Les testaments trahis a été publié en 1993 aux Éditions Gallimard. Il s'agit du deuxième volet de la trilogie essayistique sur la littérature de Kundera. Il y poursuit sa réflexion sur la littérature en consacrant ses pages aux romanciers qui ont marqué à jamais « l'art du roman ».
« Madame Grandgousier, enceinte, mangea trop de tripes, Si bien qu'on dut lui administrer un astringent ; il était si fort que les lobes placentaires se relâchèrent, le foetus Gargantua glissa dans une veine, monta et sortit par l'oreille de sa maman. Dès les premières phrases, le livre abat ses cartes : ce qu'on raconte ici n'est pas sérieux : ce qui veut dire : ici, on n'affirme pas des vérités (scientifiques ou mythiques); on ne s'engage pas à donner une description des faits tels qu'ils sont en réalité. Heureux temps de Rabelais : le papillon du roman s'envole en emportant sur son corps les lambeaux de la chrysalide. »
(Extrait, Éditions Gallimard, 1993, incipit)