Mon cheval pour un royaume

Jacques Poulin, Mon cheval pour un royaume, Montréal, Éditions du Jour (Les Romanciers du jour), 1967, 130 p.

« Deux jours pendant lesquels un homme se découvre et découvre la violence. Une histoire de tendresse pourtant, tantôt drôle, tantôt tragique.
Ce premier roman de Jacques Poulin témoignait déjà, dès sa sortie en 1967, d’une parfaite maîtrise du langage, de même que d’une indéniable force qui annonçait l’élaboration d’une oeuvre romanesque dense dont la puissance et l’originalité n’ont jamais été démenties depuis. »
(Quatrième de couverture de l’édition de 1987 des Éditions Léméac)

Documentation critique

CONNOLLY, Carole, « Manifestations du narrataire dans le roman québécois », thèse de doctorat en Lettres françaises, Ottawa, Université d’Ottawa, Département des Lettres françaises, 1999, 252 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### Résumé
« Deux problématiques traversent cette étude: l’appel à l’Autre, tel qu’il se manifeste dans les oeuvres romanesques et, simultanément, un aperçu des techniques narratives caractéristiques du roman québécois avant et après 1960.
L’Autre du roman, c’est son narrataire extradiégétique. Le terme de « narrataire » est jeune, forgé par Roland Barthes en 1966, mais le souci du destinataire textuel remonte au moins à l’Antiquité grecque: Aristote en fait un des fondements de sa Rhétorique au IVe siècle avant Jésus-Christ. Les jalons subséquents dans l’évolution du concept de destinataire textuel ne seront posés, en réalité, qu’au XXe siècle, de concert avec le développement de la linguistique moderne (Saussure, les Formalistes, Bakhtine, Benveniste, Jakobson). Puis, en 1974, le structuraliste Gerald Prince fait valoir l’importance du narrataire proprement dit dans le discours romanesque: loin d’être un simple paradigme dépourvu de substance réelle, le narrataire se manifeste de façon concrète dans tous les romans et y assume des fonctions précises, variables selon les oeuvres. Et Prince de dresser un inventaire des indicateurs du narrataire dans les oeuvres romanesques et un aperçu des fonctions qu’il est susceptible d’assumer.
La présente étude met à contribution les travaux de Prince et de ceux qui ont engagé la discussion avec lui (Genette, Todorov, Rousset, Ifri, Piwowarczyk) dans le repérage et la description des narrataires extradiégétiques dans les romans retenus: Jean Rivard, le défricheur et Jean Rivard, économiste d’Antoine Gérin-Lajoie; L’Appel de la race de Lionel Groulx, Maria Chapdelaine de Louïs Hémon, Mon cheval pour un royaume de Jacques Poulin et Parlons de moi de Gilles Archambault. Ce qui se dégage de ces situations variées est l’emploi du narrataire extradiégétique à une seule et même fin: l’interaction entre le narrateur et son narrataire, quels qu’en soient les avatars stratégiques, doit servir à convaincre le public ciblé par l’auteur du bien-fondé des propos du narrateur.
Du moins jusqu’en 1960… À partir de la Révolution tranquille, les narrataires ne seront plus les faire-valoir du narrateur, ne valideront plus comme auparavant ses propos. Dès lors, le lecteur doit choisir par lui-même d’adhérer ou non aux propos du narrateur, sans la caution du narrataire. »

(Mon cheval pour un royaume est abordé au chapitre IV, intitulé « Mon cheval pour un royaume : les métamorphoses du narrataire », p.168-197.)

Connoly, 1999, PDF ###

Mon cheval pour un royaume (oeuvre)
TitreMon cheval pour un royaume
AuteurJacques Poulin
Parution1967
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