Les derniers jours de Smokey Nelson

Catherine Mavrikakis, Les derniers jours de Smokey Nelson, Montréal, Héliotrope, 2011, 313 p.

« Sydney Blanchard était né sous une bonne étoile. Mais dans sa vie, rien ne s’est vraiment passé. Il n’y a eu que ce séjour en prison pour des meurtres qu’il n’a pas commis. Aujourd’hui à bord d’une belle Lincoln blanche, cette grande gueule irascible décide de rentrer à la Nouvelle-Orléans. Pour renouer avec son destin.
Après les meurtres de 1989, Pearl Watanabe s’était juré de ne pas remettre les pieds sur le continent américain. La voici qui passe des vacances près d’Atlanta, chez sa fille. Il faut bien essayer de conjurer le sort.
À environ une heure de route de là, Ray Ryan ne peut se consoler de l’assassinat de son enfant. Depuis tout ce temps, la voix autoritaire de Dieu ne l’a pourtant jamais abandonné. L’exécution du meurtrier aura bientôt lieu.
Au pénitencier de Charlestown, Smokey Nelson, l’assassin, vit ses derniers jours.
Catherine Mavrikakis signe ici un roman polyphonique, multicolore, ample. À l’échelle du contient dont il est l’écho. »
(Présentation de l’éditeur)

Documentation critique

KILLICK, Rachel, « Sentenced! Writing it Differently: “Life” and Death Row in Catherine Mavrikakis’s Les Derniers jours de Smokey Nelson », Quebec Studies, vol. 59 (2015), p. 31–50. +++ Article de revue

### Abstract
With a title closely recalling Victor Hugo’s Le Dernier jour d’un condamné (1829) and its nineteenth-century attack on the death penalty, Les Derniers jours de Smokey Nelson (2011) might appear at a cursory glance as merely a twenty-first-century replay of a debate that still rumbles on in western societies as a suppressed element in the popular mindset, even fifty years after the widespread abolition of capital punishment. This reflection is certainly carried forward as one aspect of Catherine Mavrikakis’s 2011 novel. More fundamentally, however, she presents the life and death of Smokey Nelson as tied to – and indeed symbolic of – the life imprisonment/death-row existence that we all, as human beings, inevitably inhabit. Locked each in his or her own ‘cell’, the four protagonists of the novel offer, turn by turn, their individual versions of their incarceration, an incarceration transcended for the reader by Mavrikakis’s virtuoso orchestration of the multiple voices of their predicament. Articulating difference, exposing similarity, she gradually and inventively establishes, sentence by telling sentence, an artistic control that challenges the arbitrary sentencing of personality, circumstance and mortality and that points instead to the death-defying potential of creative self-affirmation.

Résumé
Faisant écho, par son titre, au Dernier jour d’un condamné (1829) de Victor Hugo, Les Derniers jours de Smokey Nelson (2011) semblerait à première vue annoncer une simple reprise du long débat sur la peine capitale, débat encore présent dans l’esprit populaire, malgré l’abolition de cette peine, depuis plusieurs décennies déjà, dans la plupart, sinon toutes, des sociétés occidentales. Catherine Mavrikakis continue, certes, de plaider contre, mais se préoccupe au-delà à faire de la vie et la mort de Smokey Nelson un symbole de l’existence carcérale, qui est celle de tout être humain. Enfermés chacun dans sa ‘cellule’, les quatre personnages du roman offrent tour à tour leur version personnelle de leur détention dans le couloir de la mort, détention transformée pour le seul lecteur par le doigté de Mavrikakis, tressant en virtuose les voix multiples de leur misère. Mettant à nu différences et ressemblances, elle y déploie une maîtrise artistique, qui résiste aux arrêts arbitraires que nous imposent les hasards personnels et universels de notre condition mortelle, y opposant de façon vigoureuse la force affirmative de sa parole créatrice. ###

Les derniers jours de Smokey Nelson (oeuvre)
TitreLes derniers jours de Smokey Nelson
AuteurCatherine Mavrikakis
Parution2011
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