Type de document :
Chapitre de collectifRésumé / commentaire :
« A travers cette étude on s’est proposé de mettre en valeur des contenus et des aspects d’un roman de Chamoiseau peu exploité jusqu’ici, Solibo Magnifique. Il s’agit en premier lieu du processus de transformation de l’oralité (dans sa variante affectionnée par le marqueur de paroles – le conte) en sujet-événement de l’écrit. Ce roman à visibles préoccupations éthiques (qui débouchent sur l’idéologie), esthétiques et ethnographiques remet en question le sens des valeurs traditionnelles et les chances de survie de ces formes d’authenticité pure, de même que celles de la langue qui les avait transmises, dans un monde dominé par l’incommunicabilité, l’aveuglement, le faux-semblant, l’ignorance et la violence. Trois pistes de lecture nous ont permis de mettre en évidence le profit à tirer de la relation oral / écrit (oralité / littérature). La première suit la trame du roman, tissée autour de la vie et de la mort du conteur. Le destin de Solibo illustre et concentre le destin de la parole ancienne, condamnée à la dissolution, à la disparition dans le silence et l’indifférence des autres. La deuxième prend en considération les vertus et la complexité d’un langage qui se construit à la jointure de l’oral et de l’écrit. La troisième porte sur les techniques d’écriture, diverses et complexes, visant à exploiter toutes les ressources de l’oral et de l’écrit. Ces ressources sont lexicales, phoniques, graphiques, grammaticales, sémantiques, stylistiques, rhétoriques, poétiques, à leur distribution dans le texte présidant un critère affectif, idéologique ou purement langagier. »
(Résumé de l'auteur)