Vie secrète

Pascal Quignard Paris, Gallimard (Coll. Blanche), 1998, 480 p.

« La vie de chacun d’entre nous n’est pas une tentative d’aimer. Elle est l’unique essai. » (Quatrième de couverture)

Documentation critique

OUALLET, Yves, « Le silence, l’écrit. Vie secrète, les silences de Pascal Quignard », Loxias, no 32 (février 2011). +++ Article de revue en ligne

###« Pascal Quignard dans Vie secrète lie la recherche du silence à une triple expérience : choix existentiel originel, expérience musicale, activité littéraire. L’expérience du silence permet d’abord de comprendre un parcours de vie. Dans la mesure où cette vie se définit finalement dans la destination littéraire, la méditation sur le silence devient inséparable d’une réflexion sur la littérature. Mais cette réflexion est plus profondément une pensée de l’humain face au langage et à ses limites. L’opposition frontale de l’écriture et de l’oralité se révèle ici dans le vis-à-vis du regarder et de l’entendre. Manière de vivre autant qu’archéologie de l’espèce humaine, la littérature apparaît ainsi comme “la mise au silence du langage”. » (Résumé joint à l’article)

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KORTHALS ALTES, Henriette, « Haunting canons. Ethics of mourning in Vie secrète by Pascal Quignard », dans Kate GRIFFITHS et David EVANS (dir.), Haunting presences. Ghosts in French literature and culture, Cardiff, University of Wales Press, 2009, p. 151-166. +++ Chapitre de collectif

FONTILLE, Brigitte, « Les paroles perdues de Vie secrète de Pascal Quignard », Loxias, no 33 (juin 2011). (Article de revue en ligne)

###« Comment musique, langage et silence se croisent dans Vie secrète de Pascal Quignard ? Le lien intrinsèque se manifeste lorsque la littérature pousse ses limites jusqu’à exprimer ce qu’elle ne peut dire. À cet effet, l’écrivain devient un « phonoclaste » rompant la voix immuable d’une longue tradition orale et le livre un « déserté de la voix » du collectif. » (Résumé joint à l’article)

FONTILLE, 2011, en ligne ###

BRODA, Martine, « La passion selon Quignard », Critique, vol. 54, no 611 (1998), p. 163-171. +++ Article de revue

###« L’auteur se penche sur l’écriture de Quignard, et sa manière de traiter l’amour, en proposant quelques réflexions autour de Vie secrète. L’article analyse ainsi ce texte situé entre poésie et prose, puis traite des rapports entre l’amour et la sexualité tels qu’ils apparaissent dans ce “roman”, et de la didactique entre fascination et désir qui est également l’une des lignes directrices de l’ouvrage. » (Résumé joint à l’article) ###

CLERMONT, Marie-Andrée, « Le secret de la lecture, la lecture du secret dans Le lecteur et Vie secrète de Pascal Quignard », mémoire de maîtrise, département des études françaises, Université de Montréal, 2004, 99 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

WYBRANDS, Francis, « Hors partage : en marge de Vie secrète de Pascal Quignard », Études, vol. 395, no 6 (décembre 2001), p. 653-660. +++ Article de revue

### « Le silence obsède Pascal Quignard. C’est lui qui est à l’œuvre dans l’écriture, dans l’amour. “Le vestige de l’infantia dans l’homme : l’ancien régime de silence. Voilà ce qui vient s’ébrouer dans le chuchotage des amants comme dans l’intonation silencieuse propre à la littérature.” » (Résumé joint à l’article)

OUELLET, Pierre, « Ars amatoria », dans Asiles. Langues d’accueil, Montréal, Fides (Métissages), 2002, p. 123-131. +++ Monographie

###« La vraie leçon dont Quignard parle dans les premières pages de Vie secrète ne concerne pas que la musique, apprise auprès d’une femme aimée par-dessus tout, qui eût pu être sa mère, celle qui fait naître ou bien renaître, vous donne un corps pour la seconde fois, maîtresse dans tous les sens, amante mûre de l’être immature qu’il fut alors, et reste encore dans sa mémoire, mais quelque chose de plus profond : l’intime identité d’amor et d’ars, qui fait de l’“art d’aimer” un pléonasme. » (Extrait, p. 125) ###

RIENDEAU, Pascal, « La rencontre du savoir et du soi dans l’essai », Études littéraires, vol. 37, no 1 (automne 2005), p. 91-103. +++ Article de revue

### « L’auteur de cet article cherche à proposer quelques nouvelles réflexions théoriques autour de l’argumentation et de la subjectivité dans l’essai. En partant d’un certain nombre de recherches antérieures, il vise à montrer que l’originalité de l’essai repose souvent sur le lien étroit qui s’établit entre le savoir et le soi. La subjectivité à l’oeuvre dans l’essai permet de créer une fiction de soi, non sans rappeler celles qu’on retrouve dans l’autofiction. Quant à la spécificité de l’argumentation, elle paraît en partie tributaire de la façon dont l’essayiste se situe par rapport au savoir. Pour bien illustrer la diversité de la pratique essayistique, l’auteur fait appel à des essayistes aussi différents que Jacques Brault, Roland Barthes, Milan Kundera, Pascal Quignard et Michel Houellebecq. » (Résumé joint à l’article)

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RISSET, Jacqueline, « Ce qui interrompt le langage », dans Adriano MARCHETTI (dir.), Pascal Quignard, la mise au silence, Seyssel, Champ Vallon, 2000, p. 101-108. +++ Chapitre de collectif

###« Dans Vie secrète, le champ du silence, de son apparition par coupure et redoublement se trouve mis en rapport direct avec ce qu’on appelle “amour” (l’amour est ce qui demande de “couper l’herbe sous le pied du langage plus fort que l’âme”), et en rapport lointain – mais précis – avec ce que le narrateur désigne comme “l’origine” (“L’interruption est l’ombre du commencement précaire et incertain de la naissance de tous les êtres qui ne procèdent pas d’eux-mêmes”). » (Extrait, p. 103-104) ###

BLANCKEMAN, Bruno, « Vie secrète ou le titre capital », Revue des sciences humaines (Lille), dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Dolorès LYOTARD, no 260 (octobre-décembre 2000), p. 133-146. +++ Article de revue

###« Depuis une trentaine d’années, Pascal Quignard ne cesse de s’auto-enfanter, dans des asiles de mots aux architectures tantôt austères – les traités – tantôt conçues pour arrêter le regard – les romans. Mais des uns aux autres la porosité tient lieu de paroi, les souterrains d’assise, et le lecteur circule sans conscience de lieu propre : le livre ressemble à une bibliothèque dont les différents battants s’échangent et révèlent, au passage, quelque labyrinthe dérobé. Vie secrète, publié chez Gallimard en 1998, en accentue l’effet. Fiction, essai, autobiographie et poésie, quatre formes littéraires se conjoignent, sans souci scolastique. Le titre formule l’esprit du livre et sa complexité : vie secrète, la liaison adultère dont la narration se présente, en ouverture, comme une fiction romanesque ; vie secrète, la méditation sur l’amour, à la cible de toute vie privée, qui constitue par la suite la problématique nodale d’un traité ; vie secrète, encore, les épanchements ponctuels orientant le texte, par delà l’autobiographie, vers une saisie de l’intime en situation ; vie secrète, enfin celle de la langue, confrontée à un paradoxe – comment dire le secret, puisque ce dernier par principe est innommable ? – sa résolution par une écriture poétique qui déstabilise les mots, les alliances de sens convenues, et met au secret le langage pour le forcer à atteindre la part de l’être à lui rétive. » (Extrait de l’introduction, p. 133) ###

ACQUISTO, Joseph, « Listening to Silence in Pascal Quignard’s Vie secrète », L’esprit créateur, dossier « Pascal Quignard », sous la direction de Jean-Louis PAUTROT, vol. 52, no 1 (printemps 2012), p. 83-95. +++ Article de revue

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LAPEYRE-DESMAISON, Chantal, « Le secret et la source dans l’oeuvre de Pascal Quignard », dans Dominique RABATÉ (dir.), Dire le secret, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, 2001, p. 183-195. +++ Chapitre de collectif

ALLARD, Geneviève, « Représentation d’une “littérature musiquée” : écriture ludique et forme fragmentaire dans Vie secrète de Pascal Quignard », mémoire de maîtrise, département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal, 2006, 125 f. +++ Thèse de doctorat / mémoire de maîtrise

### « Dans La musique parlée ou remarques sur la subjectivité dans la fiction à propos du “Neveu de Rameau”, Julia Kristeva élabore, à partir d’une idée de Diderot, une problématique autour de la proposition d’une “littérature musiquée”. Cette littérature, selon l’auteure, “cherche à égaler la musique en s’autonomisant du signifié, du signe, voire de la grammaticalité, et en augmentant ainsi la participation du destinataire qui se constitue, au besoin, son signifié à lui [tout en] impliqu[ant] son identité dans le procès de transformation de sériations et de leurs supports matériels.”

Vie secrète de Pascal Quignard répond à cette conception de la littérature. Cet ouvrage, à la fois roman et essai (mais, ni tout a fait l’un, ni tout à fait l’autre), se présente sous forme d’un texte fragmenté (forme à laquelle Quignard avait consacré son ouvrage: Une gêne technique à l’égard des fragments). Cette utilisation des fragments, en plus d’imposer un rythme au texte, permet de changer constamment de registre d’écriture. Passant de l’épisode autobiographique au traité sur l’amour, de la légende inuit au conte chinois, de la définition terminologique à la théorie psychanalytique, le texte vient déconstruire de l’intérieur le cadre linéaire habituel optant pour un éclatement des formes. C’est précisément cet éclatement qui place le lecteur au coeur d’une situation de “littérature musiquée”. À l’utilisation du fragment dans Vie secrète s’adjoint le procédé d’écriture ludique décrit par Quignard dans Rhétorique spéculative et qui sera aussi abordé à travers les théories sur le jeu de James P. Carse. Par ce procédé, l’auteur s’emploie à donner à certains termes des définitions autres que celles qui leur sont généralement attribuées. Ce faisant, il explique vouloir redonner aux mots leur sens “barbare”, celui qui était présent avant que la langue les systématise. Le nouveau sens étant plus près de la sonorité du mot, ce dernier perd une partie de sa définition. Devenant plus flou, il est plus proche de l’indécision du sens qui caractérise la musique.

Par leur association dans Vie secrète, les procédés cités antérieurement appellent un fonctionnement “musical” du texte, un fonctionnement où, comme mentionné plus haut, le lecteur, en mettant en jeu son identité, participe à l’élaboration d’un signifié. En conséquence, le sens attribué à une telle littérature n’est jamais fixé; il se voit constamment reporté. C’est ainsi que Vie secrète, texte parlant de musique, devient, par une sorte d’osmose, une représentation de la “littérature musiquée”. » (Résumé joint au mémoire)

OGAWA, Midori, « Vie secrète : de l’origine de l’amour », Littératures, dossier « Pascal Quignard et l’amour », sous la direction de Christine RODRIGUEZ et Sylvie VIGNES, no 69 (2013), p. 13-25. +++ Article de revue

### « “Qu’est-ce qu’un amour si on le compare à une carrière, à un fait d’armes, ou si on l’oppose à une fortune hardiment acquise ? Tellement plus.”, écrit Pascal Quignard. L’amour est plus que la vie et la mort. Il est plus ancien que la société et la langue. Il incite les amants à créer leur propre lieu, leur propre communication et par là à dépasser la condition qui leur est imposée. » (Résumé joint à l’article)

PEDUTO, Angela, « Métamorphoses du silence », dans Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO (dir.), Pascal Quignard, translations et métamorphoses, Paris, Hermann (Littérature), 2015, p. 331-346. +++ Chapitre de collectif

### Le chapitre traite aussi de Le nom sur le bout de la langue. ###

Vie secrète (oeuvre)
TitreVie secrète
AuteurPascal Quignard
Parution1998
TriVie secrète
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