence par lesquelles l’auteur nous pousse à revenir sur un certain enracinement (dans son fond énigmatique) dans la langue, sur les étranges rapports que nous entretenons à une espèce de préhistoire, ou même à ce qu’on appelle une “phylogenèse”. Comme sous le signe d’un impératif paradoxal et singulier : cherche à te souvenir de ce qui a eu lieu quand tu n’étais pas là pour le dire, quand tu n’avais pas les moyens de l’énoncer ou même de le reconnaître. Autrement dit, en passant dans un autre registre : nous devons tout faire pour ne pas méconnaître la réalité – le poids, la puissance, la violence déroutante… – de ce qui nous précède, et d’autant moins que cela ne consiste pas seulement en des mots, que cela ne saurait s’y réduire. » (Extrait de l’introduction, p. 203) ###

ROY, Nathalie, « Toucher à l’invisible ou comment “ensauvager le domesticateur”: littérature, spéculation et modernité chez Pascal Quignard », @nalyses, vol. 5, no 3 (automne 2010), [En ligne]. +++ Article de revue

### « Pascal Quignard, volontiers considéré comme le modèle contemporain du lettré classique, récuse certains des principaux traits de l’esthétique moderne et se réclame, dans la conception de l’art littéraire qu’il développe, de l’Antiquité et de la rhétorique classique. Toutefois, à étudier sa réflexion de plus près, il devient manifeste que sa spéculation littéraire entre fortement en résonance avec la pensée moderne de l’art, et particulièrement avec celle de ses premiers théoriciens, soit les esthéticiens du Cercle d’Iéna. Cet article analyse la pensée esthétique de Quignard à la lumière de cette théorie spéculative qui fonde l’âge moderne, afin d’élucider le rapport complexe qu’entretient l’auteur avec la modernité et de parvenir ainsi à mieux cerner sa pensée. » (Résumé joint à l’article)

L’article traite aussi de Les ombres errantes.



Rhétorique spéculative (oeuvre)
TitreRhétorique spéculative
AuteurPascal Quignard
Parution1995
TriRhétorique spéculative
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