Auteurs contemporains

Discours critique sur les œuvres de littérature contemporaine

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Tobie des marais

Sylvie Germain, Tobie des marais, Paris, Gallimard, 1998, 221 p.

« Un petit enfant en ciré jaune roule sur son tricycle sous l’orage. On dirait un soleil miniature. On lui a crié : «Va au diable !», et il y file, chassé par le vent du malheur.
Ainsi commence ce roman de Sylvie Germain où l’on voit ensuite une cavalière décapitée revenir sans sa tête, sur sa jument. Et cette tête demeure introuvable, et donc sans sépulture comme l’ont été tous les morts de la famille de Tobie du côté de la branche paternelle. Déborah, l’arrière-grand-mère de l’enfant, a quitté autrefois son village de Pologne pour émigrer en Amérique, mais, refoulée à Ellis Island, elle a fini par s’installer, après bien des détours, au cœur du Marais poitevin. Elle a traversé l’Histoire du siècle en perdant la plupart des siens, et se tient auprès de Tobie en gardienne de la mémoire.
Devenu jeune homme, Tobie se lie d’amitié avec Raphaël et tous deux partent en voyage. Au cours de celui-ci, Tobie fait la connaissance d’un peintre et de sa fille Sarra, aussi belle que maudite…
Pour raconter cette histoire riche en merveilleux, en émotions, en amour, Sylvie Germain s’est librement inspirée du célèbre récit biblique, le Livre de Tobie. »
(Quatrième de couverture)

Documentation critique

DEPINOY, Denis, « Les espaces de la mort : faire face à la disparition dans la littérature médiévale et la littérature contemporaine », thèse de doctorat, The University of Wisconsin - Madison, 2014, 264 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### Abstract
Can literature be perceived as an attempt to resist the movement inherent in life leading to disappearance? Because displacing death from a temporal perspective to a spatial one could enable man to actively take a stance, this dissertation explores how texts support the construction of spaces as means to accept death. More specifically, it focuses on medieval and contemporary texts to examine if the historical and sociological shift identified by Ariès from tame death in the Middle Ages to forbidden death today can also be found in the literary production of these periods. The dissertation begins with the study of narratives and plays by Marie de France, Cocteau, Maeterlinck, Giraudoux, Ghelderode, Ionesco and Sylvie Germain, all seemingly based on the double premise that circulations between a space of life and a space of death are possible, and that these spaces are geographically and economically connected. They prove to be flawed and impossible constructions, creating what Clément Rosset calls “doubles”, deceiving images of a reality that cannot be represented: they only exist in the space of their narratives. In its second half, the dissertation relies on essays on images by Sartre and Berger to examine the notion of imaginary space in Proust, Germain, Guibert, Michon and Apollinaire. This space, modeled after Blanchot’s literary space, is created through the relationship of an author and a reader via the shared experience of a text. At the intersection of the relationship between reality and images, the psuchē, or essence of the dead person, subsists in a public space structured around the survivors’ subjectivities. In this space, which goes beyond memory, the dynamics of our devenir, as Deleuze defines it, is preserved. Through the exploration of the relations between spaces and texts, a new non-linear temporal model appears in the dialogue between a writer and a responsible reader, a movement within which the impregnable wall of death is at last successfully challenged.

Les oeuvres de Germain étudiées sont La pleurante des rues de Prague et Tobie des marais.

La version PDF de la thèse est disponible pour les membres de communautés universitaires qui ont un abonnement institutionnel auprès de UMI - Proquest ###

SCHEIDHAUER, Maire-Louise, « Anamorphoses et métamorphoses dans Éclats de sel et Tobie des marais », dans Toby GARFITT (dir.), Sylvie Germain. Rose des vents et de l’ailleurs, Paris, L’Harmattan, p. 191-202. +++ Chapitre de collectif

BONTE, Michel, « La nuit de Mauriac à Sylvie Germain : de La Fin de la nuit au Livre des nuits et à Tobie des marais », dans Toby GARFITT (dir.), Sylvie Germain. Rose des vents et de l’ailleurs, Paris, L’Harmattan, p. 41-52. +++ Chapitre de collectif

OLLIVIER, Sophie, « Le Livre de Job chez Sylvie Germain et Dostoïevski », dans Toby GARFITT (dir.), Sylvie Germain. Rose des vents et de l’ailleurs, Paris, L’Harmattan, p. 23-40. +++ Chapitre de collectif

SCHAFFNER, Alain, « Le réenchantement du monde : Tobie des Marais de Sylvie Germain », dans Bruno BLANCKEMAN, Aline MURA-BRUNEL et Marc DAMBRE (dir.), Le roman français au tournant du XXIe siècle, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2004, p. 537-547. +++ Chapitre de collectif

DUCAS, Sylvie, « Enfance, deuil et construction identitaire dans Tobie des marais et Nuit-d’Ambre », Cahiers Robinson, n° 20 (2006), p. 55-66. +++ Article de revue

###Extrait
« L’enfant, confronté au deuil, cette expérience souvent fondatrice dans l’œuvre de Sylvie Germain, doit se construire dans la perte de l’innocence et du bonheur du premier âge. Mais grandir, c’est aussi se souvenir : il s’agit donc dans cette étude de revisiter la question de la construction identitaire à partir de la mémoire enfantine et des paramètres majeurs qui la façonnent entre hérédité (sang et gène, don, tare ou fatalité, poids du nom, rôle des parents et ancêtres…) et héritage (Verbe biblique, mythes et légendes, parole transmise, mais aussi silence, secrets et non-dits). Dans la continuité des travaux de Freud sur le “roman familial des origines”, le but est de montrer comment l’identité germanienne se construit dans la filiation et la transmission d’un héritage riche et complexe, à mi-chemin entre le mythe et le passé familial réel. Les figures tutélaires qui aident à cette construction identitaire seront ainsi interrogées, de même que les porosités sensibles entre transmission et initiation. Il s’agit enfin de se demander comment l’enfant s’approprie cette fable familiale et procède à la reconstruction mythique de ses origines, entre imaginaire et réalité, mensonge et vérité. » ###

SEKHAR, Amy L. Allen, « Altering Alterity: Sylvie Germain’s Rewriting of the Lévinassian ‘Triangle’ », dans Erika FÜLLÖP et Adrienne ANGELO (dir.), Cherchez la femme: Women and Values in the Francophone World, Newcastle upon Tyne, Cambridge Scholars, 2011, p. 251-263. +++ Chapitre de collectif

### Porte également sur Jours de colère. ###

MONTORO ARAQUE, Mercedes, « Sarra, Anna, Déborah… Du féminin dans le merveilleux de Sylvie Germain », Cahiers du Gerf, n° 6 (1999), p. 135-150. +++ Article de revue

MONTORO ARAQUE, Mercedes, « L’Esthétique du ‘corps-déchet’ de cette fin de siècle: Virginie Despentes et Sylvie Germain », Iris, n° 19 (2000), p. 103-114. +++ Article de revue



Tobie des marais (oeuvre)
TitreTobie des marais
AuteurSylvie Germain
Parution1998
TriTobie des marais
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